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Colloque International « Langage(s) et traduction (III) – Le Dit et le Non-Dit » – 9-11 juin 2015, Université de Bucarest

Mourad ABBACHE, Ecole Normale Supérieure de Laghouat, Algérie, mourad.abbache@hotmail.fr

Intitulé : Analyse pragmatique des productions langagières des graffiteurs (le cas des graffitis recueillis à la ville de Tizi-Ouzou)

Nous proposons dans cette communication une analyse pragmatique du discours des graffiteurs de la ville de Tizi-Ouzou, qui se matérialise via les inscriptions rupestres (tags, slogans politiques). En effet à partir des années soixante, une rupture épistémologique s’est effectuée par rapport à la pensée structuraliste, qui a réduit l’étude de la langue au principe de l’immanence. La remise en question de ce postulat théorique a ouvert une brèche à la constitution d’un champ de recherche autonome dont l’objet est le discours. Autrement dit cette nouvelle perspective de recherche s’est accentuée sur « la relation entretenue par le sujet parlant, son discours et son contexte »[1]

En outre toute actualisation de la langue implique, de fait, des desseins explicites et/ou implicites que le philosophe anglais J.L. Austin a conceptualisés : l’acte locutoire, l’acte illocutoire et l’acte perlocutoire. A cela se greffe une autre dimension qui est souvent imprégnée d’une valeur subjective pétrie de visions du monde, de sentiments, d’a priori des interlocuteurs et d’implicites (sous forme de présupposés ou de sous-entendus).

Nous inscrivons notre problématique dans une optique qui relève de la pragmatique. En effet, les graffitis recueillis ont, d’un point de vue pragmatique, une dimension culturelle s’articulant sur des données d’origine différentes. Le discours des graffiteurs n’est pas uniquement un code destiné à être déchiffré, mais il implique des contenus sémantiques qui sont au-delà du sens littéral. Quelles seraient les visées pragmatiques de ces inscriptions ? L’implicite existe-t-il dans les productions langagières des graffiteurs ? Comment s’inscrit-il ?

Notre choix du corpus est porté sur les graffitis linguistiques produits à la ville de Tizi-Ouzou pendant les émeutes de 2001. Les violences, qui ont sévi à ce moment-là, ont favorisé la montée en spirale d’un discours politique, revendicatif, véhiculé par des inscriptions rupestres. Alors, il serait très intéressant de savoir est-ce que les graffitis sont-ils un phénomène discursif et social à la foi. Aussi nous tenterons de décrire les mécanismes du fonctionnement de l’implicite.

Bibliographie

DUCROT, O., 1972, Dire et ne pas dire, Hermann.

KERBRAT-ORECCHIONI, C., 1998, L’implicite, Armand Colin, Paris.

OUSMANE BARRY ALPHA, Les bases théoriques en analyse du discours, http/ WWW. Chair-mcd. Ca/

Sana ABDI, Faculté des lettres et des Sciences Humaines de Kairouan, Tunisie, sanaa.abdi@gmail.com

Intitulé : Le non-dit est-il traduisible dans la métaphore ? Al-Khobz al-hafi, For Bred Alone et le Pain nu

L’étymologie du mot métaphore vient du grec metaphora, qui signifie « transposition ». Quant au mot traduire il provient du latin traducere, « faire passer »1. En ce qui concerne la métaphore dans la traduction, le non-dit est donc doublement traité : il serait d’abord transposé dans sa langue source, puis traduit dans une langue cible. Le traducteur face à cette figure de style se heurte inévitablement à des difficultés sémantiques notamment lorsqu’il s’agit de phénomènes porteurs d’un contenu social ou sociolinguistique. Pour rendre compte de ce processus traductionnel, nous nous appuyons sur le cas d’Al-Khobz al-hāfī, roman autobiographique de l’auteur marocain Mohamed Choukri. Une traduction anglaise sous le titre For Bread Alone de l’auteur américain Paul Bowles fut publiée aux Éditions Peter Owen à Londres en 1973. La traduction française intitulée Le Pain nu, de l’auteur marocain d’expression française Tahar Ben Jelloun, fut publiée aux Éditions François Maspero en 1980. Le manuscrit arabe original, lui, fut refusé par plusieurs maisons d’éditions marocaines2. Il fut finalement publié en 1982 pour être censuré un an après par une décision du ministre de l’Intérieur marocain de l’époque. Il ne sera édité de nouveau qu’en Octobre 2000. Cette œuvre doit sa renommée principalement à la controverse autour de son contenu d’une rare franchise dans la littérature arabe contemporaine. Jugé indécent par les théologiens de l’islam, le roman fut interdit aux lecteurs arabophones mais connut un grand succès grâce aux traductions anglaise et française. Il est donc d’une importance particulière en matière de traductologie.

Newmark (1988) a soulevé les problèmes en relation avec la traduction culturelle et la traduction des métaphores et a défini des stratégies différentes pour les traduire. Pour des raisons méthodologiques nous avons appliqué la typologie de Newmark pour étudier Al- isti’ara (métaphore arabe) dans le texte original et la confronter à ses équivalents dans les deux versions anglaise et française. Il s’agit de mettre en rapport les procédés de traduction adaptés par Paul Bowles et Tahar Ben Jelloun avec le contenu non-dit de la métaphore du texte source. Le choix porte sur les métaphores qui traitent d’images taboues dans la société maghrébine.

L’objectif de cet article est d’interroger la traduisibilité du non-dit dans la métaphore. L’étude de cette question nécessite deux niveaux d’analyse. Le premier est la mise en place de la métaphore en tant qu’expression du non-dit dans la langue source. Le deuxième est le degré de traduisibilité de ce référent culturel non-dit dans la langue cible. La traduction de la métaphore réussit-elle à rendre compte du non-dit ou occulte-t-elle cet aspect socio-culturel ? Y a-t- il possibilité d’une influence de la langue cible, elle-même porteuse de ses propres valeurs culturelles ?

Les résultats de notre investigation nous conduisent à plusieurs constats. D’une part, Paul Bowles opte le plus souvent pour la substitution de la métaphore source par une autre correspondant à certains stéréotypes occidentaux. La part du non-dit de la métaphore originale se trouve donc altéré et une nouvelle connotation vient s’y greffer. Plus encore, certaines métaphores dans la langue cible, concernant la politique et la sexualité en particulier, semblent traduire une certaine ambiguïté probablement due à une mal interprétation –ou une incompréhension ?- du texte source. D’autre part, Ben Jelloun opte pour le procédé de la littéralité. Néanmoins, son recours fréquent à la paraphrase explicative constitue une interprétation du sens de la métaphore originale. Ce procédé de traduction de la métaphore a permis au traducteur –lui-même marocain- de restituer quelques connotations dans la langue cible.

Bibliographie

NEWMARK Peter, A Textbook of Translation, Prentice-Hall International, 1988

CHOUKRI Mohamed, Al-Khobz al-hāfī, Casablanca, Matbaat Najah al-Jadida, 1982.

CHOUKRI Mohamed, Le Pain nu, Paris, Éditions François Maspero, trad. Tahar Ben Jelloun, 1980

CHOUKRI, Mohamed, For Bread Alone, Londres, Peter Owen Ltd., trad. Paul Bowles, 1973.

1 Le Petit Robert (1987), Dictionnaire de la langue française. Paris, Les Dictionnaires Robert.

2 Selon les correspondances entre Mohamed Berrada et Mohamed Choukri, la décision d’interdire al-Khubz al- hâfî au Maroc était due à la protestation des comités de parents d’élèves (Berrada et Choukri, Wardun wa ramâdun: Rasâ’il., Manchurat wizarat al-chu’uni al-thaqafiyyati, 2000 : 69).

Yasmine ADIB, Centre Universitaire de Tissemsilt, Algérie, adibyasmine@yahoo.fr

Intitulé : Analyse des discours argumentatifs produits par des étudiants universitaires en module de Technique d’expression écrite et orale.

Notre communication tente d’expliquer la manière d’évaluer et d’analyser les discours argumentatifs produits par des étudiants du français langue étrangère en module de technique d’expression écrite et orale en première année universitaire, au niveau sémantique, lexical, grammatical et discursif.

Nous proposons dans cette recherche-action les techniques d’enseignement et les stratégies qui facilitent les opérations cognitives afin d’activer la mémoire des habiletés. À la lumière de notre recherche, nous découvrons que l’apprentissage incidentiel ou implicite développe la mémoire procédurale, il a lieu chaque fois que l’apprenant se trouve en situation de compréhension de textes, ou en classe, chaque fois qu’il doit recourir aux textes pour y chercher des informations.

L’enseignant doit mettre à la disposition de ses apprenants la manière de penser implicitement.  L’acquisition du savoir comment faire est due à la pratique des textes, de la parole et de l’écriture. Les épreuves d’évaluation doivent déclencher une habileté et faire appel à la mémoire procédurale.

Bibliographie

CORDIER, F. GAONAC’H, D, 2004, Apprentissage et mémoire, Paris : Nathan.

CUQ, J, P, 2003, Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde, Paris : ASDIFLE, Clé international.

DELORME, CH., 1992, L’évaluation en question, Paris : ESF, 4ème édition.

DORÉ, F. MERCIER, P., 1992, Les fondements de l’apprentissage et de la cognition, France : Presses Universitaires de Lille, Gaëtan Morin Éditeur.

GOLDER, C., 1996, Le développement des discours argumentatifs, Paris : Delachaux et Niestlé.

GRAPPIN, D., 1999, L’argumentation (1), Paris : Éditions Delagrave.

POUIT, D., 2000, La planification dans la production écrite du texte argumentatif : Aspects développementaux, thèse de doctorat de l’université de Poitier, mention : psychologie, France.

ROBERT, J-P., 2002, Dictionnaire pratique de didactique du FLE, Paris : OPHRYS.

Kristina ADEISHVILI, Université d’Etat Ilia, Tbilissi, Géorgie, cristinead@yahoo.com

Intitulé : L’implicite dans le discours politique

Dans la présente communication nous nous sommes fixé pour objectif d’analyser, en général, le phénomène de l’implicite dans le discours argumentatif et plus particulièrement, la spécificité du sous-entendu dans le discours politique, d’une part dans le discours contestataire, ainsi que dans le discours présidentiel. En même temps, nous allons essayer d’analyser la correspondance entre l’implicite (le sous-entendu) et l’explicite des discours politiques des différents types du point de vue de leurs contenus.

Le discours politique appartient au type du discours à visée argumentative (le terme utilisé par R. Amossy, 2000 : 25) qui, par sa structure, se représente «le mode spécifique d’organisation d’une constellation d’énoncé» (P. Charaudeau, 2002 : 67). Le discours politique vise à persuader l’auditeur le plus nombreux possible, puisque en régime démocratique c’est justement le choix de l’auditeur (l’électorat) qui conditionne la carrière professionnelle de l’homme politique. Pour persuader l’auditeur, dans son discours le politicien utilise intensivement mais aussi intentionnellement l’effet de l’implicite. L’implicite donne la possibilité au locuteur de «dire quelque chose sans accepter pour autant la responsabilité de l’avoir dit, ce qui revient à bénéficier à la fois de l’efficacité de la parole et de l’innocence du silence… Le locuteur réduit sa responsabilité à la signification littérale, qui, nous avons insisté sur le point, peut toujours se présenter comme indépendante. Quant à la signification implicite, elle peut, avec une certaine apparence, être mise à la charge de l’auditeur» (Ducrot, 1972 : 12).

Dans son ouvrage «L’Implicite» C. Orecchioni définit les phénomènes de l’implicite et de l’explicite comme: «les contenus implicites (présupposés et sous-entendu) ont en commun la propriété de ne pas constituer en principe le véritable objet du dire, tandis que les contenues explicites correspondent, en principe toujours, à l’objet essentiel du message à transmettre, ou encore sont dotés, selon la formule cette fois de R. Posner (1982 : 2), de «la plus grande pertinence communicative».» (1986 : 22).

Quant à la définition de la classe des sous-entendus, pour la même scientifique, «elle englobe toutes les informations qui sont susceptibles d’être véhiculée par un énoncé donné mais dont l’actualisation reste tributaire de certaines particularités du contexte énonciatif» (C. Orecchioni, 1986 : 39).

Pour notre corpus d’étude nous avons choisi  les discours  français du même homme politique, à savoir, de François Hollandes, prononcé, d’une part, avant les élections présidentielles de 2012,  comme le représentant du parti politique oppositionnel et d’autre part, son discours présidentiel prononcé après les élections de 2012.

Notre recherche va se baser sur des méthodes comparatives et interdisciplinaires.

Les résultats de notre recherche nous vont montrer que, comme l’implicite (le sous-entendu) mais aussi l’explicite, dans le discours contestataire seront orientés vers le négatif, alors que les deux phénomènes linguistiques seront orientés vers le positif dans le discours présidentiel.

Bibliographie

AMOSSY R. L’argumentation dans le discours. Paris : Nathan Université, 2000.

CHARAUDEAU P., MAINGUENEAU D. Dictionnaire d’analyse du discours. Paris : Seuil, 2002.

DUCROT, O. Dire et ne pas dire. Paris : Hermann, 1972.

KERBRAT-ORECCHIONI, C. L’implicite. Armand Colin, Paris, 1986.

Ma’moun ALSHTAIWI, Université Lumière Lyon II, France, mamoun.hkj@gmail.com

Intitulé : Réduction des unités terminologiques complexes arabes dans le texte de spécialité : Domaine de l’astronautique

Dans l’article, nous examinons la réduction des éléments des unités terminologiques complexes arabes issues du domaine de l’astronautique. Nous caractérisons le comportement de chacun des types de réduction à l’égard de l’occurrence dans le corpus en question, ce qui pourrait constituer une classification formelle de ces procédés de réduction. Pour ce qui concerne cette étude, ce ne sont pas des éléments terminologiques supprimés de la phrase, mais certains éléments supprimés de l’unité terminologique. C’est l’exemple de véhicule renvoyant à un véhicule spatial et de vaisseau renvoyant à vaisseau cosmique. Peu d’études portent sur la réduction des éléments dans les unités terminologiques complexes dans le texte de spécialité à notre connaissance. Nous reprenons le travail de Collet (1979) et Jacques (1996, 1999, 2000) sur la réduction à caractère lexical et la reprise anaphorique dans le cadre de ce travail. L’analyse de textes de spécialité dans le cadre de la reprise anaphorique a pour fonction de conserver l’unité terminologique complexe même hors contexte. Donnons un exemple tiré du corpus : hyperonyme : Satellite artificiel ; hyponymes : satellite géostationnaire et satellite géosynchrone. Dans le corpus, le terme satellite géostationnaire est repris comme satellite artificiel, le niveau de la hiérarchie terminologique est conservé, même sans considération du contexte.

Lila BACHIR PACHA-ABDESSELAM, Université Mouloud MAMMERI. Tizi-Ouzou. Algérie, lilaabdesselam@yahoo.fr

Intitulé : Les mots de l’humour, des maux pour les traduire. (Cas des caricatures de presse réalisés par A. Dilem et Le Hic)

L’humour est considéré comme l’un des aspects les plus attrayants de la communication, vu ce qu’il peut provoquer comme manifestations physiques et psychomotrices tels que le rire, l’émerveillement et le plaisir de déchiffrer les jeux de mots et de décortiquer les associations d’idées qui s’y trouvent.

S’agissant de cas de connotations culturelles diverses à travers des langues différentes, l’humour est considéré comme spécifique à la culture qui lui donne naissance. De ce fait, sa traduction nécessite une adaptation, dans la majorité des cas, selon un imaginaire collectif partagé par les membres d’une même communauté linguistique

L’analyse de la traduction de ce genre de discours nous interpelle à plusieurs titres, dans la mesure où l’humour est considéré comme un phénomène qui est propre à l’homme et qui n’est pas à la portée de tous les lecteurs ni à celle de tous les locuteurs d’une part, et d’autre part, le non-dit qu’il comporte est rarement perçu par les lecteurs/traducteurs.

Le support que nous nous proposons d’analyser est le produit de deux caricaturistes connus dans le monde de la presse algérienne. Il s’agit, en l’occurrence, d’Ali DILEM publiant dans le quotidien « Liberté » et Hichem BABA AHMED, dit LE HIC qui publie dans le journal « El Watan ».

Pour traduire l’humour, beaucoup de paramètres doivent être pris en considération : les données civilisationnelles, les croyances et l’appartenance culturelle et politique de la communauté où il est né.

Notre propos est de voir dans quelle mesure, il serait possible de rendre en arabe les fragments de discours transmis dans ces caricatures, serait-il aisé de traduire vers l’arabe l’humour rapporté dans les deux quotidiens Liberté et El Watan ? Peut-on obtenir le même effet sur le lecteur en les reproduisant en arabe ? Quelle(s) stratégie(s) peut emprunter le traducteur pour restituer le sens voulu par l’auteur de la caricature ? Peut-il passer aisément de la langue française à la langue arabe sans qu’il n’y ait des pertes en traduction ? Rencontre-t-il des obstacles d’ordres linguistique, culturel ou plutôt herméneutique ? Autant de questions auxquelles nous essayerons de répondre à travers une analyse des « bulles » produites par les deux caricaturistes dans les deux quotidiens d’expression française (du 1er au 30 octobre 2013). Maitrisant la langue arabe et ayant vécu dans la communauté où les caricatures en question ont été produites, nous avons entrepris de traduire, nous-même, le contenu de ces caricatures, ceci nous permettra de toucher du doigt les difficultés inhérentes à la traduction de ce genre de discours.

Nous supposons que la tâche sera ardue et ceci nous intéressera d’autant plus que la difficulté résidera non pas dans la langue elle-même, mais plutôt dans le vécu culturel et cultuel que celle-ci recèle.

Houda Melaouhia BEN HAMADI, ISLT, Université de Carthage, Tunisie, houdabenhamadi@gmail.com

Intitulé : Le non-dit est-il toujours récupérable ?

Notre proposition qui s’inscrit dans l’axe « Langage(s) », section « pragmatique et argumentation » soulèvera le problème des structures elliptiques qu’on peut rencontrer dans la coordination. Nous nous proposons de mener une réflexion sur les mécanismes discursifs du phénomène de l’ellipse verbale, connu, dans les grammaires formelles comme celles des théories génératives, sous le nom de « gapping », qui correspond dans la tradition grammaticale et rhétorique au zeugme. Il s’agit, en fait, de l’omission du verbe du deuxième segment coordonné, afin d’éviter la redondance, comme dans le cas de l’énoncé suivant :

La plus âgée avait peut-être huit-ans, la plus jeune Ø six ans. (Maupassant). Nous allons nous appuyer sur les théories énonciatives, tout d’abord, celle qui a été développée par Kerbrat-Orecchioni (1980) où l’énonciation en tant qu’ « acte de production » ne peut être considérée qu’ « à travers les traces laissées dans l’énoncé »[2] qui sont constituées de ce qui est dit et de ce qui n’est pas dit, puis celle de Ducrot (1983) qui concerne plus particulièrement l’hypothèse de « la conception énonciative du sens ». Eu égard à ces deux approches et au type d’énoncés que nous envisageons d’étudier, le problème qui se pose pour l’interlocuteur est de pouvoir décoder le message dans sa totalité, c’est-à-dire en tenant compte de tous les éléments constitutifs, qu’ils soient explicites ou implicites, phonétiquement réalisés ou non. Et c’est là que peut intervenir la conception du sens avec ses deux composants : « le composant de l’instanciation référentielle et argumentative et le composant rhétorique », afin d’éviter toute ambiguïté qui puisse être engendrée par le non-dit, dans des énoncés comme :

Son corps nageait dans l’eau verte, et son esprit dans l’opulence.

Les moutons suivaient le berger, et le berger [suivait] le fil de ses pensées.

En effet, largement exploitée par les humoristes, tels que Desproges dans ses sketches, cette figure de construction semble être destinée à créer des effets sur le public qui est sollicité à partager certaines connaissances, afin d’en comprendre le sens.

Notre objectif principal est de montrer que toute la difficulté d’analyse de ce type structures réside dans le fait d’interpréter l’élément non répété. Contrairement à d’autres structures elliptiques, la reconstruction pose des problèmes non pas d’ordre théorique, mais d’ordre empirique. En effet, comme nous pouvons le constater dans les deux exemples ci-dessus, il n’est pas aisé de récupérer le prédicat non phonétiquement réalisé. Cela dépend de plusieurs critères dont le choix lexical joue un rôle déterminant. C’est dans ce sens que selon Stoean (2003 : 51) « l’activité de production des énoncés met en œuvre plusieurs mécanismes et opérations qui concernent non seulement « l’émission de signaux audibles et visibles, mais préalablement le choix des mots et leur ordonnancement » suivant diverses contraintes syntaxiques et sémantiques ».

Dans cette perspective, nous allons relever, dans un premier moment, les propriétés morpho-syntaxiques qui permettent de contraindre l’élément non-dit. Dans un deuxième moment, nous essaierons de montrer les limites de telles restrictions. Dans un troisième moment, nous tenterons, grâce aux critères sémantico- pragmatiques de rendre compte de l’une des stratégies discursives qui permet d’exprimer la pensée, de manière brève, sans pour autant qu’il soit nécessaire de restituer ce qui n’a pas été dit, car la seule manifestation formelle des éléments non prononcés rompt avec cette figure de construction.

Bibliographie

DUCROT. O & ANSCOMBRE. JC (1983), L’argumentation dans la langue, Mardaga.

KERBRAT-ORECCHIONI.C (1994), Rhétorique et pragmatique : les figures revisitées, in Langue française, n°101.

MELAOUHIA BEN HAMADI. H (2014), La grammaire du silence, Tunis, Centre de publication universitaire.

TOURATIER.C (1990), Coordination et syntaxe, in L’information grammaticale, n°46.

Violeta BERCARU, CNILC Ploiesti, Roumanie, violetabercaru@yahoo.com

 Intitulé : La flexibilisation des fonctions du langage poétique

Notre proposition s’appuie sur la possibilité d’enrichir un repérage classique en linguistique et en poétique. Prenant en considération la fonction poétique comme elle a été définie par R. Jakobson mais dans la lumière de quelques concepts appartenant à un territoire culturel différent. Même si critiqué pour un certain enracinement formaliste engendrant des limites au mouvement libre de la progression sémiotique, R. Jakobson nous a laissé un héritage à la mesure du présent. On pourrait enrichir les fonctions du langage poétique par une flexibilisation, compte tenant de l’évolution de la recherche dans le domaine des mathématiques et, également de la linguistique. Généralement le modèle mathématique est un support universel qui influence de loin le climat intellectuel d’une époque. Nous sommes intéressés à l’analyse de la géométrie de la quatrième dimension appartenant à Lobatchevski (1826) pour la mettre en relation avec une possible flexibilisation premièrement des fonctions du langage poétique- la réflexivité et la transitivité.

La théorie de la géométrie imaginaire, en comparaison et en opposition avec celle euclidienne, est une théorie dont la complexité a influencé et a fasciné les formes artistiques du XXe siècle, autrement dit un monde qui a tendu vers le transcendent mais qui avait les liaisons avec celui-ci rompues et perdues dans le passé. La liberté imaginative inaugurée par un mathématicien, Lobatchevski, et mentionné par Solomon Marcus dans son volume récent Paradigme universale (2011), s’appuie sur les espaces qui comptent plus de trois dimensions, en géométrie, une théorie qui a fasciné plusieurs écrivains et artistes parmi lesquels Dostoïevski, H. G. Wells, Oscar Wilde, Joseph Conrad, F. Madox Ford, Gertrude Stein etc. Lobatchevski avait une vision libre qui a fertilisé également la vision scientifique, ainsi que celle artistique.

En poétique on peut configurer une flexibilisation des fonctions du langage poétique – la réflexivité et la transitivité d’après T. Vianu (1937) par la double intention de la transitivité, indirecte et directe (notre thèse de doctorat) apparues dans l’évolution littéraire à travers le néomodernisme (I. B. Lefter, 2000) (exemples analysés dans la thèse Jacques Prévert et N. Stanescu) et, respectivement, à travers le postmodernisme.

Dans la réflexivité s’origine une transitivité indirecte à travers le trope implicatif (C. K. Orecchioni, 1986), dans la transitivité indirecte s’origine à son tour une transitivité directe à travers ľanti-symbole dans le postmodernisme. De même, de cette façon se construisent les 4 dimensions du langage poétique, si on regarde, également, dans l’histoire mais aussi dans ce qu’apporte l’évolution. 1) Intransitivité (Gongora, le gongorisme) (le non-dit) 2) Réflexivité (Mallarmé, L. Blaga, I. Barbu, d’autres écrivains de la même classe + la métaphore révélatrice/vive) (simultanéité le dit et le non-dit) 3) Transitivité indirecte (écrivains néomodernistes comme J. Prévert et N. Stanescu, + le trope implicitatif (le dit) 4) Transitivité directe (plusieurs poètes postmodernes parmi lesquels M. Cartarescu et T. Cosovei + ľanti-symbole) (le dit).

Le corpus vise, de même, une identité entre la vision anthropologique sur la métaphore appartenant à L. Blaga et celle anthropologique mais aussi ayant ses origines dans la tradition rhétorique appartenant à P. Ricœur, à travers les concepts métaphore vive/ métaphore révélatrice.

Méthodes : sémiotique, comparatiste, herméneutique

Résultats escomptés

L’essentiel, on croit, c’est comment se produit cette synthèse de la sémiose libre, d’un côté par un opérateur de changement linguistique (A. M. Houdebine, 2002)- ex. la métaphore ou le trope implicitatif, (C. K. Orechioni), de l’autre côté par un processus – la réflexivisation et la transitivisation (R. Zafiu, 2000), dans un cadre mathématique qui tient de la géométrie de la 4e dimension, (Lobatchevski, 1826). Si à cela on ajoute l’idée de l’extension de la grammaire (la transitivité) au niveau stylistique un résultat escompté c’est d’aboutir une flexibilisation des fonctions du langage poétiques.

LEFTER, Ion Bogdan, 2000, Recapitularea modernității, Pitești, Ed. Paralela 45

HOUDEBINE, Anne- Marie, 2002, Ľimaginaire linguistique, Paris, Ed. Harmattan

MARCUS, Solomon, 2011, Paradigme universale, ed. integrală cu o prefață a autorului, Pitești, Ed. Paralela 45

ZAFIU, Rodica, 2000, Narațiune și poezie, București, Ed. All

Sonia BERBINSKI, Université de Bucarest, Roumanie, soniaberbinski@yahoo.com

Intitulé : Ce que le Dit cache dans le Non-Dit

Le Dit peut se retrouver dans le rôle d’un traître car il peut laisser l’idée qu’on peut tout dire clairement, avec précision, sans équivoque. Or, un Dit en cache un Autre, suggéré, induit, sous-entendu, inféré à partir de la situation de communication. Le plus souvent, l’après-dit (ou le non-dit) est bien plus pertinent dans la transmission d’un message que ce que le Dit veut dire. Nous allons faire une introduction dans ce pays merveilleux qui est l’au-delà du Dit.

Bibliographie

DUCROT, Oswald, (1972), 1998, Dire et ne pas dire, Hermann, 3e éd., Paris.

DUCROT, Oswald, 1973, La preuve et le dire, Maison Mame, Paris.

DUCROT, Oswald, 1984, Le dire et le dit, Minuit, Paris.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine, 1986, L’Implicite, Armand Colin, Paris.

MARTIN, Robert, 1987, Langage et croyances, Mardaga, Paris.

MARTIN, Robert, 1992, Pour une logique du sens, PUF, Paris.

Gabriela BÎLBÎIE, Université de Bucarest, Roumanie, gabriela.bilbiie@gmail.com

Intitulé : Vers une analyse multifactorielle de l’omission du complément d’objet direct

Les premières recherches sur l’omission des compléments dans une perspective typologique (Huang 1984, Raposo 1986, Vincent 2000) partent du principe que ce phénomène n’est pas productif à travers les langues ; en particulier, on considère que le français, comme l’anglais, ne permet pas l’omission du complément d’objet direct (à part l’emploi dit ‘absolu’ des verbes transitifs : je mange, Jean lit, etc.). Des travaux plus récents (Lambrecht & Lemoine 2005, Schøsler 2000, Yaguello 1998) remettent en question cette généralisation et montrent que ce phénomène est très fréquent en français, dès qu’on prend en compte une quantité significative de données (en particulier, le français parlé). Toutefois, bien qu’il s’agisse d’un phénomène assez fréquent, l’omission du complément d’objet direct se laisse difficilement décrite.

Dans cette présentation, je montre qu’une analyse multifactorielle doit être envisagée pour expliquer les contextes d’occurrence de ce phénomène. En particulier, je montre qu’il y a des facteurs lexicaux (certaines classes de prédicats), constructionnels (certaines constructions grammaticales : p.ex. coordination et contraste, structures conditionnelles, certains modes et temps verbaux), et des facteurs socio-­pragmatiques (certains contextes narratifs ‘genres’, p.ex. recettes, modes d’emploi, etc., ou encore certains domaines socio-­‐professionnels), qui gèrent l’omission du complément d’objet direct en français (et dans d’autres langues romanes).

Indépendamment du type de facteur envisagé, le contenu du complément omis est récupéré à partir du contexte discursif, comme dans le cas d’une expression pronominale (Rizzi 1986). En me basant sur la dichotomie de Fillmore 1986, je dresse la liste des interprétations que le complément omis peut avoir (existentielle, générique ; anaphorique, déictique), en dégageant en même temps certaines corrélations avec les facteurs mentionnés ci-dessus.

Ma présentation comporte aussi une partie comparative, où je montre le comportement différent du roumain par rapport au français dans quelques contextes spécifiques. Je me limite ici à deux exemples : (i) dans les modes d’emploi, le roumain utilise massivement l’omission du sujet (1), alors que le français utilise l’omission du complément (2) :

  • A nu se lăsa la îndemâna copiilor.
  • Conserver hors de la portée des enfants.

De même, le roumain utilise la deuxième personne du singulier dans des contextes génériques (3), alors que le français (comme l’italien) utilise l’omission du complément

(4) :

  • Muzica te face fericit.
  • La musique rend heureux.

It.                             La musica rende contenti.

Bibliographie :

FILLMORE, Ch. 1986. “Pragmatically controlled zero anaphora”, In Proceedings of the Twelfth Annual Meeting of the Berkeley Linguistics Society, 95-­‐107.

HUANG, J. 1984. “On the distribution and reference of empty pronouns”, Linguistic Inquiry 15, 531-­‐574.

LAMBRECHT, K. & K. LEMOINE, 2005, “Definite null objects” in (spoken) French: A construction-­grammar account. In M. Fried & H. Boas (ed.), Grammatical constructions, 13-­‐55. Amsterdam : John Benjamins.

SCHØSLER, L. 2000, « Le statut de la forme zéro du complément d’objet direct en français moderne », Etudes Romanes 47 : 105-129.

Mohammed Amine BELKACEM, Université 8 mai 45, Guelma. Algérie, ma.belkacem@yahoo.fr

Intitulé : Pour une gestion optimale du dit et du non-dit en orthographe

La présente communication est un compte rendu du travail mené dans le cadre de notre thèse de doctorat à soutenir prochainement[3]. Ainsi, en s’intéressant aux pratiques orthographiques des étudiants du département de français, en l’occurrence futurs enseignants, nous avons mis en place un projet de recherche qui vise l’amélioration de leur réussite en orthographe.

En effet, notre projet s’articule autour de deux questionnements complémentaires. Le premier tente de cerner les difficultés des nouveaux publics du département de français (étudiants de première année). Le second tente de trouver des solutions, de mettre en place une approche permettant de réduire l’échec des apprenants en orthographe :

  • Quelles sont les difficultés des étudiants nouvellement inscrits au département de français en orthographe grammaticale ?
  • Comment surmonter ces difficultés ? En d’autres termes, quel dispositif didactique permettant d’améliorer la réussite des étudiants en orthographe grammaticale ?

Ces deux problématiques reflètent le travail à mener dans le cadre d’un dispositif de formation. Partant, au premier questionnement correspond la première étape consistant à recenser les besoins des étudiants en orthographe grammaticale ; leurs difficultés. Au second correspond l’action à mener afin de satisfaire ces besoins ; résoudre les problèmes et les difficultés relevés. À cet effet, nous avons fait appel aux deux méthodes les plus répandues en Sciences de l’Éducation, en Didactique des Langues notamment, à savoir la méthode d’enquête pour répondre au premier questionnement et la méthode d’expérimentation pour le second.

Dès lors, suite à deux enquêtes successives (se basant sur une dictée, les arbres) menées à l’université 8 mai 45 de Guelma, nous avons pu recenser les difficultés orthographiques des étudiants et par là même de dresser le profil orthographique des nouveaux publics du département de français. Ces derniers s’inscrivent en effet avec des difficultés avérées sur les cinq compétences retenues (Accord des noms et des adjectifs, accord sujet/verbe, accord des participes passés, et la distinction des homophones grammaticaux). La part du non-dit demeure donc extrêmement importante.

Ainsi, pour réduire la part de ce dernier et afin de faire correspondre les pratiques des apprenants au dit, à la norme, nous avons mis en place un dispositif didactique de remédiation se présentant sous forme  de cycles séquentiels[4] et se basant sur des exercices qui s’inscrivent dans la lignée des Ateliers de Négociation Graphique (ANG). Ceci dit, en s’appuyant sur la verbalisation et les interactions, les Ang constituent un instrument efficace permettant d’agir sur les erreurs, sur le non-dit. Dès lors, c’est à travers les verbalisations de raisonnements, les interactions des apprenants que l’enseignant aussi bien que l’apprenant lui-même prennent connaissance voire conscience des stratégies et des raisonnements peu pertinents conduisant aux erreurs, au non-dit. des activités telles que la dictée dialoguée ou la phrase du jour mettent l’apprenant dans une dynamique de (re)construction des raisonnements, des stratégies, du savoir  orthographier où l’erreur devient de façon claire et perceptible aussi bien par l’apprenant que par le formateur, un prétexte d’apprentissage, un moment d’apprentissage mais aussi et surtout  un outil d’apprentissage, ce qui a permis  aux apprenants de (re)construire les règles et les procédures efficaces assurant leur mise en œuvre et réduisant ainsi la part du malentendu, de procédures peu pertinentes, bref de l’échec en orthographe.

Bibliographie :

ASTOLFI, J-P., 1997, L’erreur, un outil pour enseigner. Paris : ESF.

COGIS, D., 2005, Pour enseigner et apprendre l’orthographe, Paris : Delagrave éditeur.

LEBRUN, M. SMIDTS, D. BRICOULT, G, 2011, Comment construire un dispositif de formation ? , Bruxelles: De Boeck.

SAUTOT, J-P., 2002, Raisonner sur l’orthographe au cycle 3. Scérén, CRDP Académie de

Grenoble.

Lamia BOUKHANNOUCHE & Ludmia YAAGOUB, Université de Médéa –Algérie

Université de Blida 2- Algérie, lamiafdz@yahoo.fr; loudmilayaag@yahoo.fr

Intitulé : Programme de formation à l’écrit : une démarche de modélisation

Notre communication est issue d’un travail de recherche qui nous a dirigées vers le terrain et sur lequel nous avons été confrontées à des besoins. Cet état de fait nous a conduites à réfléchir sur des propositions pédagogiques. L’objectif est donc de suggérer une proposition de matériel pédagogique en l’occurrence, à l’écrit.

La mise en place de notre modèle de programme de formation linguistique à l’écrit s’inscrit dans le cadre du FOU (français sur objectif universitaire) en contexte vétérinaire, à l’université algérienne. Le programme aura pour but d’aider les étudiants vétérinaires en fin de cursus à réussir dans le parcours universitaire qu’ils ont choisi.

Cette mise en œuvre entraine la coopération des différents acteurs de l’institution et suscite une synergie entre les enseignants de langue (français) et les enseignants de la spécialité (sciences vétérinaires). L’intérêt de l’existence du programme est de pouvoir le communiquer entre enseignants afin d’en faire bon usage et tant que cela n’existe pas, cela signifie que chaque enseignant de langue travaille seul dans son coin. Le matériel pédagogique est à notre avis, beaucoup plus qu’un outil de travail commun. Il remplit le rôle de véhicule de perfectionnement des connaissances de l’enseignant et devient par là le prolongement de son action et cela pour un objectif unique : la réussite des études universitaires des étudiants.

La communication présentera certaines séquences pédagogiques à fin de mettre en évidence la méthodologie adoptée qui porte sur ce qu’on appelle une démarche de modélisation des écrits. Une démarche qui préconise un travail d’analyse de la manière dont un texte est construit pour en déterminer une sorte de « modèle » permettant ensuite de construire son propre texte.

Bibliographie

BOUKHANNOUCHE, L, « Les écrits scientifiques en sciences vétérinaires », Synergie Algérie, n°15, 2012, pp 95-106

GAHMIA, A « Méthodologie d’élaboration d’un cours de français sur objectifs spécifiques (FOS) dans des établissements de la formation professionnelle », Synergie Algérie N°8- 2009, p.12

MANGIANTE, J-M et Parpette, C, Le Français sur objectifs spécifiques : de l´analyse des besoins à l´élaboration d´un cours, Hachette, 2004

MANGIANTE, J-M et Parpette, C,  Le français sur objectif universitaire, PUG, 2011

Hassiba CHAIBI, ENS de Bouzaréah- Alger- Algérie, ghilesghiles@yahoo.fr

Intitulé : Qu’est-ce qu’il veut dire par là et pourquoi il l’a dit ? Comprendre et traduire l’implicite culturel

Le vouloir dire est une action intentionnelle qui souligne « le rapport de signification (…) que le sujet entretient avec le contexte de ses actions» (Daron & Parot, 1991 :391).  La codification de sa pensée dans une forme linguistique est un processus de sémiotisation du monde (Charaudeau, 1999) qui peut engendrer des infractions conversationnelles révélatrices des implications de son dire, liées à sa subjectivité qui fait activer son arrière-plan culturel lors de la construction d’une référence.

Dans ce contexte de « non-dit », nous proposons d’étudier le rapport entre les formes de l’implicite volontaire (Ducrot, 1982) et leur signification, à la recherche de la compréhension qui se veut comme une assimilation des effets véhiculés par les signes (le niveau linguistique) ou par les circonstances de l’énonciation (le niveau pragmatique).

Dans cette communication, nous souhaiterions revenir sur le problème que rencontrent les analystes travaillant sur des corpus traduits. Partant du postulat que dans ce genre de situation, la question d’équivalence des mots entre deux langues dans le but de restituer des implicite culturel est problématique, nous aimerions savoir comment s’effectue la contextualisation du sens des expressions qui relèvent de la tradition oratoire algérienne (des formes symboliques) et leur traduction selon chaque sujet communicant.

Pour effectuer cette analyse, nous inscrivons ce travail dans la perspective de la pragmatique qui permet, d’après Searle, d’étudier la dépendance de ce qui est dit au contexte dans lequel il est dit, c’est-à-dire l’étude de la mise en rapport du système linguistique avec ses conditions d’emploi.

A cet effet, nous avons remis à  des enseignants chercheurs ( linguistes, didacticiens et littéraires) des corpus authentiques, extraits des émissions télévisées et transcrits en arabe algérien et en leur a demandé de les traduire pour voir comment ils expliquent en français ces implicites par des formes linguistiques correspondantes, sachant qu’ils possèdent des connaissances sociolinguistiques étant eux-mêmes des algériens natifs auxquelles s’ajoutent leurs compétences professionnelles pour transmettre  ces implicites.

Bibliographie :

DUCROT, O. (1972) Dire et ne pas dire : principes de sémantique linguistique, Paris : Hermann,

DURAND GUIZIOU. M.C. (1992) : « L’implicite dans le discours, théorie et pratique », El guiniguada, n° 3, p 203-210.

KERBRAT-ORECCHIONI, C. (1986). L’implicite. Paris: Armand-Colin.

MAINGUENEAU, D. (1996). Les Termes clés de l’analyse du discours. Paris : Seuil.

Iulia CORDUS, Université « Ştefan cel Mare », Suceava, Roumanie, iuliaida31@gmail.com

Intitulé : Traduire la terminologie spécialisée gastronomique dans le contexte littéraire

Dans cette communication, nous nous proposons d’analyser les stratégies de traduction de la terminologie gastronomique dans un corpus littéraire. En utilisant les théories des traductologues et terminologues français réputés comme Michel Ballard, Antoine Berman, Jean Delisle, Rainer Rochlitz, etc. nous essaierons d’identifier les principales opérations de traduction utilisées et les implications dans la transmission des spécificités culturelles. L’approche analytique des ouvrages (pseudo)littéraires se concentrera aussi sur le statut et le traitement des culturèmes, repérés parmi les termes gastronomiques présents dans le corpus.

Le premier ouvrage inclus dans le corpus est l’« autotraduction » implicite en français de l’écrivaine d’origine roumaine, Sanda Nitesco. Un brin d’aneth et le ciel bleu représente la façon inédite de l’auteure de se souvenir l’enfance et la jeunesse par le biais des recettes culinaires typiquement roumaines. Dans ce livre de cuisine atypique, le lecteur découvre l’atmosphère de la société roumaine des années ’50, les souvenirs et les histoires personnelles de l’écrivaine, mais aussi des recettes détaillées des plats roumains traditionnels. Une analyse de l’autotraduction (implicite, soutenons nous, car Sanda Nitesco rend un certain spécifique culturel roumain en français) et de la traduction vers le roumain effectuée par la traductrice Irina Mavrodin relèvera la fréquence du report et de l’incrémentialisation comme procédés de traduction.

Savoureuse Roumanie représente le titre du deuxième ouvrage de notre corpus d’analyse, la traduction en français de la synthèse ethnoculturelle appartenant à Radu Anton Roman, Bucate, vinuri şi obiceiuri româneşti. La traductrice d’origine française Marily le Nir a eu la tâche difficile de rendre en français le texte roumain original, ce qui a nécessité un ample travail de documentation. À cause des contraintes éditoriales, le texte publié en français contient la moitié des recettes de l’original et la structure du livre a été changée. Le projet de traduction se révèle différent dans ce cas, car les besoins du lecteur français sont situés sur un plan plus important que la concision et l’intégralité du texte de départ. La partie analytique pourra montrer que les opérations de traduction prédominantes sont le report, la modulation et l’explicitation à l’aide des notes en bas de page et des paraphrases explicatives.

Notre méthodologie de travail se base sur l’analyse comparative des œuvres originales avec leurs traductions pour identifier les principaux procédés de traduction utilisées par les deux traductrices. Nous pourrons ensuite comparer les stratégies spécifiques à la traduction vers les deux langues impliquées et observer le degré d’inventivité nécessaire aux traducteurs qui se confrontent dans leur travail avec « la non-coïncidence globale des systèmes de désignation » (Ballard, 1998 : 203).

Bibliographie :

Actele Colocviului Internaţional « Traducerea Specializată » (2010) : Bucureşti, 13-14 octombrie 2005, Uniunea Latină, Paris, ISBN 978-9-291220-38-0.

BALLARD, Michel, « La traduction du nom propre comme négociation » in Palimpsestes, (sous la direction de) Paul Bensimon et Didier Coupaye, no11, 1998, Presses de la Sorbonne Nouvelle, ISBN 2-87854-137-5.

BALLARD, Michel (2003) : Versus : la version réfléchie, Anglais-Français, volume 2, Des signes au texte, Ophrys, 356 p.

CONSTANTINESCU, Muguraş, BALATCHI, Raluca-Nicoleta (2014) : Critique des traductions. Repères théoriques et pratiques, Casa Cărţii de Ştiinţă, ISBN 978-606-17-0570-2.

GAMBIER Yves (1991) : « Travail et vocabulaire spécialisés : prolégomènes à une socio-terminologie » in Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators’ Journal, vol. 36, n° 1, pp. 8-15.

LUNGU-BADEA, Georgiana (2004) : Teoria culturemelor, teoria traducerii, Timişoara, Editura Universităţii de Vest.

PEDERZOLI, Roberta (2012) : La traduction de la littérature de jeunesse et le dilemme du destinataire, Peter Lang, Bruxelles.

Corpus :

NITESCO, Sanda (2000) : Un brin d’aneth et le ciel bleu : imprécis de cuisine roumaine, Paris, L’Harmattan, ISBN-10: 2738494021, ISBN-13: 978-2738494023.

NITESCU, Sanda (2008) : Un fir de mărar şi cerul albastru, traduit par Irina Mavrodin, Cartea Românească, Bucureşti, ISBN 978-973-23-1952-9.

ROMAN, Radu Anton (2001) : Bucate, vinuri şi obiceiuri româneşti, Paideia, Bucureşti, ISBN 973-596-033-8.

ROMAN, Radu Anton (2004) : Savoureuse Roumanie, traduit par Marily le Nir, Noir sur Blanc, Paris, ISBN 978-2-882-50136-3.

Adina CORNEA, Université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca, Roumanie,  adina.cornea@gmail.com

 Intitulé : Aspects didactiques dans la formation des traducteurs dans le cadre du Département LMA de Cluj-Napoca

« Les études en langues modernes appliquées, proposent de conduire l’étudiant vers l’acquisition de compétences en méditation linguistique et culturelle par la traduction, l’interprétation et la communication multilingue, celles-ci étant des compétences destinées à servir à une meilleure compréhension et à la mise en pratique de la mixité culturelle dans des contextes divers. » (M. Toader (2008) « La traduction et l’interprétation de conférence : quelques réflexions pragmatiques sur la formation et la carrière » in I. Badiu, B. Aldea (eds), Revue Internationale en Langues Modernes Appliquées/International Review of Studies in Applied Modern Languages, Cluj-Napoca, Risoprint, pp. 47-59.

Par cet article nous nous proposons de discuter sur les aspects didactiques de la formation des futurs traducteurs au sein du Département des Langues Modernes Appliquées de Cluj-Napoca. Plus spécifiquement, nous allons commencer par un encadrement théorique de cette profession, tout en faisant la distinction entre les notions de « traducteur » et « interprète de conférence ». Notre analyse passera ensuite en revue les types de cours dispensés, les principales méthodes et stratégies employées, mais aussi quelques aspects du processus d’évaluation, en insistant sur l’erreur comme instrument didactique de remédiation des insuffisances des étudiants le long de leur parcours universitaire.

Notre intervention s’adresse aux enseignants de français, aux formateurs de traducteurs et d’interprètes de conférence, mais aussi aux étudiants en LMA ou à toute personne intéressée à pratiquer ces métiers à un moment donné.

La formation d’un traducteur ne signifie pas seulement une bonne maîtrise de sa langue maternelle (A) et de ses deux langues étrangères (B et C dans notre cas), mais cela suppose aussi des connaissances historiques et culturelles des pays concernés, un intérêt accru pour la civilisation et la communication, une acceptation des différences culturelles entre les peuples. Le parcours des étudiants en LMA contient aussi des cours qui relèvent des domaines d’application, tels l’informatique, l’économie, le droit, la comptabilité, le management, le marketing, les relations internationales ou publiques.

À part les cours classiques de langue, phonétique ou civilisation, nos enseignants dispensent aussi des cours de langages de spécialité, où ils combinent la théorie et la pratique, cette dernière ayant le plus souvent ses racines dans leur expérience personnelle comme traducteurs sur le marché roumain ou européen. C’est dans ce contexte particulier que nous allons énumérer quelques stratégies didactiques et techniques d’enseignement/apprentissage, en accordant une attention particulière à la traduction des documents scolaires et d’état civil en vue de leur légalisation et, d’ici, au stage pratique que nos étudiants effectuent chaque année auprès des agences de traduction.

Le résultat escompté est de faciliter la gestion du « dit » et du « non-dit » dans la transmission du savoir dans le cadre des programmes universitaires qui se proposent la formation des traducteurs et interprètes de conférence. En ce qui concerne les étudiants, nos attentes visent l’assimilation agréable et facile des connaissances par leur présence aux cours, leur motivation, leur participation active et leur capacité de transformer les erreurs dans des outils d’apprentissage et de progrès.

Bibliographie :

DURIEU, C. (1991) « Traduction pédagogique et pédagogie de la traduction » in Le Français dans le Monde, no 243.

GOUADEC, D. (2002) Profession : traducteur, Paris, La Maison du Dictionnaire.

GREERE, A., C. TATARU (2008) « Training for the Translation Profession: What Do Romanian University Programmes Have to Offer? » in C. Braga, M. Zdrenghea (eds), Studia Univesritatis Babeș-Bolyai Philologia, 3/2008, Cluj-Napoca, pp. 95-122.

TOADER, M. (2008) « La traduction et l’interprétation de conférence : quelques réflexions pragmatiques sur la formation et la carrière » in I. Badiu, B. Aldea (eds), Revue Internationale en Langues Modernes Appliquées/International Review of Studies in Applied Modern Languages, Cluj-Napoca, Risoprint, pp. 47-59.

Anișoara CRISTIAN (MARASCU), Université de Bucarest, Roumanie, cristianmarascuanisoara@yahoo.com

Intitulé : L’attentat de Charlie Hebdo

Le recours au discours de l’autre est incontournable dans la presse écrite. Cela est essentiellement dû au fait que les journalistes se servent des propos recueillis çà et là pour la rédaction de leurs articles. Ils emploient le discours rapporté pour étayer leurs propos.

Mon objectif dans cet article est d’étudier l’emploi subjectif qui est fait de ce procédé. Autrement dit, comment est-ce que les journalistes se servent du discours rapporté pour mieux vendre leurs journaux auprès des lecteurs, étant donné que leur emploi obéît à une intentionnalité précise ? Cette étude, qui se veut pragmatique, se fera à la lecture de trois quotidiens français : LA LIBERATION, LE FIGARO, LE PARISIEN

N’étant pas les auteurs de l’information transmise, les journalistes font recours au discours rapporté pour bien montrer qu’ils ne sont pas responsables de l’information transmise. Le but de cet article est d’étudier la portée illocutoire, les effets de sens produits par le discours rapporté dans les quotidiens. Mon étude se situe entre le jour de l’attentat et un mois après. J’essaie dans un premier temps de revisiter les travaux essentiels qui ont été faits sur le discours rapporté ; et par la suite, nous verrons la portée argumentative que peut avoir un procédé comme le discours rapporté dans les quotidiens, en prenant appui sur la pragmatique comme concept opératoire.

« L’Archéologie du savoir » traite ce thème du non-dit.

Au présupposé de l’origine secrète, quasi insaisissable, fait face celui de la présence du « déjà-dit » dans les discours : il s’agit ici de l’idée selon laquelle « tout discours manifeste reposerait déjà secrètement sur un déjà-dit », un déjà-dit qui serait en fait un jamais dit ou un non-dit : « le discours manifeste ne serait en fin de compte que la présence répressive de ce qu’il ne dit pas ». L’analyse du discours de la presse, applique ses idées. Aussi, Dan Dobre, Professeur à l’Université de Bucarest, a écrit quelques ouvrages importants dans le domaine de la presse. Ses livres, «Préliminaires à une sémiotique de la presse écrite», «Mécanisme déictiques dans le discours de la presse –Le quotidien-» et aussi ses cours, m’ont aidée à analyser le corpus choisi.

Le discours rapporté fait appel à une double énonciation. Ainsi, comme le disent Martin Riegel et al (2002 : 597), le discours tenu par un locuteur de base contient un discours attribué à un autre locuteur (parfois un locuteur de base), qui est rapporté par le locuteur premier. Celui-ci se fait en quelque sorte le porte-parole du discours de l’autre locuteur.

Pour le linguiste Oswald Ducrot, l’énonciateur en rapportant des paroles peut laisser filtrer sa subjectivité tout en montrant qu’il n’est pas responsable de ces paroles. C’est dans cette optique que Ducrot (1984 : 204) écrit que les énonciateurs sont censés s’exprimer à travers l’énonciation sans que pour autant on leur attribue des mots précis.

Au présupposé de l’origine secrète, quasi insaisissable, fait face celui de la présence du « déjà-dit » dans les discours : il s’agit ici de l’idée selon laquelle « tout discours manifeste reposerait déjà secrètement sur un déjà-dit », un déjà-dit qui serait en fait un jamais dit ou un non-dit : « le discours manifeste ne serait en fin de compte que la présence répressive de ce qu’il ne dit pas »

Bibliographie :

DOBRE, D., 1999: Préliminaires  à une sémiotique de la presse écrite, (ed) Universitatii din Bucuresti

DOBRE, D., 2007: Mécanisme déictiques dans le discours de la -Le quotidien-EUB

DUCROT, O., 1984: Le dit et le dire, Paris

FOUCAULT, M., 1973: L’Archéologie du savoir, Paris, Gallimard

RIEGEL, M., 2002: Grammaire méthodique du français, Paris, PUF

Joseph DICHY & Ismail TAYF, Université Lumière-Lyon 2 et laboratoire ICAR, France, joseph.dichy@univ-lyon2.fr; tiefismail@yahoo.fr

Intitulé : Problématique de la traduction des marqueurs discursifs dans le sous-titrage en arabe de films français récents

Cette communication s’appuie sur un corpus cinématographique comprenant cinq comédies françaises récentes (Amélie Poulain, Quatre étoiles, la Doublure, Ah ! si j’étais riche, Moi, César…). Celles-ci sont sous-titrées en arabe littéraire moderne, glosse commune à tous les pays arabes ; ce choix se justifie par la diffusion : une traduction dans un dialecte donné restreindrait la réception. Un corpus d’extraits portant sur un sous-ensemble pragmatiquement cohérent d’échanges a été réuni, transcrit et analysé par T. Ismail dans sa thèse intitulée Traduction et analyse interactionnelle de dialogues cinématographiques en français : problématique des sous-titres en arabe (Université Lyon 2, février 2015). La démarche croise donc l’analyse des interactions et l’étude de la traduction du discours oral dans les sous-titres.

Or ces derniers omettent systématiquement la traduction des marqueurs discursifs des dialogues en français ; exemples extraits du Fabuleux destin d’Amélie Poulain : oh la la, hein, ah ben ça alors, ah bon, hé ben…. Ces marqueurs sont bien connus (on peut en rechercher les occurrences dans la base de données du français en interaction CLAPI – http://clapi.univ-lyon2.fr). L’omission de leur traduction est-elle due à des spécificités du sous-titrage telles que les contraintes de place ou encore l’évidence de la signification pour le spectateur ? On peut en douter : bonjour, par exemple, est plus souvent traduit qu’omis. Peut-être ces omissions proviennent-elles de la difficulté, pour des traducteurs qui ne sont pas des francophones natifs, d’interpréter ces marqueurs et de leur trouver des équivalents satisfaisants précis en arabe. Quoi qu’il en soit, c’est la question soulevée par cette difficulté qui sera traitée ici.

D’un point de vue traductologique, il faut observer que les marqueurs discursifs, qui sont très polysémiques, mettent en outre fortement en relation, des deux côtés, français et arabe, la langue et la culture. Ainsi, dans l’un des échanges analysés, ah ben ça alors pourrait – entre autres possibilités, telles que shay’ ‘ajîb, « chose étonnante » – être traduit par yâ allâh ou wa-llâh, ou encore, dans un registre plus relevé ou formel, par subHâna llâh (à ne pas confondre avec l’usage proche-oriental de subHân ’alla, qui correspond, comme nos corpus le confirment, à une surprise négative). La présence de allah dans ces traductions est à prendre au sens figuré, comme lorsqu’en français, on dit mon Dieu. En arabe, pour prêter serment (par exemple devant un juge) et donc prendre l’expression au sens propre, les locuteurs peuvent ajouter à la fin de celle-ci la voyelle casuelle i, et prononcer wa-llâhi, en ajoutant quelquefois bi-kasri l-hâ’, « avec un i  après hâ’ ». Les traductions ci-dessus supposent, pour l’analyste, une interprétation culturelle associée à des analyses sémantico-pragmatiques, voire, en arabe, à une prise en compte de la polyglossie (ainsi subHâna llâh est résolument associé à l’arabe littéraire, voire classique, d’où l’effet « plus relevé » ou « formel »).

Dans ce travail fondé sur une analyse interactionnelle de corpus, nous chercherons à proposer une « cartographie » des traductions possibles en arabe de chacun des marqueurs discursifs français. Comme on vient de le voir, plusieurs traductions équivalentes en apparence se distinguent entre elles d’un point de vue culturel et socio-pragmatique. Nous essayerons ce faisant de présenter les grands traits de la problématique traductologique de la prise en compte de ces marqueurs dans les sous-titres de films.

Bibliographie

ALKHALIL T., 2005, Discourse Markers in Syrian Arabic : A Study of halla’, ja’ne, tayyeb and lakan, PhD dissertation, University of Essex.

DICHY J., 2010, « La polyglossie de l’arabe, illustrée par deux corpus d’époques et de natures différentes: un échange radiophonique syrien et un conte des Mille et Une Nuits« , in Bodzemir, M. et CALVET, L.-J., éds, Les politiques linguistiques en Méditerranée, Paris : Honoré Champion, 219-245.

KANAAN-CAILLOL Layal, TRAVERSO Véronique, DIMACHKI Loubna, DICHY Joseph (2015, à paraître dans Faits de Langue) “Marqueurs de discours en arabe parlé en interaction : le cas de ja‘ni,”

TRAVERSO Véronique, 2006, Des échanges ordinaires à Damas : aspects de l’interaction en arabe (approche comparative et interculturelle), Damas / Lyon : PUL / Publications de l’IFPO.

Dragana DROBNJAK, Snežana GUDURIĆ, Ksenija ŠULOVIĆ,  Université de Novi Sad, Serbie,  dashayuyu@yahoo.fr

Intitulé : La mort – la nommer, est-ce l’interpeller ?

La mort, habituellement définie comme le vide, le néant, s’identifie avec l’inconnu et l’incertitude. La mort n’est guère un sujet plaisant, plûtot inquiétant et terrifiant. Si nous la nommons, interpellons-nous cette ennemie tant redoutable ? Pourrions-nous être plus rusés qu’elle en la voilant sous des expressions euphémiques ?

Dans cette communication, nous nous proposons de comparer les unités phraséologiques françaises, espagnoles et serbes portant sur le modèle cognitif de la mort, étant donné qu’une même réalité peut susciter des associations diverses chez les communautés linguistiques différentes, ce qui entraîne une variété d’expressions linguistiques. Il sera intéressant de découvrir l’inventaire phraséologique des trois langues étudiées pour déterminer l’image de la mort dans les trois contextes socioculturels différents et de saisir les dits et les non-dits visant la mort.

Les unités phraséologiques se référant au champs sémantique ’la mort’ seront reparties en quatre groupes. Dans le premier seront rassemblées les unités dont les constituants révèlent explicitement la mort : sentir le souffle de la mort / sentir el aliento de la muerte/ osećati dah smrti ; être aux portes de la mort / estar en el umbral de la muerte / biti na pragu smrti.

Le deuxième groupe réunit les unités phraséologiques en trois langues qui dénotent la mort tacitement: recommander son âme à Dieu / recomendar el alma a Dios / preporučiti dušu Bogu ; il vit ses derniers jours / el vive su último dia / dani su mu odbrojani.

Le troisième groupe, par contre, incorpore les idiomes dont les constituants surgissent du lexique de la mort, sans toutefois émaner le sémantisme lié à la mort. Ces unités phraséologiques sont imprégnées d’un coloris métaphorique et utilisées principalement pour accentuer l’intensité des émotions, états, caractéristiques, apparence physique : se fâcher à mort / pelearse a muerte / na smrt se zavaditi ; mourir de rire, dennui, de jalousie, de peur, de douleur / morirse de risa, aburrimiento, celos, miedo, dolor / umirati od smeha, dosade, ljubomore, straha, bola ; fidèle jusquau tombeau / fiel hasta la muerte / veran do groba ; malade à mourir / enfermo a muerte / mrtav bolestan.

Le quatrième groupe englobe les idiomes d’une double richesse, vu qu’ils sont pourvus de significations primordiales, ainsi que de celles métaphoriques: mourir de froid, faim, soif / morirse de frío, hambre, sed / umirati od hladnoće, gladi, žeđi.

Bibliographie

Clave Diccionario de uso del español actual, Madrid, Ediciones SM, 2002.

Diccionario de la lengua española, Madrid, Real Academia Española, 1992.

Le nouveau Petit Robert, Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, Paris, Robert, 2005.

MALOUX, Maurice, Dictionnaire des proverbes, sentences et maximes. Paris, Larousse, 1960.

Rečnik srpskoga jezika, Novi Sad, Matica srpska, 2007.

Rečnik srpskohrvatskog književnog i narodnog jezika SANU (I-XVI), Beograd, Institut za srpskohrvatski jezik, 1989.

REY, Alain (éd.), Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Dictionnaire Le Robert, 2000.

SECO, Manuel; ANDRÉS, Olimpia, RAMOS, Gabino, Diccionario fraseológico documentado del español actual: locuciones y modismos españoles, Madrid, Aguilar, 2009.

Trésor de la langue française : dictionnaire de la langue du XIXe et du XX siècle, Paris, Éd. du Centre national de la recherche scientifique : Klincksieck : Gallimard, 1971-1994

Dragana DROBNJAK, Snežana GUDURIĆ, Ksenija ŠULOVIĆ,  Université de Novi Sad, Serbie, dashayuyu@yahoo.fr

Intitulé : Lo dicho y lo no dicho en el concepto de amor en español, francés y serbio

La metáfora como un mapeo ontológico entre dos áreas conceptuales diferentes es una de las principales fuentes de desplazamiento de sentido de similitud y analogía. Esta transferencia metafórica emana principalmente experiencias sensoriales, físicas y psíquicas de todo ser humano, y en segundo lugar el trasfondo histórico y cultural de una comunidad lingüística.

Nuestro trabajo consiste en metáforas utilizadas para conceptualizar el amor en idioma español, francés y serbio a fin de observar las similitudes y diferencias en la percepción del amor en las tres comunidades lingüísticas y establecer aspectos idénticos y culturalmente específicos de estas metáforas, así como para determinar cómo LO NO DICHO en realidad de representa el amor.

Acoplando el escenario protitípco, las asociaciones y metáforas conceptuales obtendríamos una imagen en relieve sobre la conceptualización de esta emoción.

Así el escenario protitípco idealizado incluye el marco semántico que comprende dos personas del sexo opuesto, el afecto, el deseo, beso, abrazo, el enamoramiento, la relación, el sexo, el matrimonio, los hijos, la atención, el respeto, el cuidado, la vida. Por otra parte, a diferencia de lo que se entiende y se expresa, cada individuo tiene su propio escenario en el que los distintos segmentos se distancian de los idealizados (por ejemplo, dos personas del mismo sexo, sociedad, contiendas, celos), y que toca LO NO DICHO.

De acuerdo con el corpus que hemos extractado de una variedad de fuentes en idioma español, francés y serbio (dicionarios generales y fraseológicos de tres idiomas, diarios y periódicos semanales, medios electrónicos) el amor se conceptualiza casi idénticamente en los tres idiomas, y este asombroso parecido es sorprendente también a nivel lingüístico. Dicho mapa conceptual, de hecho, no debería ser sorprendente, ya que el amor representa una experiencia corporal universal, y las metáfora se basan en las las experiencias humanas encarnadas. De esto se deduce que las experiencias primarias universales motivan las metáforas primarias universales, mientras que las pequeñas diferencias reflejan la diversidad cultural y física.

En las tres comunidades lingüísticas el amor se conceptualiza como construcción (su relación está construida sobre fundamentos sólidos / leur relation est construite sur de bons fondements / njihova veza je izgrađena na čvrstim temeljima), viaje (sus caminos se cruzaron / leurs chemins se sont croisés / putevi su im se ukrstili), fuerza (el amor lo mueve / l’amour le fait bouger / ljubav ga pokreće), organismo vivo (su amor crece / leur amour grandit / njihova ljubav raste), objeto (comprar, vender el amor / acheter, vendre l’amour / kupiti, prodavati ljubav), materia (su corazón está lleno de amor /son cœur est plein d’amour / srce mu je puno ljubavi). El estudio ha mostrado que gran parte de metáforas conceptuales analizadas implican algo desagradable lo que pone en cuestión el escenario prototípico de amor: el amor es guerra (concluyeron el armisticio, la paz / ils ont conclu l’armistice, la paix / sklopili su primirje, mir), el amor es enemigo (luchar contra el amor / lutter contre lamour / boriti se sa ljubavlju), el amor es enfermedad (él está enfermo de amor / il est malade d’amour / bolestan je od ljubavi), el amor es una fuerza física violenta (su amor lo asfixia / son amour l’étouffe / njena ljubav ga guši).

Bibliografía

BARCELONA, A. ed. (2003). Metaphor and Metonymy at the Crossroads. Berlin/New York: Mouton de Gruyter.

EKMAN, P. (1972). Universals and cultural differences in facial expressions of emotion. In J. Cole (Ed.), Nebraska Symposium on Motivation 1971, Lincoln, NE: University of Nebraska Press, vol. 19, pp. 207-283.

JOHNSON, M. (1987). The Body in the Mind: The Bodily Basis of Meaning, Imagination, and Reason. Chicago: University of Chicago Press.

KÖVECSES, Z. (2002). Metaphor. A Practical Introduction. New York: Oxford University Press.

LAKOFF, G. (1987). Women, Fire, and Dangerous Things, What Categories Reveal about the Mind. Chicago: University of Chicago Press.

LAKOFF, G. (1993). The contemporary theory of metaphor. In: Metaphor and Though (A. Ortony, ed.). Cambridge: Cambridge University Press, pp. 202-252.

Dan DOBRE, Université de Bucarest, Roumanie, dandobre26@yahoo.fr

Intitulé : Dit et non-dit en sémiotique

Partant de la dichotomie linguistique devenue classique système/procès, nous présentons un panorama de la sémiotique contemporaine sous deux angles de vue : intensionnel, fondé sur l’immanence et l’autonomisme et extensionnel, interactionniste, constitué par la processualité mobilisant un cognitif centrifuge et créatif à même de déplacer continuellement les frontières du dit.

Parsemé d’exemples des terres défrichées et signalant des territoires encore à découvrir, notre article souligne également les interférences qui peuvent être repérées entre les deux modalités analytiques.

Ahmed Ali ELNADY, Université de Sohag (Egypte) et université du Roi Saoud (Arabie saoudite), ahmedelnady@yahoo.com

Intitulé : Étude linguistique des verbes de la perception visuelle en français et en arabe

Les verbes de la perception visuelle – représentés par le verbe voir en particulier- est la catégorie majeure des verbes de la perception (voir, regarder, sentir, entendre, écouter, goûter, toucher). Les verbes de perception aident à mieux comprendre le monde qui nous entoure. Ils sont d’ailleurs à l’origine de l’inscription du locuteur dans son discours : le verbe voir par exemple, est la source de l’expression d’une polyphonie discursive (ou du point de vue narratif surtout quand il se lie au pronom personnel on). Notons que la sous-catégorisation et la polysémie des verbes de la perception visuelle ont attiré et attirent encore l’attention des chercheurs et sont à l’origine de plusieurs études sur le sujet.

Le but sera donc de vérifier ce point de vue en étudiant le comportement linguistique des verbes de perception visuelle en arabe et en français. Cette idée sera traitée à la fois:

  • à partir d’une étude de la distribution de ces verbes en français et en arabe. Il s’agit d’une étude lexico-sémantique qui vise d’abord à étudier les catégories sémantiques susceptibles d’exprimer la perception visuelle en français et en arabe. Il serait d’ailleurs important d’étudier le comportement syntaxique des verbes de la perception visuelle en français et en arabe (les points de convergence et de divergence)
  • à partir d’une étude des problèmes que peuvent poser les verbes de perception visuelle (polysémie et sous-catégorisation, agentivité, perception directe ou indirecte…etc.) dans le processus de traduction et aussi dans l’apprentissage du français langue étrangère.

Cette étude sera menée à partir d’un corpus littéraire et journalistique en arabe et en français.

Bibliographie

GREZKA Aude, La polysémie des verbes de la perception visuelle, Paris, l’Harmattan, 2009.

LE QUERLER, “Quand voir, c’est pouvoir voir” in Langue française, n°84, 1989. pp. 70-82.

OZOUF Corinne, « Caractère différentiel et relation d’équivalence entre voir et regarder » in Cahier du CRISCO, n° 16, Université de Caen, 2004.

DE KUYPER Eric et POPPE Emile, « Voir et regarder » in Communications, n° 34, 1981, pp. 85-96.

ROMAN André, Grammaire de l’arabe, Paris, PUF, 1990. Traduit en arabe par Dr. Alaa Ismaïl et Dr. Khalaf Abdulaziz.

Diâo FAYE, FASTEF/Université Cheikh Anta DIOP Dakar, Sénégal, dfay28@gmail.com

Intitulé : Traduction de la poesie wolofal mouride en langue francaise : interculturalite et difficultes linguistiques

Problématique : La langue wolof est, parmi les vingt-cinq langues nationales que compte le Sénégal, celle qui est parlée tant bien que mal par toutes les ethnies du pays dans les grandes rencontres d’échanges culturelles, économiques, politiques et sociales. Depuis les premiers contacts du peuple avec le Coran, des tentatives de transcription réussies ont permis de fixer des événements et faits historiques et socioculturels dans des langues comme le Pulaar, le Manding, le wolof… grâce à l’alphabet arabe modifié avec des signes diacritiques conventionnels adaptés et acceptés. Ainsi naquit une littérature essentiellement poétique qui se développera à la fin du 19ème siècle dans les foyers religieux où des poètes inspirés par les écrits en langue arabe de leurs maîtres spirituels, virent le jour et révélèrent leur talent. On peut noter l’exemple du disciple mouride Cheikh Moussa KA dont une partie de l’œuvre poétique constitue le corpus de nos recherches. Cette forme de littérature appelée wolofal qui imite la qasida arabe nous a tellement fasciné que nous nous lançons dans une entreprise de sa vulgarisation par le moyen de la traduction en langues internationales en commençant par le Français, langue officielle de travail et d’enseignement de mon pays.

  • Cadre méthodologique : Le texte qui est originellement écrit en wolof à partir des caractères arabes est destiné à être chanté dans les cérémonies religieuses et familiales. Nous l’avons transcrit d’abord suivant l’alphabet latin utilisé dans la codification arrêtée officiellement par décret. Ensuite, nous avons tenté de le traduire en Français. Dans cet exercice consistant à passer de la langue maternelle de l’auteur au Français nous rencontrons d’énormes difficultés liées à des réalités culturelles d’une part et d’autre part à la langue elle-même qui n’offre pas toutes les capacités possibles de dire entièrement et clairement ce que dit le poème, d’où le recours à des procédés et techniques propres à l’œuvre de création ; ainsi de notre statut de simple traducteur nous nous surprenons de jouer consciemment ou inconsciemment le rôle de créateur, rendant en prose des textes versifiés, rimés et rythmés. Que reste-t-il d’un poème devenu prose quand bien même cette prose se voudrait poétique? En voulant serrer de près le sens de cette poésie chantée ou plutôt chanson poétique et respecter autant que faire se peut le style de l’auteur nous avons évité le mot-à-mot (la traduction littérale) au profit de la traduction littéraire dite universitaire qui a le mérite de rester fidèle à la quintessence du texte initial au double plan sémantique et morphosyntaxique.
  • Le corpus analysé : l’épopée de Cheikh Ahmadou Bamba
  • la naissance du héros ;
  • la formation du héros ;
  • l’exil du héros au Gabon ;
  • l’exil en Mauritanie ;
  • la résidence surveillée ;
  • la disparition du héros.
  • Les principaux résultats escomptés : Un ouvrage bilingue (wolof-français) qui regroupe les poèmes de Moussa KA relatant la vie et l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba dans sa longue et héroïque résistance au pouvoir colonial français.

Bibliographie :

OSEKI-DEPRE, Ines(1999), Théories et pratiques de la traduction littéraire, Paris, Armand Colin.

BERMAN, A (1965), La traduction et la langue française, Vol 30, Montréal ; Presses de l’Université de Montréal.

Guide de la traduction littéraire ATLF.

DUCROT, O (1984), Le dire et le dit, Paris Editions de Minuit

Flavia FLOREA, Université de Bucarest, Roumanie, flaviaf2511@gmail.com

Intitulé : Points de vue rhétoriques sur l’ellipse dans l’Antiquité

Cas particulier de l’implicite, l’ellipse est mise en relation de nos jours par le linguiste avec des phénomènes disparates comme : l’effacement, la place vide, la mise en facteur, le fragment, le sous-entendu, etc.

Notre communication se propose d’explorer ce que peut recouvrir l’ellipse à l’époque de l’Antiquité dans le domaine de la rhétorique. Elle mettra en évidence quelques points de contact et/ou de divergence entre la rhétorique et les deux autres disciplines qui traitent du langage dans l’Antiquité – la dialectique et la grammaire. Elle tâchera également de dégager certains éléments rhétoriques importants légués à la postérité.

  1. SOURCES PREMIÈRES

QUINTILIEN (1975-1980 <Ier s.> ) Institution Oratoire, éd. par G. Cousin. Paris: Les Belles Lettres.

  1. SOURCES CRITIQUES

BARATIN, Marc & DESBORDES, Françoise (1981) L’analyse linguistique dans l’Antiquité classique, 1. Les théories. Paris: Klincksieck.

DESBORDES, Françoise (1996) La Rhétorique Antique. Paris: Hachette Livre.

Rodica-Doina GEORGESCU, Faculté de Lettres, Université de Craiova, Roumanie, rodica_georgescu2007@yahoo.com

Intitulé : La visite guidée en tant que support discursif proposé par les manuels roumains de FLE

Notre étude se propose d’analyser et d’interpréter les images: photos, dessins, gravures, posters-des documents iconographiques qui forment, d’ailleurs, un support pédagogique appui   pour les discours touristiques. L’attention sera fixée sur les éléments qui envisagent « la visite guidée ». Ce type de discours (le discours touristique) est inséré par le concepteur/les concepteurs dans le contenu linguistique et socioculturel des manuels roumains de FLE. Nous allons envisager aussi une analyse discursive complétée par une analyse sémiotique car « le rôle des images est primordial dans le processus cognitif parce qu’elles sont plus facilement mémorisées que le langage[5] ».

Notre corpus est formé de manuels roumains de FLE de différentes tranches d’âge, en principal, ceux dont le coordonnateur principal est Nasta Dan Ion, Édition Corint, Bucarest.

Questions de recherche:

  • Quel est le rôle de l’image/des images qui soutiennent les discours de la visite guidée (discours à visée touristique) proposés par les manuels?
  • Quels sont les effets des images en termes « de dit » et de « non-dit» sur la conduite des apprenants-touristes ?
  • Comment sont introduites ces images ? Sont-elles accompagnées ou non par les textes qui les expliquent, qui donnent des indications sur le guide-professeur ou autre ? Ont-elles des éléments implicites ?
  • Est-ce que ces figures emblématiques visuelles privilégient la construction d’une identité plurielle: linguistique, nationale, culturelle d’un pays à travers les discours touristiques envisagés par les visites guidées ?

Principaux résultats escomptés:

La visite guidée envisagée  par Jean Paul Dufiet « comme un macro-genre discursif social qui contient de nombreux sous-genres, qui eux-mêmes renferment d’autres formes de visites guidées » ( Dufiet Jean-Paul,  Les visites guidées, Discours, Interaction, Multimodalité, page 8) constitue une formule de voyage assez complexe qui privilégie des interactions diverses en fonction du référent: des édifices (musées, églises, cathédrales, châteaux, palais ou résidences royales, forteresses, citadelles, etc.) ou bien des lieux/des espaces géographiques (communautés, régions, provinces, territoires, pays, îles exotiques, sauvages, etc.). En plus de cela, nous pourrions parler du type de visite guidée: culturelle, religieuse, historique, architecturale, visite d’un campus universitaire, visite-découverte de la ville, etc. Il faut prendre en compte plusieurs paramètres concernant la visite guidée tels que: la nature du référent (patrimoine architectural, historique, etc.), la configuration topographique (ouvert-clos, ample-restreint, unique-complexe, simple-varié, etc.), la nature des participants à la visite, leurs interactions, etc.

L’image/les images que les apprenants touristes s’en font permettent un travail de repérage et d’analyse de la manière dont ils construisent leurs discours là où la théorie d’énonciation cherche seulement leurs traces, les outils linguistiques appropriés.

L’image/ les images favorisent également un vaste champ de perception: le fonctionnement discursif des marques linguistiques, leur statut dans le discours, les stratégies discursives utilisées et le mode de diffusion de ces échanges à d’autres destinataires, la nature des interactions.

Cette manière d’envisager le discours à visée touristique véhiculé par les manuels roumains de FLE est, à ma connaissance, inédite par la perspective proposée et par la démarche considérée.

Bibliographie:

AL-KHATIB, MOHAMMED, La lecture de l’image: L’impact iconographique sur la construction du sens, article disponible sur le site: gramm-r.ulb.ac.be/fichiers/colloques/Nantes 2007/ALKHATIB.pdf, page consultée le 15 février 2015.

BÉGUIN-VERBRUGGE, ANNETTE, Images en texte, Images du texte, Dispositifs graphiques et communication écrite, article disponible sur le site: https://books.google.ro/books?isbn, page consultée le 15 février 2015.

CAZABON, BENOÎT, Des marqueurs linguistique de l’identité culturelle, article disponible sur les site:  pdf.library.laurentian.ca/RNO/Cazabon1996.pdf, page consultée le 15 février 2015.

DUFIET, JEAN-PAUL (éd.) Les visites guidées, Discours, Interaction, Multimodalité, Trento, Dipartimento di Studi Letterari Linguistici e Filologici, 2012, (Labirinti 138), disponible sur le site: eprints.biblio.unitn.it/4140/1/Labirinti_138_completo.pdf, page consultée le 16 février 2015.

GERVEREAU, LAURENT, Voir, comprendre, analyser les images, La Découverte article disponible également sur le site: www.la-zone.ch/…/Sociologie-de-limage-synth, page consultée le 15 février 2015.

LOPEZ DIAZ MONSERRAT, Images identitaires et rhétorique: la première de couverture de guides touristiques, Le guide touristique, Protée, vol.39, no2, 2011, page 114, article disponible sur le site : www.erudit.org., page consultée le 31 janvier 2015.

Simona Cristina GEALAPU (Olaru), Université de Bucarest, Roumanie, cristina_gealapu@yahoo.com

Intitulé : Le dit et le non-dit de la métaphore conceptuelle

Dans le présent travail nous nous proposons d`illustrer le non-dit,  « le caché » de la métaphore dans une perspective cognitive.

Nous allons tout d`abord faire la distinction entre métaphore (conceptuelle) qui structure notre système de pensée et métaphore linguistique ou expression métaphorique qui est la trace linguistique  de la première.

Nous allons nous appuyer sur le fait que la projection métaphorique (mapping) d`un domaine source vers un domaine cible est partielle : seuls certains aspects du domaine source- DS sont projetés sur le domaine cible- DC (« partial metaphorical utilisation » selon Kövecses [2010 : 93-95]) pour une meilleure compréhension de ce dernier. D’autre part, ces quelques aspects du DS structurent et mettent en relief seulement une partie du DC, tandis que d`autres aspects du même DC restent cachés (ce que Z. Kövecses [2010 : 91-92] appelle metaphorical highlighting et metaphorical hiding) ; ainsi avons-nous besoin de plusieurs DS pour rendre compréhensible le même DC. Déjà en 1980, Lakoff et Johnson avaient  noté que la métaphore possède une partie « utile » (qui est prise en compte dans la projection métaphorique) et une partie « non utile » (qui est laissée de côté). Par exemple, les  métaphores nouvelles exploitent la partie non utile de la métaphore conceptuelle, en nous offrant une manière inédite d`envisager un concept/ un objet.

Les questions auxquelles notre recherche essaie de répondre seraient :

Pourquoi seulement certains aspects du DS et du DC sont visés par la métaphore et d`autres restent cachés ? Quels sont ces aspects pour chaque métaphore analysée ?

Pourquoi y a-t-il plusieurs DS pour structurer le même DC ? Quels sont ces DS pour les DC de nos expressions métaphoriques (la politique, la guerre) ?

Pour conclure sur cet aspect de la métaphore conceptuelle, nous pouvons affirmer qu`elle «  not only illuminates, it conceals as well » [A. Kratz  apud Jamet, 2009 : 59 ]. C`est par la suite le devoir du coénonciateur de filtrer les traits pertinents pour restructurer la nouvelle perception du monde fournie par la métaphore.

Pour offrir des réponses élaborées aux questions ci-dessus, nous allons opter pour une analyse détaillée des projections, par domaines, pour chaque métaphore conceptuelle.

Le corpus sera constitué d`une centaine d`expressions métaphoriques cueillies des articles de presse (français et roumains) concernant le conflit actuel russo-ukrainien, visant les mêmes domaines (la politique, la guerre, les relations entre les Etats impliqués dans le conflit, etc.), expressions métaphoriques qui permettent au journaliste de présenter la manière dans laquelle il perçoit les événements politiques en Ukraine et surtout la manière dans laquelle il veut que ses lecteurs les perçoivent.

Enfin, nous espérons, à travers l`analyse détaillée par domaines, d’identifier les aspects cachés des métaphores conceptuelles concernant le conflit russo-ukrainien, ce qui nous permettrait de déchiffrer la perspective subjective du journaliste sur la réalité politique qu`il décrit. De plus, nous aimerions pouvoir offrir, dans une perspective comparative franco-roumaine, les similitudes et les différences entre les métaphores conceptuelles visant les mêmes domaines cible sous l`aspect du « non-dit ».

 Bibliographie :

JAMET, D. (2009), L`Enonciation Métaphorique en Anglais et en Français, Limoges, Editions Lambert-Lucas

KÖVECSES, Z. (2010), Metaphor. A Practical Introduction, Second Edition, Oxford, University Press

LAKOFF, G. et JOHNSON, M. (1985), Les métaphores dans la vie quotidienne, Paris, Editions de Minuit.

Alice IONESCU, Université de Craiova, Roumanie,  alice.ionescu@yahoo.com

Intitulé : Aspects de l’implicite situationnel et culturel dans le dialogue argumentatif

L’implicite fait partie courante de la communication, mais cela n’empêche pas qu’il soit parfois source de malentendus. Les sources de l’implicite dans un échange verbal peuvent être linguistiques (présuppositions) ou contextuelles (allusions, sous-entendus, insinuations). Un autre critère de classification des implicites conversationnels concerne l’intention du locuteur. Ainsi, on peut distinguer un implicite ‘conscient’ (lorsque le locuteur a l’intention de laisser entendre quelque chose sans toutefois assumer la responsabilité de l’avoir dit) et un implicite ‘inconscient’ (par exemple, l’implicite socio-culturel). Ce dernier déroule surtout des habitus construits dans un environnement social et culturel défini. Le locuteur qui l’utilise n’y réfléchit pas, présupposant que son interlocuteur établit tout aussi normalement que lui-même une relation identique entre ce qui est dit et ce qui est non-dit. Or, le récepteur qui ne possède pas les mêmes références culturelles ne peut pas établir les mêmes relations entre les énoncés et les signifiés culturels, donc il n’arrive pas à comprendre ou interprète mal le message.

Notre communication se propose d’analyser les compétences discursives et encyclopédiques qui jouent un rôle déterminant dans l’interprétation de l’implicite situationnel et culturel, tout en s’appuyant sur un corpus de dialogues littéraires du XXe siècle.

Bibliographie

DUCROT, Oswald, 1972, Dire et ne pas dire, Paris : Hermann

DUCROT, Oswald 1984, Le dire et le dit, Paris : Minuit

KERBRAT- ORECCHIONI, Catherine, 1986, L’implicite, Paris : A. Colin

TUTESCU, Mariana, 1998. L’Argumentation. Introduction à l’étude du discours, Bucuresti : EUB

Mohammed JADIR, Université HassanII-Casablanca, Mohammedia, Maroc, mohammedjadir@gmail.com

Intitulé : Traduire le non-dit : La traduction du non-dit : Incrémentialisation ou entropie ?

Abstract

a/ Le traducteur est-il condamné obligatoirement et systématiquement à rendre explicite ce qui est implicite dans le texte source même dans le cas où le non-dit relève d’une stratégie discursive intentionnellement visée par l’auteur ? ou b/ Doit-il procéder au ‘coup par coup’, son choix étant tributaire du contexte ? c/ En usant des formes de ‘l’adaptation’, i.e. l’incrémentialisation (l’adjonction), la substitution ou encore l’entropie (la suppression), le tradapteur (Delisle 1986) réussit-il toujours à saisir le sens voulu, voire le but communicationnel recherché par l’auteur source ? d/ Pourquoi, à l’encontre des explicitations syntaxiques et sémantiques qui ont fait l’objet de nombreux travaux (e.g. Séguinot 1989 ; Hewson et Martin 1991 parmi d’autres), l’explicitation pragmatique (ou ‘l’amplification’ en termes de Nida (1964)) n’a-t-elle pas été suffisamment explorée par les traductologues ( cf. Jadir 2012a,b,c) ?

En procédant par l’examen d’un corpus diversifié, composé d’un bon nombre exemples (source et cible) manifestant des ‘cas’ de non-dit (i.e. la Force Illocutionnaire Impliqué (FII), les connecteurs, les néologismes, la comparaison, les idiomes…), tiré de ‘contextes’ authentiques ou de textes consacrés de type différents (d’auteurs tels que Flaubert, Zola, P. Bowles, Ladmiral, etc.), nous nous attèlerons, dans la mesure du possible, à répondre aux questions susmentionnées.

Bibliographie

DELISLE, J. 1986, « Dans les coulisses de l’adaptation théâtrale ». Circuit, n° 12, p. 3-8.

HEWSON, L. et MARTIN, J. 1991, Redefining Translation : The Variational Approach. London/New York : Routledge.

JADIR, M. 2005a. La cohérence du discours en Grammaire Fonctionnelle. Le cas du texte narratif (Préface de Machtelt Bolkestein). Rabat : Editions Bouregreg.

JADIR, M. 2005b. Marqueurs de discours et cohérence du discours : le cas de car, parce que et puisque. Hermes Journal of Linguistics 34, 1-30.

JADIR, M. 2012a, « Traduire Traduire… : Une expérience traductive ». Revue SEPTET Des mots aux actes n° 3, « Jean-René Ladmiral : une œuvre en mouvement ». Perros-Guirec : Éditions Anagrammes, p. 115-139.

JADIR, M. 2012b, « ‘L’Atelier du traducteur’ : Source de connaissance et d’interaction sociale ». Revue Idioma n° 22, « Rapprochements : La traduction, paradigme de la communication interculturelle». Bruxelles : Francisco Ferrer, Imprimerie Les Editions Européennes, p. 115-139.

JADIR, M. 2012c, « Traduire la traductologie : problème de terminologie (français/arabe)? ». In Berbinski Sonia, Dan Dobre & Anca Velicu (eds.), Langage(s) et traduction. Bucuresti: Editura universitatii, 289-304.

LADMIRAL, J.-R. 1979, Traduire: théorèmes pour la traduction. Paris : Payot (coll. Gallimard tel, 2002) [Trad. arabe : t-tanḍīru fī t-taržama (التنظير في الترجمة), Trad. et introd. Jadir, M., préf. Ladmiral, J.-R. 2011. Organisation Arabe pour la Traduction, Beyrouth].

LADMIRAL, J.-R. 2014, Sourcier ou cibliste. Paris : Les Belles Lettres.

NIDA, E.A., 1964, Towards a Sciences of Translation. Leiden : Brill.

SÉGUINOT, C. 1989, « The translation process : An Experimental Study » In Séguinot (ed.), The Translator Process, Toronto : HG Publications.

Esmeralda KROMIDHA, Université de Tirana, Albanie,  aldanushi@yahoo.fr

Intitulé : Interprétation du dit et du non-dit dans les guides

Cette communication sera l`objet d`étude de l`interprétation du dit et du non –dit dans le discours touristique  à partir d`une étude des guides touristiques. Dans un premier temps, nous allons analyser quelques traits du  guide touristique comme genre discursif.

Considérant ainsi le guide touristique comme un genre discursif nous allons nous concentrer dans un deuxième temps aux procédés du discours évaluatif- incitatif présentés dans ce genre.

Le guide touristique du XXI siècle n`est pas seulement un discours purement descriptif ou informatif car il ne peut se contenter d`être une simple description d`un paysage à découvrir, il doit aider à ouvrir de nouveaux yeux sur l`Ailleurs, sur le lieu à visiter. Notre corpus de travail sera constitué de deux guides sur l`Albanie : l`un traduit de l`albanais vers le français  et l`autre publié en français  avec auteur français.

Notre hypothèse est que des situations interculturelles placent le lecteur du guide dans un univers inconnu (ou méconnu) dans lequel nombre de repères s`estompent par le non –dit.

Seoane (2013) souligne que le «  paysage«  devient un enjeu primordial dans un guide touristique. Il ne s`agit pas seulement du paysage visible, qui suppose une position d`observateur, au sens étymologique du terme, mais du paysage perçu, qui, lui est d`ordre de la représentation, une « vue de l`esprit«  et qui devient « partis pris« .

A travers l`interprétation du dit et non –dit des guides sur l`Albanie nous allons montrer comment ce paysage, cette construction mentale est préconstruit avant même d`être vu. Cette analyse interactionnelle  nous permettra de découvrir un discours relativement conventionnel et certaines fois stéréotypé.

Bibliographie

BAIDER F., BURGER M., GOUTSOS D., (2004), La communication touristique: Approches discursives de l`identité et de l`altérité, Paris, L`Harmattan.

GELLERAU M., (2005), Les mises en scène de la visite guidée : Communication et médiation, Paris, L`Harmattan.

SEOANE A., (2013), Les mécanismes énonciatifs dans les guides touristiques : entre genre et positionnements discursifs, Paris, L`Harmattan.

Koussay KAJO, Université Lyon 2, France, kajo778@hotmail.com

Intitulé : Les expressions figées en français

Dans le domaine de la traduction et suite à nos études de master 2 portées sur les expressions figées, nous intéressons dans ce travail,  à explorer le terrain de figement avec tous ses aspects ambigus. Ainsi que le facteur culturel engendrant des visions différentes du même monde dans deux codes linguistiques hétérogènes et par conséquent, des différences langagières parfois difficiles à traduire dans d’autres langues cibles. Une lacune que nous aurons pour objectif de la combler et participer aux efforts envisageant une opération traduisante pertinente et authentique. De ce fait, nous essaierons de révéler la question polémique du figement dans notre étude.

Il nous paraît incontournable d’aller dans notre étude dans deux voies parallèles : l’une linguistique et l’autre extralinguistique pour bien cerner la question. Autrement dit, nous essaierons,  après avoir abordé la notion du figement, de décrire et définir ces expressions, les distinguer des autres expressions libres, les classer syntaxiquement et sur une échelle de figement puis leur conférer des caractéristiques pertinentes. Donc, faire une étude comparative visant les expressions figées et les expressions libres nous permettra, entre autres, de comprendre le fonctionnement de ces expressions dans le système dit la langue.

En effet, il importe aussi d’étudier le degré de figement qui influence d’une manière cruciale la nature de la suite figée, y compris, les propriétés transformationnelles et sémantiques de cette suite figée.

Quant au côté extralinguistique, nous mettrons en question les aspects non linguistiques tels que les sources et les motifs des expressions figées et bien d’autres.

Par ailleurs, nous travaillerons dans un espace théorique qui analysera ce phénomène appelé «figement » et éclairera les différentes caractéristiques liées à cette notion telles que l’opacité sémantique, l’irrégularité syntaxique, la non composionalité du sens, la polylexicalité, etc.

Il faut bien noter que les difficultés liées aux expressions figées, surtout sur le niveau sémantique, ne concernent pas seulement les locuteurs étrangers d’une langue mais également les locuteurs natifs de la même langue. Ce problème sémantique  s’attache évidemment à la non compositionalité du sens qui provoque l’incompréhension d’une expression figée et conduit par la suite à une mauvaise interprétation gênant la cohérence de l’intégralité du contexte.

Mais c’est un problème que l’on ne rencontre pas dans toutes les expressions figées puisqu’il y en a d’autres qui sont compréhensibles et traduisibles littéralement comme nous le verrons dans notre étude.

Pour toutes ces raisons, nous espérons que cette étude offrira une vision relativement exhaustive de la problématique des expressions figées.

En conclusion, il importe de dire que la question des expressions figées s’avère l’une des difficultés les plus importantes et son importance est d’une double valeur : la première, c’est que ces expressions n’obéissent pas souvent ni aux normes de la langue ni à la compositionalité sémantique habituelle chez celles libres.

De plus, ces expressions reflètent toute une culture d’une société, sa pensée, ses coutumes et son histoire.

Donc, pour se déclencher dans la traduction de ces expressions, il importe pour un traducteur qu’il ait toutes les armes nécessaires linguistiques et extralinguistiques pour transposer un message d’une langue à une autre, qu’il conjugue tous ses compétences aux univers divers des deux langues. Autrement dit, il s’agit non seulement de faire l’inventaire des correspondances possibles en puisant dans le stock linguistique de la langue cible, mais aussi de faire preuve de discernement et de créativité pour faire le choix d’une équivalence susceptible de rendre compte de tous les éléments mentionnés pertinents pour la restitution du sens.

Bibliographie :

AL-ASKARI Aby Hilal, Jamharatu L`amṯāl « جمهرة الأمثال ,volumes 1,2. 1re édition. Beyrouth : La maison des livres scientifiques, 1988.

http://www.jazirah-chair.com/?p=188 (07/06/2011)

Al-Munğid fī lluġati l-‘arabyyati l-mu‘āsirati, Le Mounged de l’arabe moderne: dictionnaire arabe-arabe. 1re édition. Beyrouth : Dar Al-machreq, 2000.

DICHY Joseph. Sens des schèmes et sens des racines en arabe : le principe de figement lexical (PFL) et ses effets sur le vocabulaire d’une langue sémitique. (in L. Panier et S. Rémi-Giraud, éds., la polysémie ou l’empire des sens. pp. 263-285. Lyon : Presses Universitaires de Lyon, 2002. www.concours-arabe.paris4.sorbonne.fr/cours/dichy.doc).

EL-HANNACH Mohamed. Remarques sur les expressions figées de l’arabe. Linguistica Communicatio III:1 Fès : Faculté des lettres, 1991.

GROSS Gaston. Les expressions figées en français : noms composés et autres locutions, Ophrys, 1996.

HAJJAR Joseph N. Mounged des proverbes : sentences et expressions idiomatiques, français-arabe, arabe-français. Beyrouth : Dār al-Machriq, 1983.

KRISTEVA Irena. Pour comprendre la traduction. Paris : l’Harmattan, 2009.

MEJRI Salah, CLAS André (dir.). « Figement et traduction : problématique générale ». Dans Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators’ Journal, Volume 53, numéro 2, juin 2008, p. 244-252. Montréal : Les Presses de l’université de Montréal, 2008. http://www.erudit.org/revue/meta/2008/v53/n2/018517ar.html (06/06/2001).

MINKO-MI-NSEME Sylver Aboubakar, sous la direction de J.Dichy et M. Hassoun. Modélisation des expressions figées en arabe en vu de la constitution d’une base de données lexicale. Lyon : Université Lumière Lyon2, 2003.

REIG Daniel. As-sabil : dictionnaire arabe-français, français-arabe. Paris : Libraire Larouss, 1983.

Mohand Ou Yahia KHERROUB, Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, Algérie, kheryaya@yahoo.fr

Intitulé : Traduire l’implicite : une difficulté multidimensionnelle »

La traduction de l’implicite est l’un des défis les plus posés au traducteur, qu’il soit littéraire ou non. Ce qui rend ce même implicite plus complexe, plus difficile à cerner et, donc, plus difficile à rendre dans une autre langue est, entre autres, le fait qu’il se présente sous plusieurs formes et se « cache » dans plus d’une dimension. En effet, si l’on analyse les différentes formes de l’implicite que l’on retrouve dans le discours, l’on constatera qu’elles ne relèvent pas d’un même domaine, n’appartiennent pas toutes à une même catégorie : l’implicite consistant en figures de styles telles que l’ironie, la métaphore, la périphrase, l’hyperbole, par exemple, relève de la rhétorique et de l’énonciation, le présupposé, relève de la langue, le sens conventionnel des expressions figées relève des faits culturels, le symbolisme peut être assigné à l’idéologie ou aux convictions personnelles de l’auteur…

Mais, le traducteur est-il toujours conscient de ces formes-là et de leurs variations ? Se pose-t-il la question sur l’origine de l’implicite qu’il a à traduire pour qu’il en comprenne mieux la nature ? En comprendre la nature, justement, est-il un élément garantissant une traduction optimale voire fidèle ?

L’implicite ne constitue pas une contrainte pour la traduction uniquement durant la phase de la réception. La phase de restitution, elle aussi, ne s’en trouve pas épargnée : le traducteur, même s’il arrive à saisir l’implicite, trouve souvent du mal à en reproduire la même forme, le même effet dans la langue-cible. Quelle stratégie devrait-il alors adopter en vue de traduire fidèlement l’implicite ? Que doit faire le traducteur pour que le poids de l’implicite du texte-source, sa beauté, sa « profondeur » … soient reconduits dans la traduction ?

Pour répondre à ces questions, nous avons choisi de procéder à l’analyse de « Nedjma », une œuvre monumentale d’un écrivain algérien éminent d’expression française, Kateb Yacine. Il s’agit d’un roman plein de rebondissements, regorgeant de figures de style, où la dimension symbolique est partout présente … bref, une œuvre où la présence de l’implicite est assez importante.

Enfin, nous suggérerons des traductions des différentes tournures implicites tirées de « Nedjma » et ce, à la lumière de différentes approches traductologiques, dont la théorie interprétative de l’E.S.I.T.

Notre objectif est de comprendre la nature de l’implicite, les formes qu’il prend dans le discours et de proposer une manière de traduire qui permette d’éviter la déperdition de sens, une manière qui puisse restituer l’implicite avec tous ses aspects : esthétique, affectif, sémantique, idéologiques, culturel, etc.

Bibliographie :

DUCROT, Oswald, Parsi, 1972, Dire et ne pas dire, éd. Hermann.

DUCROT, Oswald, Paris, 1984, Le dire et le dit, éd. Hermann.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine, Paris, 1998, L implicite, deuxième édition, Armand Colin.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine, Paris, 1999, L’énonciation, deuxième édition, Armand Colin.

Soufian AL KARJOUSLI, SUPELEC/ Saint-Cyr Coëtquidan, France, soufianalkarjousli@yahoo.fr

Intitulé : La traduction ou non des non-dits du texte coranique

La traduction s’avère particulièrement cruciale quand elle concerne un texte pris comme référence par les Musulmans du monde entier. La majorité de ceux qui n’ont pas pour langue maternelle l’arabe doivent en effet s’appuyer sur des traductions et des interprétations de seconde main qui influencent nécessairement leur compréhension du ce texte coranique sur tout par leurs traductions ou non des non-dits coranique. Les enjeux du choix de la traduction ou non de ces non dites  de ce texte coranique  nous semblent donc décisifs surtout pour la compréhension actuelle du texte coranique et les orientations philosophiques et religieuses de la pensée musulmane dans le monde francophone pris à titre d’exemple. Nous allons repérer quelques-unes de ces non-dits qui ont étaient tantôt dites par la traduction tantôt non dites à travers ces traductions. Nous serons particulièrement attentives à la place et à la fonction linguistique, idéologique voir politique de ces non-dits que ce soit à travers les langues sémitiques dont l’arabe coranique ou à travers ces traductions en français.

George KUPARADZE/Tsiuri AKHVLEDIANI, Université d’Etat de Tbilissi, Géorgie, tsiuriakhvlediani@yahoo.com; gkuparadze@yahoo.com

Intitulé : Caractéristiques typologiques de l’intonation des langues non-apparentées (le français, l’anglais, le russe, le géorgien)

La comparaison des niveaux suprasegmentaires des langues non-parentées nous permet de constater des ressemblances et des dissemblances qui existent entre ces langues. D’une part, cela sert au développement des recherches typologiques des langues qui ne doit pas se limiter de l’étude des langues génétiquement parentées, d’autre part, à la description des transferts interlinguaux révélés d’après les recherches contrastives, qui crée des conditions préliminaires pour prévenir et diagnostiquer les fautes de prononciation, élaborer les recommandations méthodiques et didactiques respectifs,  mettre en place un enseignement progressiste, les méthodes adéquates  afin de réduire au maximum les fautes de prononciation.

Nous avons étudié les intonations de trois types de phrases (1. Phrase énonciative, 2. Phrase interrogative, 3. Phrase impérative) dans les langues française,  anglaise, russe et géorgienne.

Notre recherche est expérimentale et est faite d’après le Programme Praat. Des contours d’intonation sont fixés pendant la communication des personnes participant à l’expérience (6 personnes par langue dont trois hommes et trois – femmes, car les diapasons et les registres  des hommes et des femmes sont différents): par des spectrogrammes, par des oscillogrammes, par des intonogrammes. Puis nous avons reparti les données des contours aux niveaux intonatifs.

Niveaux intonatifs : I. le niveau le plus bas (le plus souvent indique la fin de la phrase), II. le niveau 2 est niveau normal d’attaque de la voix (départ, ton normal), III. le niveau élevé (le plus souvent, il est l’indice du sommet de hauteur de la phrase énonciative), IV. le niveau le plus élevé (le plus souvent, il est l’indice du sommet de  hauteur de la phrase interrogative et impérative).

Comme nous avons remarqué, dans les langues citées (le français, l’anglais, le russe, le géorgien), en principe, les configurations des contours mélodiques se coïncident, bien que dans les certains cas, issu du système mélodique de la langue, quelques particularités soient révélées. A propos du problème des convergences/divergences, il y a des débats tendus même aujourd‘hui entre les phonéticiens professionnels ce qui prouve que  la langue et la société sont  indivisibles.

Bibliographie

AKHVLEDIANI G. Phonétique générale (en géorgien), Tbilissi, Université d’Etat de Tbilissi, 2005.

BRIZGUNOVA E. L’intonation (en russe), Moscou, Nauka, 1980.

LEE W. An English Intonation Reader. London, Macmillan, 1960.

ROSSI M.  L’intonation: le système du français. Paris, Sage Publications, 1999.

Eva LAVRIC, Université d’Innsbruck, Autriche, eva.lavric@uibk.ac.at

Intitulé : Rencontres avec le Dit et le Non-dit tout au long d’une vie de linguiste 

Dans cette communication, je chercherai à rassembler ce que me révèle ce regard bien particulier du Dit et du Non-dit dans la gamme des sujets qui ont fait l’objet de mes recherches linguistiques. A tremper mon filet dans ces eaux, ou ma louche dans cette soupe, voici donc ce que j’ai pu recueillir.

  • En sémantique référentielle, que dire pour nommer un référent, que passer sous silence ? En reprise anaphorique, comment le faire repérer par l’interlocuteur ? Dans la conversation, comment tester si l’autre a déjà compris ? Dans la déixis, peut-on montrer les objets au lieu de les décrire ?
  • En sémantique des déterminants, l’indéfini par rapport au défini n’est-il pas en quelque sorte déjà un « Non-dit », un refus d’identifier le référent ?
  • Et en sémantique contrastive, si une langue a par exemple trois démonstratifs, une autre deux, une troisième un seul, y a-t-il des choses qui se perdent dans la traduction, et d’autres qui s’ajoutent ? Des nuances de quantification ou d’identification par les indéfinis qui ne pourront être traduites ? Des effets de style qui se perdront ou s’ajouteront ?
  • En traduction et comparaison de traductions, si on tombe sur une différence de construction, un explicite qui devient implicite ou inversement, le traducteur avait-il le choix de suivre l’original ou a-t-il été obligé de changer par le fait de différences entre les langues ?
  • En discours de spécialité, quels « Dits » et quels « Non-dits » font la part entre le langage des experts et le langage de la divulgation ? Par exemple dans les dégustations de vins ?
  • En terminologie, comment expliquer, et comment enseigner des paires comme fr. service après-vente al. Kundendienst, ou fr. tiroir vs. al. Schublade?
  • Lorsque certains éléments de « schèmes » ou « frames » sont explicités dans un message et d’autres non, comment surgissent les malentendus ? Et comment s’explique l’humour ?
  • A l’interculturel, le « Non-dit » est-il responsable des fausses perceptions et des stéréotypes ?
  • Dans le discours politique, économique ou sportif, où et pourquoi trouve-t-on des euphémismes, des métaphores, des hyperboles ? Et qu’est-ce qui est systématiquement passé sous silence ?
  • Dans les politiques linguistiques des entreprises, quelles sont les langues qui sont prises en compte ? Et quelles sont les langues « oubliées » ?
  • Dans l’enseignement des langues, quels sont les faits et les règles que l’on a tendance à taire aux apprenants ?
  • Quelles sont les distinctions de la L2 qui font partie du « Non-dit » dans la L1, voir ser et estar en espagnol par rapport à l’unique verbe être de nombreuses langues ?
  • Qu’est-ce qui empêche les élèves de parler dans la langue cible ? Et qu’est-ce qui les y invite ?
  • Lorsqu’ils écrivent un texte en langue étrangère, de quelles stratégies d’évitement et autres se servent-ils pour combler ou cacher leurs lacunes ?

S’ajoute à ces rencontres avec le Dit et le Non-dit une troisième catégorie que je voudrais proposer à réflexion : le Trop-dit. On le repère par exemple :

  • dans les menus des restaurants : plus on énumère d’ingrédients, plus le plat devient cher ;
  • dans la conversation quotidienne, où des hyperboles et exagérations de toute sorte sont monnaie courante ;
  • dans les situations où l’interprète y rajoute du sien, voir la fameuse scène de Javier Marías, et où cela peut permettre de sauver la situation.

Jean-René LADMIRAL, ISIT (Institut de management et de communication interculturels de Paris)

Intitulé : Traduire le non-dit ? traduire les non-dits

Lavinia MARGEA, Université « Babeș-Bolyai », Cluj-Napoca, Faculté des Lettres, Roumanie, lavi_mrg@yahoo.com

Intitulé : Traduction et implicite culturel. À propos de la version roumaine de La Goutte d’Or de Michel Tournier

La traduction littéraire permet au lecteur d’accéder à un monde inconnu, créant un lien entre sa culture et la culture de la langue source et jouant ainsi un rôle de pont interculturel. Dans cette présentation nous allons aborder les problèmes soulevés par la traduction du roman La Goutte d’Or de Michel Tournier en relation avec le concept d’implicite culturel. Par le thème traité, ce discours romanesque est un exemple typique d’opposition entre deux cultures et implicitement entre deux mentalités. Nous proposons une analyse de la version roumaine de La Goutte d’Or en distinguant deux niveaux : celui du « monde raconté » ou de la fiction romanesque, et celui des symboles qu’elle véhicule. Nous essayerons de répondre ainsi aux questions suivantes : « comment ces symboles sont exploités par l’auteur pour marquer le décalage culturel ? » et « quelle est, pour Michel Tournier, la signification de l’image? ». En nous servant du concept d’implicite culturel, nous allons mettre en évidence la différence entre l’occident sursaturé par l’image et la tradition musulmane où l’image représente le double de l’homme, et doit être dominée. Le roman parle de l’image sur un mode explicite (une photographie déclenche tout le périple du héros) mais aussi sur un mode implicite (présupposés, sous-entendus, connotations figuratives) et conduit à l’idée que la surabondance des images mène à un appauvrissement du sens. C’est l’une des clés du texte et pour le démontrer, nous nous appuyons sur les stratégies de la fiction littéraire en général. En particulier, nous allons traiter les problèmes soulevés par la traduction de quelques notions gravitant autour de l’image (sous toutes ses formes), qui mettent en évidence le décalage entre les deux cultures : la culture subsaharienne et la culture française à la fin du 20e siècle. Nous comptons mettre à profit les acquis des recherches en théorie de l’énonciation et en linguistique textuelle qui sont d’une utilité incontestable dans l’analyse de la traduction comme travail de reconstruction du sens.

Bibliographie

DUCROT, O.  − Dire et ne pas dire, 1972.

  − Le dire et le dit, 1984.

NORD, Ch. – Translating as a Purposeful Avtivity, St. Jerome Publishing, 2001.

VENUTI, L. (éd.) – The Translation Studies Reader, Routledge, 2004.

Fateh MELAKHESSOU, Souad Redouane BABA SACI, Université Mohamed Lamine Debaghine, Sétif-2, Maroc, fateh_melakhessou@yahoo.fr

Intitulé : Le non-dit dans la scénographie publicitaire, le chemin implicite royal vers une argumentation efficace

L’image publicitaire se veut originale, brève et efficace ;  raison pour laquelle, elle recourt à des scénographies visuelles : des scènes  « de parole [imagées ou textuelles] que le discours présuppose pour pouvoir être énoncé »  (D. Maingueneau, 1996: 111). Ce sont, en fait, « des situations d’énonciation de l’œuvre » (D. Maingueneau, 1993 :196) créées par le publicitaire et dont le rôle est de contribuer à transmettre efficacement le message que véhicule le discours publicitaire. Un message qui, de par sa nature persuasive, doit masquer sa finalité commerciale, son macro-acte directif dominant (G. Lugrin, 2006 :87), celui de faire-acheter le produit. Ce message multiforme, mais unique, est situé dans différentes strates du discours. Il ne se dévoile pas d’emblée, il est dissimulé, implicite, pour offrir au consommateur le plaisir de le découvrir tout seul par un acte cognitif personnel «libre » à travers différentes tournures rhétoriques, énonciatives, et autres, l’emmenant intelligemment du dit vers non-dit. C’est pour cela que le recours à la scénographie semble offrir une manœuvre paradoxale, mais doublement efficace : recourir à sa bonne dissimulation et en même temps faciliter sa bonne interprétation.

Le recours à la scénographie visuelle dans la publicité est alors une stratégie discursive qui vise à optimiser la réception de cet implicite, qu’il soit présupposé ou sous-entendu, à travers la possibilité d’activer différents types de scénarios qui viennent de la vie quotidienne ou alors de l’intertexte littéraire, médiatique,  ou autre. En effet, ces scénarios proposent un certain parcours interprétatif se voulant actualisateur d’un implicite persuasif basé sur une stratégie argumentative qui permet de raconter, d’impliquer, de renseigner et de convaincre le récepteur en quelques secondes, le temps, aussi, d’instituer les compétences nécessaires au décryptage et à l’interprétation de l’implicite, du vouloir dire. Un dit dont le sens

[…] n’est pas déterminable directement à partir de la forme de surface qui le manifeste. Il faut procéder de façon médiate, par le biais d’entités construites et de règles de manipulation de ces entités. En bref, le sens des énoncés sera « calculé » à partir de valeurs sémantiques « profondes » (J-C Anscombre, 1995)

Nous essayerons, à travers quelques images publicitaires à dominante imagée, collectionnées principalement de quelques sites internet pour le besoin de l’étude: 1) de montrer dans un premier temps comment les deux types d’implicite : le présupposé et le sous-entendu, deux types facilement séparés dans le cas des énoncés textuels (K. Orecchionni, 1986), agissent comme deux niveaux interprétatifs interdépendant et intimement liés dans le cas de la scénographie publicitaire imagée. 2) de proposer, à partir des deux plans sémiotiques élémentaires de tout type de langage, en l’occurrence la forme et le fond, un parcours interprétatif basé sur quatre niveaux de lecture et d’interprétation menant tout spectateur d’une image publicitaire vers l’actualisation de son implicite argumentatif. 3) de proposer un certain type de repérage du sous-entendu basé non seulement sur le contexte et le savoir encyclopédique (Maingueneau ; Orecchionni ; Anscombre), mais aussi sur la situation d’énonciation extérieure réelle.

Bibliographie :

ANSCOMBRE, J-C., « La théorie des Topoï : sémantique ou rhétorique ? », Hermès, La Revue, 1995/1 n° 15, p. 185-198.

GRIZE, J-B., Logique naturelle et communications. Paris, Presses Universitaires de France, 1996

KERBRAT-ORECCHIONI, C., L’implicite, Paris, A. Colin, 1986

LUGRIN G., Généricité et intertextualité dans le discours publicitaire de la presse écrite, Bruxelles, Peter Lang, 2006

MAINGUENEAU, D., Le Contexte de l’œuvre littéraire. Énonciation, écrivain, société, Paris, Dunod 1993

Anca MILU-VAIDESEGAN, Université de Bucarest, Roumanie, amilvaides@yahoo.com

Intitulé : Valences inférentielles des expressions figées à noyau lexical [parties du corps] en portugais brésilien et leurs correspondances traductives en français et en roumain

Notre communication envisage une étude comparative, du point de vue traductologique, des versions française et roumaine du roman Tocaia Grande de l’écrivain brésilien Jorge Amado. L’objet de toute  démarche traductive est le texte en tant qu’activitée discursive, communicationnelle, interprétative. Le sens textuel, en tant qu’objet de l’interprétation du traducteur ne comprend pas la somme des significations linguistiques de ses éléments constitutifs, mais la valeur gagnée par celles-ci dans le discours, dans l’acte énonciatif, en tant que résultat de leur relation contextuelle. La compétence lingustique et traductologique est étroitement liée à la maîtrise du domaine de la phraséologie. A part la reconnaissance des locutions stéréotypes – par un découpage adéquat, par la connaissance du sens, par l’identification des registres de langue, il faut aussi déceler leur valeur fonctionnelle, stylistique, rhétorique dans la construction globale du sens. La notion de stéréotypie est étroitement liée aux expressions figées, vu que la valeur expressive des locutions « signifiantes » ou « conceptuelles » réside dans les images qu’elles contiennent. Une unité phraséologique peut avoir comme correspondant, dans une autre langue, une formule identique, une autre semblable ou tout à fait différente et qui reflète ou non des visions divergentes sur le monde, en respectant la spécificité culturelle, sociale et linguistique de chaque peuple.

Nous nous proposons par la suite d’analyser d’un côté, la portée intentionnelle des expressions figées à noyau lexical [parties du corps] dans le texte brésilien et de l’autre côté, les divers modalités de réalisation du décryptage des implicites énonciatifs, en passant d’une langue à l’autre:

BR: entravam por um ouvido saiam por outro.

FR: (tout cela) entrait par une oreille et sortait par l’autre.

RO: îi intrau pe o ureche și îi ieșeau pe cealaltă.

Le cadre méthodologique de notre recherche suit le modèle de traduction des unités phraséologiques proposé par Christopher Gledhill et les études sur les expressions figées de Charlotte Schapira et Gaston Gross.

Bibliographie

BATISTA DA SILVA, Moisés (2006), Uma Palavra Só Não Basta:Um Estudo Teórico Sobre As Unidades Fraseológicas, Rev. De Letras, nº 28, vol.1/2.

GLEDHILL, Christopher (1994)b. La Phraséologie et l’analyse des genres textuels. L’exemple des formules rhétoriques dans Le Monde. Aston Papers in Language Studies and Discourse Analysis 2 (Series Editor John Gaffney). Birmingham : Aston University Publications.

GROSS, Gaston (1996), Les expressions figées en français. Noms composes et autres locutions, Editions OPHRYS, Paris.

SCHAPIRA, Charlotte (1999) Les stéréotypes en français. Proverbes et autres formules, Editions OPHRYS, Paris.

Megi MCHEDLISHVILI, Tsiuri AKHVLEDIANI, Université d’Etat de Tbilissi, Géorgie, mchedlishvilimegi@yahoo.com

Intitulé : Le rôle de la communication phatique dans l’interaction (le français et le géorgien)

La notion du discours phatique est associée à être en contact avec quelqu’un, à établir une interaction et à échanger les idées.  On l’utilise aussi pour exprimer les idées. La fonction phatique de B. Malinowski peut donner lieu à l’échange des formules ritualisées dans les dialogues entiers, dont le but essential est à continuer le discours. P.ex.: “allô, vous m’entendez?- pour attirer l’attention de l’interlocuteur et préciser que la fonction phatique désigne “la tendance de se connecter qui précède la capacité d’exprimer les messages pendant une information”.

La notion de la communication phatique est aussi basée sur la théorie des principales de la politesse et elle est conçue comme l’établissement des liens sociaux.

Aujourd’hui l’atmosphère de l’Internet est l’exemple parfait de la communication phatique. L’entrée des participants au discours est souvent ritualisée qui donne aux interlocuteurs la possibilité de s’impliquer. Il faut désigner que la communication phatique apparaît chaque jour au lieu du travail. Le récipient reçoit les salutations pour commencer et finir le discours téléphonique. La majeure partie de notre travail quotidien est pleine des moments de la communication sociale. Les uns ne sont pas ravis d’avoir le discours insensé, mais les autres sont enchantés du rituel quand ils essaient d’éviter la conversation basée sur les faits importants.

Il est à noter que la communication est considérée comme une action. La communication est le procès langagier de deux ou plus de personnes pendant lequel on échange l’information. Quant au terme “le discours” il était utilisé pour désigner le type langagier de l’interaction qui est réalisé au cours de la présence face à face. Ainsi, on peut différencier “le discours sur le temps”, “le discours familier”, “le discours téléphonique ”et “le discours normal”.

Bibliographie

SMITH, A., (2007), L’expression fonction phatique en français et en allemand : du concept de phaticité au pilotage du coénonciateur à l’aide des expressions phatiques, Thèse de Doctorat, Nancy 2, 307p.

TRUDGILL, P., (1974), Sociolinguistics: an Introduction, Middlesex, England, Penguin Books 189p.

TSERTSVADZE, N., (2004), ფატიკური კომუნიკაცია და მისი ტიპოლოგია იტალიურ ენაში (La communication phatique et sa typologie en italien), Tbilissi, Édition “Tbilisi” 148p.

GORDON, E., (1997), Sex, speech and stereotypes: Why women use prestige forms more than men, in Language and Society, 26, pp. 47-63

Ileana MIHAILA, Université de Bucarest, Roumanie,  ileanamihaila59@gmail.com

Intitulé : Les Dits et les Non-dits langagiers dans le roman « Pas pleurer » de Lidia Salvayre

Roman étrange, ayant été néanmoins couronné par le Prix Goncourt 2014, le roman de Lydie Salvayre retrace avec vigueur linguistique les généralement non-dits de l’année 1936 dans la province profonde d’une Espagne déchirée entre la République et la Guerre civile. L’ouvrage se construit son propre langage, un mélange étrange franco-espagnol, qui embrasse parfaitement les mémoires d’une nonagénaire réfugiée en France et dont la mémoire capricieuse ne conserve que ce souvenir fulgurant. Afin de soumettre à l’épreuve de l’Histoire les souvenirs de sa mère, la narratrice les reflète dans un autre récit, celui de Georges Bernanos, lui-même témoin des événements, présent dans le texte avec des larges citations des Grands cimetières sous la lune. Ainsi, les dits et les non-dits sont doublés par des dits, mais pas vraiment dits, car interdits aux non-connaisseurs. Le langage couvre et découvre en même temps le message, par ces jeux langagiers.

Bibliographie

DUCROT, Oswald (1988), Le dire et le dit, Paris, Minuit.

MAINGUENEAU, D., Le Contexte de l’œuvre littéraire. Énonciation, écrivain, société, Paris, Dunod 1993

Lidia SALVAYRE, Pas pleurer, Seuil, Paris, 2014

Georges BERNANOS, Les grands cimetières, Plon, Paris, 1938

Luisa MESSINA,  Université de Palerme, Italie,  luisamess84@libero.it

Intitulé : Il linguaggio cinematografico francese

Il linguaggio cinematografico francese possiede le tipiche caratteristiche che contraddistinguono i linguaggi specialistici. L’analisi del linguaggio cinematografico francese ci consente di affermare che i nomi costituiscono il 37% (in prevalenza nomi derivati da verbi) dei lemmi facenti parte del lessico cinematografico francese e che il principale processo morfologico risulta la suffissazione (74%). Al fine di convalidare quest’ultima tesi, sono stati presentati e analizzati estratti dai “Cahiers du cinéma”, importante mensile di critica cinematografica francese, che ha accompagnato lo sviluppo del cinema francese ed europeo moderno.

Dall’analisi effettuata emerge che la maggior parte dei lemmi cinematografici non è altro che un insieme di neologismi semantici provenienti dalla lingua standard francese e da vari campi (teatro, letterature, scienze, musica) e che solo una minoranza dei termini cinematografici è rappresentata da prestiti adattati e non adattati (quasi esclusivamente prestiti dall’anglo-americano) e da parola create esclusivamente per il cinema (ad esempio, contenenti la parola cinéma e la sua abbreviazione ciné). Il lessico cinematografico francese, pur riadattando prevalentemente il lessico appartenente alla lingua standard e ad altre discipline, si arricchisce continuamente in sintonia con le nuove innovazioni artistiche e tecniche.

Bibliografia

BECCARIA G. (A CURA DI), DIZIONARIO DI LINGUISTICA, TORINO, EINAUDI, 1994.

DE MAURO T. (a cura di), Studi sul trattamento linguistico dell’informazione scientifica, Roma, Bulzoni, 1994 e Marina De Palo, “L’incidenza dei linguaggi tecnico-scientifici nel lessico francese”, in T. DE MAURO (a cura di), Studi sul trattamento linguistico dell’informazione scientifica, Roma, Bulzoni, 1994.

D’HUGUES P., “La langue du cinéma”, in Gérald Antoine, Bernard Cerquiglini (a cura di), Histoire de la langue française, Vol. III 1945-2000, Paris, CNRS, 2000.

LAURIAN A.-M., “Le vocabulaire des techniques. Deux témoins”, in Gérald Antoine, Robert Martin (a cura di), Histoire de la langue française, Vol. I 1880-1914, Paris, CNRS, 1999.

Oana MOLDOVEANU, Université de Bucarest, Roumanie, oana.i.moldoveanu@gmail.com

Intitulé : Le discours visuel publicitaire : l’implicite comme fil conducteur du mécanisme interprétatif

A travers cet article, nous nous proposons d’approcher le thème de l’implicite dans le discours visuel publicitaire, pour voir quel est son fonctionnement dans ce type particulier de discours et de quelle manière il influence le travail interprétatif du récepteur. Nous mettrons en exergue, en les étayant sur des publicités parues sur support papier, les notions de posés/présupposés/sous-entendus, compétence encyclopédique, dénotation/connotation, topoï, syllogisme/enthymème.

Bibliographie

AMOSSY, R., L’Argumentation dans le discours, 2006, Armand Colin, Paris

DUCROT, O., Dire et ne pas dire, 1991, Hermann, Paris

DUCROT, O., Le Dire et le dit, 1984, Editions du Minuit

KERBRAT-ORECCHIONI, C., L’Implicite, 1986, Armand Colin, Paris

MARTIN, R., « Flou. Approximation. Non-dit », in Cahiers de lexicologie, no 50, 1987 – 1, pp. 165-175, Didier Erudition

Vincent NYCKEES, Université Sorbonne Paris Cité Diderot (Paris 7)& UMR CNRS 7597, nyckees@wanadoo.fr

Intitulé : L’Empire du non-dit : les lieux et modes d’inscription de l’implicite dans la signification linguistique

On a coutume en linguistique de présenter l’implicite comme un phénomène essentiellement discursif, à compte de locuteur, et comme une sorte de dit oblique ou indirect prenant sens par rapport au dit véritable. Sans nier l’existence de cet implicite optionnel, je m’attacherai à montrer combien ce qui est dit est structurellement dépendant de ce qui n’est pas dit et à repérer les principaux modes d’inscription d’un implicite structurel dans le fonctionnement linguistique et le devenir des langues.

Bibliographie

– DUCROT, Oswald (1980), Dire et ne pas dire : Principes de sémantique linguistique, 2e éd., Paris, Hermann.

– DUCROT, Oswald (1988), Le dire et le dit, Paris, Minuit.

– KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine (1986), L’Implicite, Paris, Armand Colin.

– VION, Robert (2002), La communication verbale : Analyse des Interactions, Paris, Hachette.

Mahamadou Lamine OUEDRAOGO, Université de Koudougou, Burkina Faso,  ouedlam2000@yahoo.fr

Intitulé : Modalités discursives et pathémiques du silence de douana dans La Noire de…, film de Ousmane Sembène

Mots clefs : discours, film, pathos, silence

La Noire de… est un long métrage réalisé en 1966 par Ousmane Sembène. Il y est question de Douana, une jeune fille africaine employée pour s’occuper des enfants d’un couple français résidant à Dakar. Quand le couple décide de retourner en France, la patronne veut que la fille vienne avec lui. Une fois en France, Douana se voit affectée tous les travaux domestiques. Déprimée, elle se réfugie dans le silence et finit par trouver la libération en se suicidant dans la baignoire. Cette étude se propose d’examiner les modes sous lesquels le silence de Douana détermine une stratégie discursive implicite et participe de l’écriture d’un parcours pathémique. L’exploration de la problématique ainsi posée convoquera les sémiotiques discursives et tensive. De type psycho-linguistique, interactif et socioculturel, le silence s’actualise par différentes formes marquant sa discursivité. Comme mutisme, il traduit une grève de la parole symptomatique de la révolte et de la « franco-aphonie » de Douana. Comme monologue intérieur, il est murmure. Ce murmure caractérise le dialogue impossible entre la servante et l’employeur et au-delà, entre le colonisé et le colonisateur, la colonie et la métropole, l’Afrique et l’Occident. Ce silence, paramètre du logos, nourrit également le pathos en ce sens que le parcours thymique de Douana est le passage de l’enthousiasme à la dépression, de l’euphorie à la dysphorie. La vie est ainsi le lieu de la phorie dont le contraire (l’aphorie) est figurativisé par la mort. Le schéma pathémique donne à voir le parcours passionnel de Douana de l’espoir au désespoir. La constitution pose le style tensif du film et définit Douana comme sujet pathémique. Vouloir être domestique chez des Blancs, devoir être bonne à tout faire, ne pas pouvoir être libre et ne pas savoir être heureuse sont les modalités qui fixent la disposition. La pathémisation et l’émotion fonctionnent avec les pathèmes /solitude/, /dégoût/, /désobéissance/, /pleurs/. La transformation passionnelle de la domestique se clôture par le suicide libérateur qui apparaît comme moralisation, évaluation qualitative et quantitative. Le rapport pathos/logos définit une tension entre la thymie (intensité affective) et le langage (extensité discursive) qui trace le schéma de l’ascendance de Douana.

Bibliographie

  1. BRUNEAU THOMAS, ACHAZ Francine, 1973, « Le silence dans la communication », Communication et langages, n°20, pp. 5-14.

IMBERT GERARD, 1982, « Stratégies discursives et non-dit dans les discours de la presse – A propos de « El País » », Mélanges de la Casa de Velázquez. Tome 18-1, pp. 361-379.

DENISE CLICHE, 1993, « Du côté de chez Clément », Voix et Images, vol. 18, n° 2, (53), pp. 313-325.

ABLALI, D. et DAUCARD, D. (2009) : Vocabulaire des études sémiotiques et sémiologiques, Paris, Honoré Champion éditeur.

Dorina PANCULESCU, Université Craiova, Roumanie,  panculescu@yahoo.fr

Intitulé : L’Implicite  explicatif dans des productions écrites des étudiants roumains en FLE

Notre approche concerne la description des « pratiques discursives» propres aux productions écrites de nos étudiants roumains en FLE et requises par certaines instances  institutionnelles (mémoires de licence, dissertations en master recherche). Nous y analysons la manifestation  de l’implicite discursif fondé sur l’énonciation (O. Ducrot, 1972) et non pas l’implicite linguistique (les présuppositions).

L’implicite discursif « demande, de la part du locuteur, une démarche de reconstruction de l’élément de signification implicite, un raisonnement qui s’appuie soit sur l’énoncé lui-même soit sur le contexte de l’énonciation, soit sur l’un et l’autre à la fois » (Meunier et Peraya, 2010 : 112).

Un mémoire de recherche est caractérisé par le respect de la structure générale du macro-type textuel de type argumentatif (J. M. Adam, 1992). On y expose une « problématique » qui passe par le choix d’une « question principale » (Beaud, 2006)

Les « unités de discours » de type explicatif sont des groupes d’énoncés qui tiennent à un niveau de textualisation intermédiaire, suivant l’hypothèse que tout texte est caractérisé par la complexité et l’hétérogénéité des articulations discursives-textuelles (Adam, 1990, Charolles, 1988) et que des niveaux de textualité locale et globale peuvent être distingués, chacun étant caractérisé par une connexité propre

Une séquence explicative doit répondre aux questions pourquoi ? et comment ? et peut contribuer à la construction d’une argumentation  solide, qui part d’un jeu d’hypothèses approprié et cohérent. Cette affirmation correspond aux modélisations proposées pour décrire la structure générale d’une séquence explicative, qui prévoit, en grand : 1.un objet complexe 2.qui fait problème 3.pour lequel on propose une explication 4.suivie d’une conclusion-évaluation (Adam, ibid. p.127 et suiv.).

.Dans les productions écrites de nos étudiants nous avons analysé l’implicite existant dans ce type de séquences et son degré d’acceptabilité.

On a pu observer trois types de réalisations textuelles :

  1. textes bien construits, qui font preuve d’un haut degré de cohésion et de cohérence : présence des opérateurs discursifs, ordre «normal » des macro-propositions correspondant à ce type d’organisation textuelle, emploi du verbe EXPLIQUER ou d’un équivalent sémantique) ;
  2. séquences acceptables (quoique elliptiques ou qui ne respectent pas l’ordre requis des macro-propositions, elles restent intelligibles par un effort interprétatif de la part du lecteur, obligé à une reconstruction inférentielle des éléments qui font défaut) et dans lesquelles nous découvrons effectivement l’implicite discursif;
  3. des séquences non acceptables (lorsque les unités textuelles deviennent incohérentes).

Nous proposons finalement des stratégies et des applications didactiques pour pallier aux défauts d’organisation textuelle que nous avons observés dans les productions écrites de nos étudiants.

Bibliographie

ADAM, Jean-Michel (1997/1992) Les Textes : types et prototypes, Paris, Nathan. Adam, Jean-Michel (1990), Éléments de linguistique textuelle, Liège, Pierre Mardaga.

BEAUD, Michel (2006), L’Art de la thèse, Paris, La Découverte.

MEUNIER, Jean-Pierre, Daniel PERAYA (2010,2-ème éd.), Introduction aux théories de la communication, Bruxelles, de Boeck.

Christian PAPAS, Université Ionienne, Grèce, chpapas@otenet.gr

Intitulé : Ne pas trahir l’auteur ou l’art de garder ses « secrets »

Dans le cadre de cette communication nous nous pencherons sur la traduction d’un dit déguisé, dissimulé qui concerne le langage des cercles secrets : les messages qu’ils veulent communiquer et les signes de reconnaissance qu’ils souhaitent laisser derrière leur passage. Les signes dans ce cas de figure ne sont pas perceptibles par tout le monde car il s’agit du langage d’une société secrète, celle de la franc-maçonnerie. Ce qui place ces signes dans la catégorie du « Dit » pour les membres de la société, capables de déchiffrer les symboles et d’accéder au sens et dans celle du « Non-dit » pour tous les autres qui représentent l’écrasante majorité du public. Ainsi nous considérerons que cette démarche s’inscrit dans le cadre du Non-dit. Hergé affirme avoir mis dans Tintin, toute sa vie, tout ce qu’il pensait, tout ce qu’il était. Aurait-il été franc-maçon lui-même ? Faudrait-il l’être pour repérer, interpréter et transférer les symboles et les allusions qui renvoient à ce monde peu connu et souvent méconnu ? Rien n’est moins sûr. La bibliographie dans ce domaine est abondante et accessible à quiconque est attiré par ce monde secret.

Le corpus analysé est constitué de deux albums d’Hergé sur les aventure de Tintin: Le secret de la Licorne, et Le trésor de Rackaham le rouge parus aux éditions Casterman et leur traduction en grec parus aux éditions Patakis & Casterman en 1999.

Il s’agit de commenter le processus traductique en comparant certains passages en langue source et leur traduction en langue cible sous le prisme de la symbolique de la franc-maçonnerie. D’ailleurs, nous justifierons cette optique à travers plusieurs éléments iconographiques tirés de ces albums qui montre clairement que ceux-ci sont imprégnés de la symbolique en question. La problématique de la démarche portera sur la pertinence des choix de traduction et leur finesse par rapport à ce que l’auteur choisit de dissimuler tout en laissant la porte de l’accès au sens d’une  lecture plus avertie au second degré à ceux, parmi les lecteurs, qui sauront utiliser la bonne clé. La combinaison de l’image et du texte au service de la transmission du sens, propre aux bandes dessinées, contribue au charme du processus et donne l’occasion au traducteur tant qu’au traductologue de relever le défi de l’approche ludique auquel nous invite cette figure emblématique de la bande dessinée francophone à travers des textes cultes qui malgré leur âge n’ont pas pris une ride.

Bibliorgaphie

BOUCHET J., 1948,  (éd.2002), La symbolique maçonnique, Editions Devry, Paris.

DUCROT O., 1984, Le dire et le dit, Editions de minuit, Paris.

DUCROT O., 1991, Dire et ne pas dire, Hermann, Paris.

ECO U., 1979, (éd.1985), Lector in fabula, Bernard Grasset, Paris.

HERGE, 1974, Le secret de la Licorne, Casterman, Paris.

HERGE, 1974, Le trésor de Rackaham le rouge, Casterman, Paris.

HERGE, 1974, (εκδ. 1999, trad. Μαρία Ανδρεαδάκη), Οι περιπέτειες του Τεντέν-Το μυστικό του Μονόκερου, Μαμουθοκομίκς, Εκδόσεις Πατάκη, Casterman, Αθήνα.

HERGE, 1974, (εκδ. 1999, trad. Μαρία Ανδρεαδάκη), Οι περιπέτειες του Τεντέν-ο θησαυρός του κόκκινου Ρακάμ, Μαμουθοκομίκς, Εκδόσεις Πατάκη, Casterman, Αθήνα.

KERBAT-ORECCHIONI C., L’implicite, Armand Colin, Paris.

REIBEL O., 2010, La vie secrète d’Hergé, Editions Devry, Paris.

Michele PAOLINI, Université  Komenského v Bratislave, Slovaquie, paolini@fedu.uniba.sk

Intitulé : La percezione e la definizione: “rosso” e “infrarosso” nei dizionari italiani

Le nostre osservazioni non ammetteranno, come punto di partenza, una distinzione dei lessemi in «parole» della lingua comune e «termini» delle lingue di specialità, perché assumiamo che essi  ̶  «parole» e «termini»  ̶  non siano per loro natura diversi intrinsecamente. Diversa invece è la loro funzione nel descrivere significati entro co-testi, contesti e circostanze.

Inoltre, seguendo una impostazione propria della semantica a orientamento peirciano (Peirce, 1986) assumiamo che tanto il definiendum quanto il definiens, essendo messaggi emessi a fini comunicativi, abbiano proprietà di carattere testuale e si inseriscano in una più ampia rete di rapporti che generano implicitazione ed esplicitazione dei significati. Su di essi il destinatario è chiamato a operare decodificazioni e disambiguazioni, insomma a svolgere il lavoro dell’interpretazione (Eco 201312  [1979]). Egli, quando riceve un messaggio definitorio, mette in attività una sua precisa prerogativa alla cooperazione  testuale, che gli permette di situare il messaggio in modo (per lui) appropriato in un “sistema di codici e sottocodici provvisti dalla lingua in cui il testo è stato scritto e dalla competenza enciclopedica a cui per tradizione culturale quella stessa lingua rinvia” (Eco 201312  [1979] : 77).

1. In questa prospettiva, secondo Umberto Eco, dare una definizione “significa specificare le operazioni da compiere per realizzare le condizioni di percepibilità della classe di oggetti a cui il termine definito si riferisce” Eco 201312  [1979] : 152). Lo stesso Eco ci sembra proporre osservazioni che propiziano ulteriori approfondimenti sul tema  ̶  discusso inizialmente da Haiman (1980) e altri  ̶  della demarcazione (problematica) tra definizione lessicografica e scientifica. Eco infatti scrive: “io bevo acqua (chiara, dolce, fresca, inquinata, calda, frizzante che sia) ma nel momento in cui voglio paragonarla ad altri composti chimici la riduco a una formula di struttura” (Eco 201312  [1979] : 152). Egli pare così evocare un meccanismo di commutazione di codici o sottocodici, necessariamente presente a livello di ogni singolo parlante e coincidente con tipologie di fruizione/locuzione diverse anche per i livelli di competenza coinvolta: fruizione/locuzione ingenua (acqua chiara, dolce, fresca ecc., per noi F/Li) versus fruizione/locuzione esperta (formula di struttura H20, per noi F/Le).

2. Questa dinamica si propone, in modo secondo noi stimolante, nel caso delle definizioni di lessemi come “rosso” e “infrarosso”, apparentemente vicini dal punto di vista semantico. In questo caso, infatti, ciò che li differenzia è non soltanto una modalità di fruizione (ingenua vs. esperta), ma anche una diversa modalità percettiva, stante il fatto che il lessema “infrarosso” ha come referente una realtà che non può essere percepita attraverso la visione, e qui la definizione scientifica sembra imporsi senza alternative, mentre il lessema “rosso” esemplifica nelle sue definizioni uno dei caratteri semantici tipici del lessico, che nel caso dei colori attribuisce agli oggetti proprietà cromatiche che essi, sotto il profilo scientifico, non hanno: in fisica il colore non è proprietà dell’oggetto ma una lunghezza d’onda. In questo secondo caso si ha divergenza nelle definizioni: la definizione lessicografica assume come propria epistemologia  il senso comune, mentre la definizione scientifica assume come επιστήμη la fisica, con il suo diverso apparato di formalizzazione del discorso.

Bibliografia

ECO, U. (201312, [1979]): Lector in fabula. La cooperazione interpretativa nei testi narrativi. Milano : Bompiani.

HAIMAN, J. (1980): “Dictionaries and Encyclopedias”. Lingua 50: 329-357.

PEIRCE, C.S. (1986):  “On the nature of signs”. In : Writings of Charles S. Peirce. A chronological edition. Volume 3. 1872-1878. Bloomington and Indianapolis: Indiana University Press. 67-69.

WITTGENSTEIN, L. (trad. it. 20002 [1981]): Remarks on Colour. Oxford: Basil Blackwell, 1977.

Marina Oltea PAUNESCU, Université de Bucarest, Roumanie, paunescu2000@yahoo.com

Intitulé : Amélie Nothomb – Mercure ou le jeu spéculaire

 « Le roman est un miroir que l’on promène le long d’un chemin » (Saint-Réal, cité par Stendhal, cité par Amélie Nothomb…)

Le roman d’Amélie Nothomb, Mercure, illustre de façon exemplaire la relation – qui peut être qualifiée de spéculaire – entre l’Auteur et le Lecteur Modèle. Souvent, le Lecteur est dupe des stratégies langagières d’un Auteur qui se joue de sa bonne foi, en lui proposant l’image d’une réalité que ce dernier est prêt à assumer sans se douter qu’elle est fausse ou illusoire. En effet, l’image reflétée par un miroir est une image inversée ; il existe aussi des miroirs déformants.

Quel est donc le rôle du miroir ? Serait-ce de refléter, aussi fidèlement que possible, la réalité ? Si tel est le cas, on n’aurait à faire qu’à une réalité fragmentaire : le miroir ne me renvoie que l’image d’une portion de monde. Or, dans le tissu du texte se trame l’image d’un petit monde consistant, même si foncièrement incomplet. Dans les termes de Eco (1985), le texte n’est rien d’autre qu’une « machine présuppositionnelle », une machine à gérer – et à générer – du sens implicite, le rôle du Lecteur Modèle étant justement d’actualiser, i.e. d’interpréter le sens de tout ce que le texte dit, le plus souvent sans le dire.

Ensuite, l’image que le texte donne à voir est fonction de la main qui tient le miroir. Les miroirs ne se promènent pas tout seuls le long des chemins. C’est pourquoi le verbe « promène », dans la définition de Sthendhal, est si important : il sert à inscrire l’intentionnalité de l’Auteur dans l’acte même de la création littéraire.

Notre intention est de proposer une analyse du roman d’Amélie Nothomb comme métaphore d’un double jeu, de nature spéculaire : (i) celui de la fable (stratégies des personnages agissant dans les limites du monde textuel) ; (ii) celui des mécanismes linguistiques activés dans la construction du monde textuel (relation Auteur – Lecteur Modèle).

Bibliographie

ECO, Umberto (1985), Lector in fabula, Paris, Grasset.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine (1986), L’Implicite, Paris, Armand Colin.

PARRET, Herman (1999), L’Esthétique de la communication. L’au-delà de la pragmatique, Bruxelles, Ousia.

RECANATI, François (1979), « Insinuation et sous-entendu », Communications, n° 30.

Loredana RUCCELLA, docteur de l’Université Paris Nanterre, MoDyCo, loryruc@hotmail.com

Intitulé : La crise économique : on nous en dit trop ou pas assez?

Notre recherche trouve sa raison d’être au cours de l’été 2007 lorsque le marché américain des prêts immobiliers s’effondre en engendrant une crise très violente qui, en l’espace de quelques mois, s’étend au monde entier. Au fil des mois, les informations circulent et la crise prend une forme bien précise : celle de l’opportunité du changement et de l’occasion pour réglementer les marchés. En même temps, les causes de la crise s’éclaircissent et nous découvrons la « complexité » des produits financiers. Pendant que les contours de la crise se délimitent et que ses causes s’éclairent, ses conséquences commencent à être annoncées : la crise est une opportunité, c’est vrai, mais n’oublions pas qu’elle est aussi une « tragédie » qui pourrait déterminer « l’arrêt de l’ensemble de l’économie ». Face à cette éventualité, personne n’oserait remettre en discussion ni la mobilisation sans précédent de la part des États et des Banques Centrales, ni la « nécessité» d’accepter certains sacrifices, tantôt sous forme d’« incitation fiscale », de « plan d’adaptation » ou de « dommage collatéral sur les salariés», tantôt sous forme de « contrats atypiques » ou de « flexibilité ».

Confrontés à ces faits et inondés par une avalanche de mots identiques, de discours uniformes, de solutions uniques partagées par tout le monde, nous avons essayé de lire entre les lignes, d’analyser, de filtrer et d’interpréter l’information qui nous parvenait. C’est ainsi que nous nous proposons, à présent, d’examiner de quelle manière le processus de vulgarisation de la crise économique1 a été développé par les quotidiens analysés2. Pour ce faire,  nous  prêterons  attention,  d’une part,  aux  procédés  hyperboliques employés afin de « dire plus » ou « suggérer plus » et, d’autre part, aux procédés euphémiques, employés pour « dire moins » ou « non dire ». Nous mettrons ainsi en avant le rôle de l’implicite dans l’analyse du discours de la presse et, par ricochet, l’importance du travail interprétatif du locuteur. Nous émettrons ici des hypothèses interprétatives nous permettant, d’une part, de reconnaître – grâce à la transgression avec son environnement cotextuel et contextuel – une hyperbole ou un euphémisme en tant que tel et, d’autre part, d’en reconstruire le sens implicite (sens du discours). Il s’agit donc, si l’on reprend les mots de Patrick Charaudeau, de reconnaître, d’une part, « le sens des mots qui résulte d’une catégorisation sémantico- linguistique, reconnaître les “instructions de sens” ou “molécules sémiques” les plus probables (il s’agit ici en effet d’un calcul de probabilité) qui s’attachent aux mots, et dont la cohésion contextuelle  devra  permettre  de  reconnaître  les  opérations   d’identification, de qualification, etc. qui ont présidé à la construction du sens de langue du monde signifié par le sujet communiquant. Ce processus d’ordre catégoriel qui aboutit à la reconnaissance du sens de langue peut s’appeler “compréhension” »[3]. Et, d’autre part, de « reconnaître le sens qui résulte d’une catégorisation sémantico-discursive, c’est-à-dire (re)construire le sens indirect, implicite le plus vraisemblable (on est ici en effet dans un calcul de plausibilité) en fonction des mises en relation (intertextualité) qui peuvent être faites entre les séquences du texte porteuses de sens de langue et d’autres séquences se trouvant dans le cotexte.»[4]. Cette analyse nous permettra d’émettre l’hypothèse que la presse analysée diffuse un type de discours homogène, unique et standardisé se caractérisant par le recours à  certaines techniques discursives – notamment l’hyperbole et l’euphémisme – permettant de soutenir le modèle économique néolibéral et d’orienter le lecteur vers une perception de la réalité économique façonnée à l’image de celui-ci.

1 Crise des subprimes

2  Notre corpus se compose d’articles de presse écrite – en format numérique et accessible en ligne sur le site

Internet du journal de référence – collectés à partir des suivant quotidiens français : Le Figaro, Libération et Le Monde. La période de collecte a été fixée à quatre ans, de juillet 2007 à décembre 2010 et l’intégralité des articles a été collectée à partir de la rubrique économique de ces quotidiens.

Katarzyna SADOWSKA-DOBROWOLSKA, Université de Maria Curie-Skłodowska à Lublin, Pologne,  sadowska.dobrowolska@gmail.com

 Intitulé : Traduction ancrée dans la culture : les connotations linguistiques et le tabou comme un défi traductologique

La communication est consacrée à la réflexion sur la traduction du non-dit motivée par la culture. Nous traitons la traduction comme un acte de communication interculturelle qui englobe les éléments culturels aussi bien que les éléments linguistiques. Les facteurs culturels influencent le texte source (sa composition, style, sens etc.) et causent beaucoup de difficultés à surmonter dans sa traduction.

La valeur culturelle du non-dit d’un côté concerne la structure sémantique d’un mot (les connotations), de l’autre se rapporte au développement des tous les champs lexicales d’une langue (leur structure interne, diversité etc.). Au niveau du sens lexicale d’un mot (ou bien d’une expression figée, métaphore et les autres constructions lexicales), les connotations constituent un faisceau de traits sémantiques qui sont relatifs aux coutumes, croyances, stéréotypes etc. typiques pour les utilisateurs d’une langue et qui sont actualisés aux textes. Au niveau plus large, les contraintes sociales barrent évolution de champs lexicaux liés aux tabous socioculturels. Ce qui est important du point de vue de la traduction, c’est un fait que le lexique d’une langue présent spécifiques connotations et tabous qui manquent fréquemment dans les autres langues.

Tout cela constitue un vrai défi pour le traducteur et est l’objet de notre analyse. Dans le cas des différences entre les connotations de mots, nous examinerons si un choix des mots notés dans les dictionnaires comme équivalentes est toujours le meilleur. Après avoir analysé la traduction d’aphorismes de Stanisław Jerzy Lec, nous avons observé que, à cause de différences entre les connotations de mots du français, de l’italien et du polonais, certains éléments n’ont pas dû être traduits par leurs équivalences lexicales mais par les mots qui possèdent les plus de connotations pareilles. Pour illustrer cette stratégie, nous présenterons une analyse interprétative de deux aphorismes et nous montrerons les difficultés à trouver de bons équivalents aux mots « kokos » et « karzeł » qui impliquent en polonais un sens particulier.

Le problème d’asymétrie lexicale entre la langue source et cible est plus compliqué. Comment traduire un texte qui présente le sujet traité comme le tabou dans la culture et, par conséquence, dans la langue cible ? Quelles stratégies de traduction seront capables de surmonter ce type d’asymétrie lexicale ? Quelles solutions permettent à restituer le plus fidèlement le ton et le style de l’original ? En cherchant une réponse, nous présenterons les traductions polonaises des extraits littéraires de la thématique sexuelle qui est tabouisée dans la langue et la culture polonaise. Nous vérifierons les stratégies choisies par le traducteur et leur influence sur la structure lexicale et stylistique du texte cible.

Cela nous amènera à conclure entre autre que la traduction du non-dit motivé culturellement exige d’un traducteur non seulement de posséder la connaissance de la langue source et cible mais aussi le savoir culturel et civilisationnel. En voulant bien réaliser sa traduction, le traducteur doit prendre en considération un effet sémantique introduit au texte original par le non-dit lié aux unités lexicales choisies par l’auteur. Il doit aussi faire attention que le ton et le style du texte original seront sauvegardé et que la traduction ne sera pas plus scientifique ou vulgaire à cause d’un manque lexicale introduit dans la langue cible par un tabou.

Bibliographie :

BARTMINSKI J., TOKARSKI R., 1993, « Definicja semantyczna: czego? i dla kogo? », [ds.]  J. BARTMINSKI, R. TOKARSKI (réd.), O definicjach i definiowaniu, Lublin: Wyd. UMCS, pp. 47-61.

LANGACKER R. W., 1997, « The contextual basis of cognitive semantics », [ds.] J. Nuyts, E. Pederson (réd.) Language and conceptualization. Cambridge: Cambridge University Press, pp. 229-252.

RICOEUR P., 2004, Sur la traduction, Paris : Bayard.

TABAKOWSKA E., 1993, Cognitive linguistic and poetics of translation, Tübingen: Gunter Narr.

Yomna Safwat SALEM,  Université d’Ain Chams Le Caire – Egypte, yomna_safwat@hotmail.com

Intitulé : Approche dialogique du non-dit rwandais

D’avril à juillet 1994, au Rwanda (petit pays de l’Afrique centrale), un génocide a emporté la quasi-totalité des membres du groupe Tutsi vivant dans ce pays mais aussi quelques Hutu modérés. Refusant d’adopter l’attitude du silence devant l’horreur du génocide des Tutsi au Rwanda, Joseph Ndwaniye écrit son premier roman La Promesse faite à ma sœur (2007), roman, qui fait partie des dix finalistes pour l’édition 2007 du Prix des cinq continents de la Francophonie.

Tourmenté par la tragique absurdité de cette violence humaine au Pays des mille collines, dont les victimes sont l’expression ultime, le narrateur du roman, Jean, infirmier en Belgique au moment du génocide, retourne sur sa terre natale, le Rwanda, après 17 ans d’absence, faisant le deuil de sa sœur assassinée, Antoinette, et recherchant son frère jumeau, Thomas, porté disparu mais qui est, en réalité, emprisonné comme génocidaire. Cette décision de voyage marque la fin d’une période d’isolement, d’absence et surtout de silence… et répond à la véritable aspiration du narrateur, à savoir retrouver le lien avec les siens.

Par la suite, notre contribution tentera de répondre aux questions suivantes : comment Joseph Ndwaniye va-t-il abordé le non-dit avec une langue qui, bien que sienne, est avant tout celle de l’Autre ? Quelles sont les stratégies discursives mises en œuvre, dans La Promesse faite à ma sœur, pour rompre ce silence enveloppant un crime qui défie, par sa nature même, tout langage humain? Comment ce roman a pu se servir de la voix de l’Autre, en l’occurrence celle des victimes et des rescapés, pour contourner l’obstacle lié à l’expression du non-dit du drame génocidaire ?

Par la suite, dans un cadre théorique d’analyse du discours, nous privilégions l’étude de l’une des stratégies discursives qu’emprunte Joseph Ndwaniye dans son roman La Promesse faite à ma sœur, afin de rendre compte du non-dit et d’actualiser la transmission d’une expérience extrême, à savoir le génocide rwandais. Par la suite, cette contribution s’intéresse au dialogisme, qu’il soit interlocutif ou interdiscursif, considéré comme une stratégie mise en œuvre pour représenter le discours autre et pour mettre en relief l’hétérogénéité caractérisant le corpus. Cette hétérogénéité est, en effet, montrée et explicite, à travers l’insertion de discours représentés et par différents phénomènes autonymiques : fragments textuels guillemetés et xénismes.

En somme, une hétérogénéité dans la structure de roman est montrée, dénotant la présence d’autrui à travers la forme textuelle. Des discours et des mots appartenant à divers espaces discursifs cohabitent dans La Promesse faite à ma sœur, livrant une parole hétéroclite, qui traduit le parcours des survivants dont les visages et les voix ne cessent d’interpeler, de héler, des années, après les faits.

Bibliographie

AUTHIER-REVUZ, Jacqueline, « La représentation du discours autre : un champ multiplement hétérogène », in S. Marnette et al. (coord.), Le discours rapporté dans tous ses états : question de frontières, Paris, L’Harmattan, 2004, 35-53.

DUCROT, Oswald, Le dire et le dit, Paris, Éditions de Minuit, 1984.

FLØTTUM, Kjersti, « Fragments guillemetés dans une perspective polyphonique », in Fløttum, Kjersti, & Holm, H. V. (eds.),  Tribune 13, Skriftserie for Romansk institutt, Université de Bergen, 2002,107-113.

MOIRAND, Sophie, « Dialogisme », in Charaudeau P. & Maingueneau D. (dir.), Dictionnaire d’analyse du discours, Paris, Seuil, 2002,175-178.

Bernd STEFANINK, Universitaet Bielefeld, bstefanink@hotmail.com

Intitulé : La cristallisation du non-dit dans l’operation traduisante

La traduction s’impose comme un lieu privilégié pour l’étude du « dit » et du « non-dit » dans un texte, puisque, selon Ladmiral (2010 : 12)[6] la traduction est une « herméneutique en acte ».

La problématique : pour le traducteur il s’agit en fait d’un problème épistémologique d’accès au sens et de la conception de l’« objectivité » en traduction, sur lequel les théoriciens ne sont pas toujours d’accord. La théoricienne Heidrun Gerzymisch, fondatrice de l’Ecole Mutra de l’université de Saarbrücken, donne en exemple la traduction d’une nouvelle de Georg Büchner, intitulé Lenz, traitant du désespoir du personnage principal. Obéissant à un impératif d’objectivité, Gerzymisch enseigne que ce désespoir ne peut se traduire s’il ne se manifeste pas dans une expression concrète (le « dit » qui nous intéresse) que le traducteur doit « trans-porter », reprenant l’image du « traducere navem », du passeur qui transporte le sens du texte source vers un texte cible (Gerzymisch 2013 : 74)[7].

Notre corpus « ethnotraductologique » révèle au contraire que ce qui est déterminant pour les choix traduisants de nos informateurs/traducteurs, c’est ce que, dans leur négociation en vue d’une version commune du texte cible, ils désignent par des termes comme, par exemple, « l’atmosphère » du texte et qui est le résultat d’un ensemble de caractéristiques du texte qui peuvent aboutir à une « impulsion de formulation autopoïétique semi-consciente », comme le formule l’herméneute Radegundis Stolze (2003 : 216). Un processus de  condensation du sens qui fait penser à ce que Stendhal a appelé la « cristallisation » dans De l’amour.

Aussi, pour ce qui est de la théorie, c’est l’herméneutique traductive[8] qui nous semble constituer une base théorique privilégiée pour gérer cette étude, notamment grâce à son approche holistique du texte et grâce à l’intégration de la subjectivité comme élément fondamental dans sa réflexion théorique.

Quant à la méthode, c’est ce que nous avons appelé « l’ethnotraductologie »[9]. Elle nous paraît être la méthode privilégiée pour examiner le cheminement d’une pensée traduisante  qui mène de la sensibilisation à un problème de traduction jusqu’à la solution de ce problème, parce que cette méthode s’appuie sur l’analyse conversationnelle ethnométhodologique, qui nous fournit des données prises sur le vif, permettant de suivre le cheminement associatif qui a conduit de la confrontation avec un problème de traduction jusqu’à la solution de ce problème. Nos corpus conversationnels ethnométhodologiques révèlent, en effet, comment nos informateurs arrivent, dans leur « négociation » d’une traduction, à cerner le « non-dit » du texte dans un processus de « cristallisation » du sens, balisé par les isotopies du texte d’une part et par les impératifs linguistiques et culturels de la langue/culture cible, d’autre part.

Le corpus et la légitimation scientifique : Ce sont ces cheminements de nature associative que nous nous proposons d’étudier en procédant à l’analyse conversationnelle ethnométhodologique de quelques exemples tirés de notre corpus  et en nous basant sur les recherches cognitivistes récentes – plus particulièrement des connexionistes et des neurophysiologistes – en ce  qui concerne les enchaînements associatifs, la valeur épistémologique de la métaphore, l’accès au sens d’un texte, etc. Nos exemples ont une valeur représentative dans la mesure où ils sont choisis dans un corpus[10] constitué au fil des années d’enseignement avec nos étudiants allemands ainsi qu’avec des étudiants et enseignants d’autres nationalités (Français, Espagnols, Italiens, Roumains) rencontrés dans nos stages de Visiting Professor ou de formation de formateurs à l’étranger (notamment dans les stages d’été FLE du CREDIF).

Résultats escomptés : révéler le comportement des traducteurs face à la traduction du « non-dit », montrer les stratégies mises en œuvre par les traducteurs pour résoudre leurs problèmes face à la traduction du non-dit, décrire le cheminement associatif qui mène à une solution traductive du non-dit qui est forcément créative, ce qui nous amène par la force des choses à contribuer à l’étude de la créativité en traduction. En tirer des conclusions face à une didactique de la traduction.

Bibliographie

LAKOFF, George (1987): Women, Fire and Dangerous Things. What Categories Reveal about the Mind. Chicago: University of Chicago Press.

LAKOFF, George/JOHNSON, Mark (1980): Metaphors we live by. Chicago: The University of Chicago Press

LENK, Hans: (2014): « Methodologischer Schemainterpretationismus: Erkenntnistheoretisches zur Einführung ».  In : Gregor PAUL (2014) : Transkulturelle Logik. Universalität in der Vielfalt. Bochum-Freiburg : Projektverlag, 71-98.

SCHADE, Ulrich (1992) : Konnektionismus. Zur Modellierung der Sprachproduktion. Opladen :Westdeutscher Verlag.

Mariana Gabriela TALPIZ (Anghel) , Université de Bucarest, Roumanie, gabitalpiz@yahoo.com

Intitulé : La reformulation dans la discours de la presse – essai vers la création d’un modèle descriptif et fonctionnel

Notre projet de recherche veut mettre en évidence une étude cohérente et interdisciplinaire du sens et de la signification qu’une série d’embrayeurs actualisés par des signes verbaux et non-verbaux peuvent générer.

La prémisse de la recherche a été que l’article de presse est un acte de discours et par conséquent, une forme d’action linguistique, socio-institutionnalisée et idéologique.

L’objectif principal de notre démarche consiste dans l’essai de créer un mécanisme descriptif et fonctionnel de la reformulation dans le discours de la presse.

Nous allons étudier la problématique de la reformulation de ce qui « a été dit », où le  locuteur embrasse certaines valeurs et suggère à l’interlocuteur de suivre un certain parcours sémantique au détriment de l’autre. Par rapport à ce qui a été dit, le journaliste « se reformule » en tant que lecteur qui voit l’événement conformément à son propre univers (qui fait quoi ?, avec qui/quoi ?, où ? comment ?, etc.). Cette opération de réécriture fait appel à des connaissances communes des deux et la dimension descriptivo-informative se retrouve modalisée, soumise aux variations aspectuelles, déictiques, aux relations logiques et lexico-sémantiques.

Quelle seraient les formes de la formule de réécriture ?

On peut identifier quelques types selon leur fréquence dans le journal :

  1. la reformulation – commentaire ;
  2. la reformulation – justification du commentaire ;
  3. la reformulation reprise avec une variation aspectuelle qui suggère différents points de vue et ajoutant de l’information ;
  4. la reformulation qui introduit certains degrés de détermination ;
  5. la reformulation qui procède au développement du noyau informatif.

Bibliographie :

CHARAUDEAU, Patrick – Discours journalistique et positionnements énonciatifs. Frontières et dérives, Semen, 22, 2006;

CHARAUDEAU, Patrick –  Le contrat de communication médiatique dans Le français dans le monde, Numéro spécial, Médias : faits et effets, Paris, 1994 ;

DOBRE, Dan – Mécanismes déictiques dans le discours de presse – Le quotidien, Bucureşti, 2013;

DOBRE, Dan – Analyse du discours de presse – Projet sémiotique, Bucureşti, 2013;

Lolita TABUASHVILI,  Université d’Etat de Javakhishvili., ltabuashvili@yahoo.fr

Intitulé : Les caractéristiques sémantico- lexicales de non- dit dans la terminologie de spécialité français- géorgien

Le non-dit est un terme récent.  Il se réfère à ce qui n’est pas dit, à ce qui reste caché dans le discours. Est-ce qu’il n’aurait pas une connotation morale ? On peut se demander si la notion de non-dit  ne vient pas d’interroger celle de déni. La notion de non –dit peut véhiculer une culture du doute concernant le discours et celui qui le profère.

Notre recherche consiste à repérer d’une manière systématique les termes de non-dit dans la terminologie de spécialité.

Verbale ou non verbale, orale ou écrite, toute communication comporte un – parfois plusieurs – contenu(s) tacite(s), qui impose(nt) au récepteur des calculs interprétatifs. « Tu », le non-dit ne s’oppose pas nécessaire au « dit ». En effet, la relation établie par le non-dit entre le « tu » et le « dit » demeure plus complexe en raison de l’appartenance du non-dit à la classe de l’implication (le non-dit implique le dit) et de la possibilité d’une relation d’inclusion du non-dit au dit (le non-dit est inclus dans le dit). Le dit et le non-dit ne constituent pas des notions figées et dichotomiques, mais plutôt des ensembles corrélatifs, où chacun des éléments adjacents participe à la production, à la communication et à l’interprétation du discours. En effet, le plus souvent, le sens principal d’un message ne réside pas dans le dit (dans ce qui est exprimé), mais dans les représentations et les interprétations des sujets producteur et récepteur. Si le sens nécessite l’intervention de différents paramètres contextuels (le lieu, l’époque, la culture, etc.), l’interprétation est fonction de nombreux éléments extérieurs au discours (situations présentes et passées, mémoire discursive, connaissance partagée, etc.). Sollicitant un travail interprétatif de la part du récepteur, le non-dit déclenche une activité de déchiffrement des sens cachés et des contenus sous-entendus.

Le non-dit fait donc appel au savoir du destinataire.

Le but de cet article consiste à relever les caractéristiques sémantico-lexicales de non-dit dans la terminologie.

Bibliographie :

KLINKERBENG, J.M, Précis de sémantique générale, Bruxelles, De Boeck Université, 1996

Mounin, G, La Sémantique, Paris, Payot (petite bibliothèques) ,1997

Rey, A, Dictionnaire historique de la langue française, 2 vol., Paris, le Robert, 1998

La Traduction Spécialiée: L’Exemple de l’Énonciation en Linguistique Française – Version Française de l’Annexe 3, Livret Complémentaire/It-Traduzzjoni Speċjalizzata: l-Eżempju tat-Tlissina fil-Lingwistika Franċiża – Il-Verżjoni Franċiża Tal-Anness Numru 3, Ktejjeb Kumplimentari,  Universitätsverlag, Bochum, Germany, 2013. (116 pages/116-il faċċata).

BENVENISTE  E., Problème linguistique générale I, Paris, Gallimard, 1966.

CARRIERE J.C., Le vin bourru, Plon, 2000

Ali TARMAL,  Université de Zawia, Libye, atarmal@homail.com

Intitulé : Traduction de l’arabe vers le français : mission difficile

La traduction repose sur le fait que la connaissance de la culture de l’Autre, notamment au moyen de sa langue, serait une dimension importante de la réussite des textes traduits. Traduire ce n’est pas seulement maitriser une autre langue, mais aussi bien connaître le domaine de connaissances dont on traduit des sujets.

La différence de catégorisation et de grammaticalisation rend la traduction de la langue française vers la langue arabe ou l’inverse une mission difficile à réaliser. Vu le manque d’équivalents de certain termes de français ou d’arabe, les traducteurs affrontent de multiples difficultés concernant la dimension idiomatique et les synthèses sémantiques. Il est évident que, par leurs origines et leurs cultures éloignées, ces deux langues sont tellement différentes. Pourtant, la traduction littéraire cherche toujours à trouver une sorte de convergence culturelle pour garder le sens du texte traduit.

L’axe principal autour duquel se déroule cette étude est la difficulté de traduire des textes arabes en français ou l’inverse. La particularité linguistique de la langue arabe rend la tâche de traduction plus difficile. Parmi les éléments responsables de telle difficulté, mentionnons; la différence structurale, syntaxique, sémiologique et même phonétique qui ont une profonde influence sur la tâche de traduction.

Pour mieux localiser les obstacles qu’affronte le traducteur, cette étude va se baser sur les points suivants :

– Les défis de l’arabe comme langue morphologiquement riche et complexe.

– L’arabe dialectal et l’arabe parlé

– La différence grammaticale entre l’arabe et le français

– La différence du cadre socioculturel

– Les proverbes arabes comme exemple de difficulté de traduction

L’analyse des axes précédents va poser plusieurs questions comme les suivantes :

– Existe-t-il une traduction fidèle?

– Faut-il traduire ‘mot à mot’ ou prêter plus d’attention au sens de l’expression en question?

– Quels sont les principes directeurs dont le rôle est primordial dans l’amélioration de la traduction littéraire?

– Pourquoi la majorité des traducteurs suit une règle de ne pas travailler que vers leur langue maternelle?

L’analyse faite à travers cette étude a besoin d’être illustrée par des exemples empruntés à la langue générale et traduits en français. Les différentes démonstrations font partie des textes littéraires et des expressions communes à chaque culture.

Conclusion:

Le traducteur des textes littéraires doit avoir la liberté de choisir sa propre façon de traduire. Il y a des cas où il traduit ‘mot à mot’. Pourtant, parfois, il est obligé de traduire le sens. La réussite de traduction du français vers l’arabe ou l’inverse dépend de la compréhension socio culturelle des deux langues car la traduction est encore un fait de traduire un contexte, une pensée et une histoire.

 Bibliographie:

OSEKI-DEPRE Ines, Théories et pratiques de la traduction littéraire, Paris, Armand Colin, 1999

REDOUANE, J. 1984. La traductologie, science et philosophie de la traduction. Alger : OPU.

TOURATIER, C. 2000. La sémantique. Paris : Armand Colin / Her.

Monica Alina TOMA, Université de Bucarest, Roumanie, toma_monique@yahoo.com

Intitulé : L’interprétation du traducteur dans la traduction littéraire

En partant de la prémisse que la traduction littéraire représente un champ d’investigation complexe et fascinant, notre démarche se propose de soumettre à la réflexion quelques questions concernant l’interprétation du texte par le traducteur.

Traduire peut signifier donner un nom à une chose, expliquer un fait ou bien observer la réalité et l’inscrire dans son esprit. La traduction est souvent perçue comme une forme suprême de lecture, capable de révéler les enjeux les plus profonds d’un texte littéraire. Pourtant, notre démarche voudrait aller encore plus loin, en établissant des connexions entre la traduction et la théorie de la relecture. Cette théorie voit le texte comme étant l’objet d’un perpétuel devenir, d’une constante mise en relation avec son lecteur. Si le tissu d’un livre contient des points d’indétermination, c’est au lecteur de leur donner une orientation, d’où le caractère toujours individuel de la concrétisation d’un champ textuel. Parce que le sujet qui lit est identique et pourtant diffèrent de lui-même à chaque instant, la lecture d’un texte par le même lecteur sera toujours différente de celle précédente. La lecture devient ainsi une découverte de soi-même, une construction continue de l’identité par l’acte perpétuel de l’interprétation. En suivant ce raisonnement, on pourrait avancer l’idée que la création même d’une œuvre littéraire ne représente qu’un processus par lequel l’auteur lit le monde et en traduit sa vision dans un livre à un moment donné.

De même, on pourrait dire que chaque traduction d’un texte littéraire constitue une relecture, car une œuvre peut être interprétée de façons différentes et traduite maintes fois sans qu’aucune de ses traductions ne ressemble à l’autre. C’est que lorsqu’on traduit, on crée un autre texte, qui est en même temps pareil et différent de l’original. De ce point de vue, on pourrait dire qu’il y a une équivalence entre lecteur, auteur et traducteur, car tous les trois lisent et interprètent. Pourtant, le traducteur est supérieur à un lecteur habituel, pendant que l’auteur est supérieur au traducteur par son originalité.

Si un lecteur habituel peut se laisser emporter par l’émotion, le traducteur a le devoir de rester froidement lucide pour qu’il soit capable d’en faire une traduction juste. Et pourtant, la réussite d’une traduction d’un texte littéraire ne serait pas possible sans que le traducteur essaie de s’identifier en même temps à la subjectivité de l’auteur, car c’est justement cette rencontre des deux sensibilités, cette équivalence des deux visions, qui lui confère l’intuition en profondeur qui lui est nécessaire pour saisir l’inexprimable de l’œuvre.

Traduire un ouvrage, c’est le comprendre plus profondément que le traducteur ne pourrait le faire par une simple lecture. Car dans son travail de précision, il parcourt à rebours le processus de la création de l’œuvre, il saisit la naissance même de la signification de chaque mot et il essaie de la recréer en concordance avec la vision de l’auteur. Cela ne veut pas du tout dire que la traduction pourrait être considérée comme un accomplissement définitif de l’ouverture d’un texte, car la signification d’un ouvrage ne peut être jamais complètement dévoilée, même si le traducteur pourrait saisir dans l’œuvre des significations que l’auteur n’avait pas pris en considération.

Cela veut seulement dire que, si le traducteur est un bon lecteur, il partagera la même intuition du monde avec l’auteur, pendant que s’il est a du talent créateur, il transmettra cette intuition à un autre lecteur. 

Bibliographie

HOUDART-MEROT Violaine, « Textes traduits et traduction dans le secondaire : des destins liés », Le français aujourd’hui 3/ 2003, no. 142 URL : www.cairn.info/revue-le-francais-aujourd-hui-2003- 3-page-19.htm.

Inès OSEKI-DEPRE, Théories et pratiques de la traduction littéraire, Armand Colin, Paris, 1999 Matei CALINESCU: A citi, a reciti, București, Polirom, 2003

Simon LEYS, L’expérience de la traduction littéraire : quelques observations [en ligne], Bruxelles, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1992. Disponible sur : < www.arllfb.be >

Claudia-Iulia VOEVOZEANU, Université de Bucarest, Roumanie, niulia2002@yahoo.com

Intitulé : L’implicite par métonymie dans la presse écrite française (le reportage et le récit) ou comment déchiffrer les indices rhétorico-culturels et les transposer dans la langue-cible

Nous nous proposons, par cet article, de décrire le mécanisme de production des significations qui pourtant ne sont pas explicitement exprimées dans le discours, ensuite de rendre compte de la manière dont les récepteurs déchiffrent ces significations pour transposer le message dans leur imaginaire culturel et éventuellement dans une autre langue, par traduction. Ce mécanisme est l’implicite – un procédé argumentatif visant à signaler au récepteur du message une information sous-jacente au contenu propositionnel explicite. Nous allons étudier plusieurs niveaux de manifestation du non-dit, à savoir l’implicite co-textuel, discursif, encyclopédique, culturel ou encore de complicité par le biais d’un modèle précis, celui de l’analyse sémiotique et discursive de la métonymie dans la presse écrite française.

La métonymie est un métasémème qui opère par contiguïté de sens, un mot ou un syntagme qui modifie les rapports ordinaires entre le signifiant et le signifié, en remplaçant le signe objectif (qui serait employé de manière évidente dans l’énoncé), dans la représentation mentale des participants à l’acte de communication, par un autre signe ayant des propriétés communes avec le premier, mais qui contient, de plus, quelques sèmes supplémentaires et qui représente, lui, une création subjective de l’énonciateur, un plus d’analyse et de synthèse du contenu, un ajout d’esthétique discursive censée singulariser l’énoncé et accroître la force illocutionnaire de l’image produite et par cela, les chances de transfert efficace du discours. La métonymie est un signe rhétorique, un indice qui représente une réalité dans un certain univers de croyance. Ce rapport du sujet à la langue et, à travers l’expression, son rapport au monde et à la culture est appelé imaginaire culturel par Anne-Marie Houdebine-Gravaud, qui propose une analyse interprétative en deux temps, une analyse interne (contextuelle) et l’autre externe (causale) de l’indice.

Le texte journalistique fait appel à la métonymie d’abord en tant que figure sémantique et rhétorico-discursive visant à créer un effet stylistique recherché, donc comme stratégie argumentative, et deuxièmement, en tant que mécanisme devenu stéréotype associé à ce type particulier de discours. Il y a certains modèles de métonymie qui sont, par tradition, utilisés dans le discours de presse plutôt que dans le langage ordinaire (par exemple, désigner une institution par l’endroit où celle-ci se trouve ou bien une personne ou un groupe de personnes par son pays d’origine ou par son métier/rôle social), grâce au fait que le public cible – récepteur du message – est parfaitement capable de décoder ces indices culturels, à l’aide de ses connaissances extralinguistiques.

Nous nous proposons une double démarche empirico déductive : a) d’une part, identifier les métonymies dans un corpus de presse écrite française portant essentiellement sur l’actualité politique et comparer leur fonctionnement au niveau des genres journalistiques différents (reportage et récit) et dans trois quotidiens français d’orientation socio-politique différente (Le Monde, Le Figaro et Libération), pour rendre compte des différences au niveau des effets argumentatifs créés en montrant en structure explicite des contenus similaires à ceux des significations non dites, mais voulues par l’émetteur ; nous allons faire une analyse sémantico-syntaxico-pragmatique du corpus choisi, afin d’actualiser les métonymies et les effets rhétoriques produits par cette figure en définissant la situation de communication (la sémiose) avec ses participants, son contexte, son but et ses moyens ; b) d’autre part, étudier les clés sémantiques et pragmatiques qui servent à déchiffrer ces indices rhétorico-culturels et à les transposer dans la langue-cible (dans le cas d’une traduction vers le roumain ou l’anglais) ; voir si les mêmes mécanismes discursifs fonctionnent dans la langue-source aussi bien que dans la langue-cible, en vertu des particularités lexicales des langues en question et des univers de croyance des lecteurs de journaux s’identifiant à leur culture respective.

Les conclusions de cette étude nous amèneront à démontrer le besoin intrinsèque de l’écriture journalistique de se réinventer et de s’enrichir en permanence par des moyens lexico-discursifs tels la métonymie afin de d’être un produit d’actualité (voire utile) pour ses consommateurs, pour stimuler la curiosité (à travers le mystère du non-dit) et orienter l’action sociale. Tous ces rôles réaffirment le caractère subjectif et implicite de l’acte de communication particulier qui est la presse écrite.

Bibliographie :

BONHOMME M., 1987: Linguistique de la métonymie, Berne, Editions Peter Lang

DOBRE Dan, 1999: Préliminaires à une sémiotique de la presse. Le quotidien, Bucarest, les Editions de l’Université de Bucarest

DUCROT Oswald, 1984 : Le dire et le dit, Paris, Minuit

HOUDEBINE Anne-Marie (sous la direction de), 2008 : Sêméion. Travaux de sémiologie no 7 : De l’imaginaire linguistique à l’imaginaire culturel – Revue du laboratoire DynaLang-SEM, Paris, Université Paris Descartes, Faculté des sciences humaines et sociales – Sorbonne

KERBRAT- ORECCHIONI Catherine, 1986: L’implicite, Paris, Armand Colin

LECOLLE Michelle, 2001: Métonymie dans la presse écrite : entre discours et langue, Université Toulouse-le-Mirail, article publié dans la Revue Tranel (Travaux neuchâtelois de linguistique), pp. 34-35, 153-170

Corina VELEANU,  CRTT – Centre de recherche en terminologie et traduction, Université Lumière Lyon2, corinaveleanu@yahoo.com

 Intitulé : Le Dit et le Non-Dit dans le langage juridique

Nous souhaitons proposer une analyse non-exhaustive de la place du non-dit dans le langage juridique, langage de spécialité voué à première vue à la précision et à l’absence d’équivoque.

L’implicite, le non-dit, le sous-entendu ne sauraient être des termes juridiques à proprement parler, car l’imprécision qui caractérise l’implicite va à l’encontre du principe de clarté propre au domaine juridique. Néanmoins, le tacite, le caractère non exprimé, le silence sont présents dans le discours juridique et dans les textes, pour indiquer ce qui est inclus, inhérent, déjà compris ou dit. En droit donc, lorsqu’on parle d’implicite, de non-dit, on fait appel au principe logique de l’implication nécessaire ou de cause à effet. L’implicite juridique est donc différent de l’implicite dans le langage de tous les jours.

D’autre part, les professionnels du droit, comme dans d’autres domaines, bien entendu, ont recours au non-dit, au sous-entendu, car la communauté de langage est aussi un puissant facteur d’économie. Pour citer le professeur Gérard Cornu : « La communication est fondée sur une présomption de compréhension mutuelle, liée, de part et d’autre, à la connaissance supposée du droit et de son langage. Entre initiés les chances de compréhension sont égales. […] Les professionnels se comprennent à demi-mot.[…] Entre initiés beaucoup de choses vont sans se dire. Le non-dit augmente dans la proportion du supposé connu. […] A la vérité, c’est la même action, mais agissant cette fois, au sein même de la phrase, par élimination de mots, en créant des blancs dans l’énoncé, relativement à un énoncé ordinaire. » (CORNU, Gérard, La linguistique juridique).

Dans le domaine de la traduction juridique, les choses se compliquent encore plus à cause du passage d’un système juridique à un autre, d’une vision du monde à une autre, où les principes, termes et notions peuvent paraître similaires ou identiques, et alors l’implicite et le non-dit deviennent sources de confusions, car ce qui est sous-entendu dans un système/une culture juridique ne l’est pas forcément dans celui de la langue-cible.

Notre analyse s’appuiera sur un corpus contentant des exemples concrets tirés de notre expérience en tant que traductrice et interprète juridique (Commission Européenne, Ministère de la Justice, Cour d’Appel de Lyon, etc.), mais aussi sur notre expérience de l’enseignement de la traduction de spécialité.

Nous nous situerons dans une perspective linguistique comparatiste, en analysant des structures et termes juridiques en anglais, français, roumain et autres langues romanes, et nous tenterons de regarder de plus près le degré de perméabilité du langage juridique par rapport au non-dit, en étudiant des situations d’occurrence et leurs conséquences.

Bibliographie

CORNU, Gérard, La linguistique juridique, Monchrestien, 2005

GEMAR, Jean-Claude, Les enjeux de la traduction juridique. Principes et nuances, http://www.tradulex.com/Bern1998/Gemar.pdf

HARVEY, Malcolm, Traduire l’intraduisible, Stratégies d’équivalence dans la traduction juridique, ILCEA [En ligne], 3 | 2002, mis en ligne le 08 juin 2010, consulté le 29 janvier 2015. URL : http://ilcea.revues.org/790

HARVEY, Malcolm A Beginner’s Course in Legal Translation: the Case of Culture-bound Terms, http://www.tradulex.com/Actes2000/harvey.pdf

Anca-Marina VELICU, Université de Bucarest, Roumanie, ancamarinavelicu@gmail.com

Intitulé : Du „non-dit” à l’indicible, en terminologie

Nous nous proposons d’explorer l’incidence du thème du non-dit en terminologie conceptuelle, et envisagerons cette problématique à deux niveaux :

  1. volet instrumental (information sur les termes et les concepts):
  • Silence (vs bruit) en terminologie (=non dit comme absence d’information pertinente)
  • Représentations non verbales en gestion des terminologies bi- ou multililngues (systèmes de concepts, autres informations non verbalisées)
  • Organisation et parcours spatio-temporels des rubriques d’un glossaire /des champs d’une BDT

et

  1. volet substantif (conceptualisation vs désignation):
  • Conceptualisation des objets (encore) innommés
  • Sens émergents vs formes émergentes
  • Portée de la distinction encodage conceptuel/ encodage procédural en terminologie.

Le plus clair de la contribution visera à illustrer ces possibles aires de réflexions par des exemples issus d’études terminologiques sur le français et le roumain. 

Bibliographie:

DEPECKER, Loïc (2009) – Entre signe et concept. Eléments de terminologie générale, Paris : Presses Sorbonne Nouvelle

ISO/TC37 (2000 (F)) – Norme internationale ISO 704 : Travail terminologique – Principes et méthodes

ISO/TC37 (2002 (F)) – Norme internationale ISO 12616 : Terminographie axée sur la traduction

L’HOMME, Marie-Claude (2004) – La Terminologie : principes et techniques, Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal

NOVAK, Joseph D., CANAS, Alberto J. (2008) – The Theory Underlying Concept Maps and How to Construct and Use Them. Technical report IHMC Cmap Tools 2006-01 Rev 01-2008. Florida Institute for Human and Machine Cognition, available at:

http://cmap.ihmc.us/Publications/researchPapers/TheoryUnderlyingConceptMaps.pdf (36p)

Tassadit YAHIAOUI-BOUAFIA, Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou , linda_bouafia@yahoo.com

Intitulé : Tabou et interdit dans la société Kabyle

Le tabou a de tout temps existé et plus particulièrement dans les sociétés primitives, il n’est pas limité à un domaine. Il couvre différentes aspects de la vie et, il est lié non seulement à l’individu mais aussi à son environnement et sa société. Identifié par de nombreux intellectuels, chercheurs et philosophes, nous le retrouvons même dans les sociétés civilisées. La société Kabyle n’est pas à l’écart ; bien au contraire, les tabous et les interdits sont bien présents ; notamment en ce qui concernent la femme kabyle et la sexualité. Beaucoup de mots et de sujets sont tabous et exclus de l’usage commun. Il est ici question d’évoquer la forme et exemples de mots et sujets tabous qui ne doivent pas être évoqués, d’une part, parce qu’ils traitent d’un sujet dont il est inconvenant de discuter dans la société et culture kabyles, et d’autre part, ils sont des mots interdits par la religion. Il s’agit, ici, de recenser les tabous dans la société Kabyle, puis, de savoir s’il y a évolution et comment ? Pourquoi les tabous sont appliqués beaucoup plus pour les femmes que pour les hommes ? Existe-t-il d’autres modes d’expressions socioculturels pour exprimer les besoins langagiers ?

L’enquête menée sur terrain est conduite sous forme d’un questionnaire remis à une population de 100 personnes avec différents âges et sexes, certaines questions sont fermées et d’autres sont ouvertes. La population choisie est constituée d’analphabètes de sexe féminin ou masculin (60 à 80 ans), d’adultes avec le niveau d’étude supérieur de sexe féminin ou masculin (25 à 35 ans) et d’élèves de niveau secondaire (16 à 19 ans). Ces différentes catégories d’individus et de tranches d’âge sont choisies de telle manière à suivre l’évolution du tabou. Parmi les questions ouvertes, nous pouvons, citer : – y a-t-il des sujets que vous ne pouvez pas aborder avec vos parents ? –  y a-t-il des sujets que vous ne pouvez pas aborder avec vos amis ? –  y a-t-il des mots que vous ne pouvez pas prononcer en présence de vos parents ? – y a-t-il des mots ou sujets que vous préférez dire, en présence de vos parents, dans une autre langue plutôt que dans la langue Kabyle ? Parmi les questions fermées, nous pouvons citer : – quelle est la langue la plus parlée à la maison : kabyle, arabe, ou français ? – l’usage du mot ou sujet tabou renvoie-t-il à : un manque d’éducation, l’insécurité linguistique ou transgression du tabou ?

Les principales constatations, à l’issu du dépouillement du questionnaire, révèlent des tabous tels que : la sexualité, relations entre garçons et filles, virginité, les parties sexuelles du corps humain (les seins, le sexe,…) qui ne sont jamais évoqués avec leur propre nom excepté dans le langage médical et scientifique. D’autres, en raison du caractère impropre telles que les règles, l’urine, la sueur, sont toujours substitués par des euphémismes. Aussi, pour des raisons religieuses, le porc et l’alcool sont proscrits. La simple évocation, en famille, de serviettes hygiéniques, sous-vêtements féminins, ou encore préservatifs est une honte ; c’est tabou. La femme kabyle ne prononce pas le nom de son mari devant sa belle-famille, elle l’appelle : « ay argaz » qui veut dire : oh homme, et réciproquement, l’homme l’appelle : « a tameîîut » ou « a tam$art » qui veulent dire : oh femme, oh ma vieille. Au siècle dernier, pour parler de sa femme, l’homme évoque plutôt : « axxam-iw » ou bien « aԑeggal n uxxam » c’est-à-dire : ma maison, membre de la famille. La simple prononciation des termes en rapport avec les parties génitales, sexualité, virginité, grossesse, femme est tabou. Les Kabyles utilisent alors d’autres modes d’expression socioculturels pour exprimer les besoins langagiers, exemples : le terme « iffan » : seins, est remplacé par « idmaren » : poitrine ; « ibeccan » : l’urine est substitué par « aman n tasa » : sécrétion du foie.

Bibliographie

ELIADE Mircea, le sacré et le profane, Ed. Gallimard, France, 1965.

FREUD Sigmund, totem et tabou, Ed. Payot, Bordas, Paris, 1976.

GUIRAUD Pierre, les gros mots, Ed. PUF, Paris, 1976.

MARSEL Mauss, les fonctions sociales du sacré, Ed. Minuit, Paris, 1968.

TILLIOM Germaine, le harem et les coussins, Ed. Seuil, Paris, 1966

Jaouad ZERRAD,  Université Hassan 1er, Maroc, zerradjaouad@gmail.com

Intitulé : L’organisation argumentativo-pragmatique du discours publicitaire au Maroc, analyse des facteurs de pertinence

Le message publicitaire est dynamique ; il s’adapte aux changements socioculturels d’un environnement donné. Il invente et réinvente les mécanismes de communication, leur fonctionnement, leurs règles et leurs implications. En effet, le message publicitaire dit ce qu’il a à dire et dans tous les sens, il devient plus créatif par les nouvelles tendances qui révèlent l’indicible. La société marocaine évolue, la publicité suit. Le langage silencieux de l’image publicitaire, ou le langage retentissant des mots mettent, tour à tour l’accent sur les ressources internes de l’argumentation. Le message publicitaire fait rêver, il est porteur de toute une série de significations qui sont influencées par le contexte socioculturel qui leur donne naissance fortement influencé par une quête interminable d’un bonheur miracle procuré inconditionnellement par un produit.

La recherche de connivence ou d’expressivité font surgir parfois même des congruences impossibles à l’origine profitant ainsi de « la vitalité forte et saine de la langue » (GOOSSE.A, 1991) et de l’image afin de suivre le rythme de l’évolution de la communication publicitaire dans l’objectif de s’inscrire dans un idéal constamment convoité par le consommateur. Désormais, le produit n’est plus simplement à procurer mais à décoder autrement parce qu’il engage de nouveaux modes de transmission sensorielle étroitement liés à un construit argumentatif susceptible de créer une adhésion à l’idée qui conduirait à l’acte de l’achat.

Le bien être en publicité par exemple a sa propre « grammaire » et sa « rhétorique » [Barthes, R], elle montre et démontre quelque chose qui complète le travail sur le signifiant et le signifié [Saussure, 1969]. Le message publicitaire favorise ainsi des sensations vraisemblables appréhendées par les mises en relation attestées et valorisées grâce à ses implications sémiologiques, rhétoriques et argumentatives.

Notre contribution vise à établir une analyse, à partir d’un corpus homogène de messages publicitaires échantillonnées de différents médias marocains (presse, télévision, sites internet, etc.) appartenant à des produits différents sans prétendre à sa représentativité.

L’objectif en est de déterminer les principales lois de cohérence dans une perspective argumentative et rhétorique, de montrer quelles incidences pragmatiques ont ces nouvelles formes suggestives à multiples références et contraintes : valeurs morales de la société marocaine. Il est donc analysés et proposés quelques arguments capables de rendre compte des modalités d’une véritable inculturation socioculturelle.

Bibliographie

ADAM (J.M), et BONHOMME (M). L’Argumentation publicitaire, Paris, Nathan, 1997

DUCROT (O), «Analyses pragmatiques », in Communications, N° 32, 1980

Ruth AMOSSY, L’argumentation dans le discours  Nathan Université 2000

Jean Michel ADAM et Marc BONHOMME, L’argumentation publicitaire Linguistique  Nathan Université 2003

[1]  Ousmane Barry Alpha, Les bases théoriques en analyse du discours, http/ WWW. Chair-mcd. Ca/

[2] Stoaen.C S (2003), Première assise théorique, Dialogos, 8, p41.

[3] Fiche thèse à l’adresse suivante : http://lafef.net/bd/edaf.php?fiche-these&mX=50&f=UN&prslct=672

[4] Des séquences correspondant aux compétences évaluées. L’intervention a duré un semestre.

[5] www.erudit.org  Lopez Diaz, Monserrat, Images identitaires et rhétorique: la première de couverture de guides touristiques, Le guide touristique, Protée, vol.39, no2, 2011,  page 114.

[6] « La philosophie et la traduction », dans Kathrin Batcherlor/Yves Gilonne (éds.)(2010) : Translating Thought/Traduire la pensée », Nottingham French Studies, 49/2, pp. 6-16, cf. notre c.r. dans Zeitschrift für Französische Sprache und Literatur 2012, pp. 170-173.

[7] Cf. notre critique dans Lebende Sprachen 2014; 59(1): pp. 188–207.

[8] Cf. Larisa Cercel (2013): Übersetzungshermeneutik. Historische und systematische Grundlegung. St. Ingbert: Röhrig et notre c.-r. dans Lebende Sprachen, 58/2, 393-397.

[9] Stefanink, Bernd (1995) « ­­L’ethnotraductologie au service d’un enseignement de la traduction centré sur l’appre­nant », Le langage et l’homme, 4, pp. 265 – 293.

[10] Cercel (2013 : 143) qualifie notre recherche du terme innovateur de « Korpus-Übersetzungshermeneutik ».

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