Archives du colloque de 2013

Communication de M. Laurent Gauthier – Université de Bourgogne

Les interactions orales dans la formation en langue de spécialité : place, défis méthodologiques et pistes didactiques. Conférence de M. Laurent Gauthier – Université de Bourgogne.

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Ma’moun ALSHTAIWI

Université Lumière Lyon 2, Laboratoire ICAR

Courriel: mamoun.alshtaiwi@univ-lyon2.fr

Titre:Terminologie arabe des télécommunications spatiales et ses problèmes dans un contexte de traduction

Mots-clés: terminologie, traduction, cohérence, corpus spécialisé, nomadisme lexical

Résumé:

Le présent texte analyse la terminologie arabe des télécommunications spatiales dans un corpus arabe traduit de l’anglais. La terminologie existante fonctionne souvent par emprunt et par calques. La traduction des textes vers l’arabe nécessite souvent la formation d’unités terminologiques nouvelles ou des sortes de nomadismes lexicaux. Dans le cadre des principaux modes de création terminologique dits propres à l’arabe (morphologie), le spécialiste du domaine crée des termes selon ses choix personnels et souvent fait recourir à l’emprunt.

Le corpus est ainsi constitué pour la plus grande part par l’œuvre de spécialistes du domaine scientifique concerné, sans l’appui des traducteurs de métier. La communication reviendra sur la situation de la terminologie arabe et les problèmes de la cohérence sur le plan du choix d’une terminologie régionale donnée et de la variation synonymique qui illustrent les questions de traductologie posées par ces corpus.

Bibliographie:

CABRE, Maria Teresa (1998) : La terminologiethéorie, méthode et applications, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa et Paris, Armand Colin, 322p.

DEPECKER, Loïc, (2002) : Entre signe et concept, éléments de terminologie générale, Presses Sorbonne nouvelle, Paris, 129p.

DUBUC, Robert (1980) : Manuel pratique de terminologie, Montréal, Linguatech, CLIF, Paris, 98p.

GUILBERT, Louis (1975) : La créativité lexicale, Larousse, Paris, 285p.

Jean-Claude ANSCOMBRE

CNRS-LDI

Courriel:janscombre@ldi.univ-paris13.fr

Titre:Les parémies: variantes, matrices lexicales et familles parémiques

Mots-clés: figement, parémies, interlangue, critères de figement des parémies, matrices

Résumé:

La thèse usuelle du statut figé des parémies se heurte à de nombreux obstacles, en particulier celui-ci de l’existence de nombreuses variantes, aussi bien strictes que larges. Après avoir illustré ce phénomène sur de nombreux exemples empruntés à plusieurs langues, on montrera que la thèse du figement ne peut être maintenue, car: a) Les critères habituels de figement ne sont pas satisfaits; b) La thèse du figement échoue à expliquer certains phénomènes. On proposera une autre explication, reposant en particulier sur les concepts de matrice lexicale, matrice rythmique et de famille parémique, qui seront appliqués à divers cas.

Bibliographie:

Anscombre, J.-C., Darbord, B., Oddo, A. (dir.), La Parole exemplaire – Introduction à une étude linguistique des proverbes, Armand Colin, coll. « Recherches », Paris, 2012.

  1. Anscombre, J-C., « Las formas sentenciosas: un fenómeno lingüístico ». Revista de investigación lingüística, 13, 2010, p. 17-43.

Mejri, S., « Le figement lexical », Cahiers de lexicologie, 82, (2003).

Anscombre, J-C., « Parole proverbiale et structure métrique », Langages, 139, 6-26(2000).

Lila BACHIR PACHA-ABDESSELAM,

Université Mouloud MAMMERI, Tizi-Ouzou, Algérie

Courriel : lilaabdesselam@yahoo.fr

Titre:Voie empruntée pour exprimer des voix réelles. Cas de la traduction des expressions figées dans le roman de Mouloud Mammeri,  « La colline oubliée »

Mots-clés:Traduction, Figement, Culture, Interculturalité, Littéralité

Résumé:

« La langue française me traduit plus qu’elle ne me trahit » reconnaissait Mouloud MAMMERI lors de son entretien avec Tahar DJAOUT, journaliste-écrivain, en 1987.

Notre but est de recueillir, dans le roman de l’auteur La colline oubliée publié en 1952, des expressions figées qui présentent des démarquages culturels fidèles, dans la langue d’écriture, le français. Ainsi, l’écrivain Mouloud MAMMERI reconnaissait, lors de cette interview accordée au journaliste qu’il a usé des « Voies d’emprunts » pour dire, exprimer des « Voix réelles ». Il a dit son peuple et chanté sa culture si spécifique dans une langue étrangère sans trahir le premier (son peuple), ni amoindrir la seconde (sa culture).

Comment donc s’est faite cette transition entre les deux langues, les deux voix/voies ? Quelle est la part de l’emprunt et celle de la voix vive ? Quelle « réalité intrinsèque à la culture vécue»  la langue de l’autre dissimule-t-elle derrière ses mots ? Quels choix linguistiques MAMMERI a–t-il donc opéré pour traduire un vécu quotidien, dire une situation sociale, exprimer des émotions que lui seul a su rendre dans La Colline Oubliée ?

Pour tenter de répondre à ces questions,nous nous placerons dans une perspective traductionnelle proprement dite, autrement dit dans celle d’un auteur qui vise à mettre le lecteur algérien et/ou maghrébin francophone dans des conditions aussi proches que possible de la réalité vécue par les personnages du roman en rapport avec la trame de l’histoire.

La démarche adoptée sera basée sur une mise en parallèle des expressions figées recueillies dans le roman, en langue française, et leurs équivalents en langue native de l’auteur. Partant du principe que MAMMERI a puisé dans sa langue et sa culture autochtones pour reproduire littéralement en français des expressions figées en berbère, nous espérons arriver à la conclusion que l’expression francophone de l’auteur n’a, à aucun moment, entravé le discours littéraire du roman, ni entaché la culture originelle d’une quelconque déviation. Nous démontrerons ainsi que l’auteur a réussi à faire entendre les « Voix réelles » de son peuple quand bien même il a recouru, tout au long de son œuvre, à des « Voies d’emprunt », par le truchement de la langue de l’autre, un socle linguistique dont l’appropriation par l’auteur n’est pas des moindres.

Bibliographie:

MAMMERI Mouloud, 1952 : La colline oubliée, Ed. Gallimard

CORDONNIER Jean Louis, 1995 : Traduction et culture, Didier Editions.

LEDERER Marianne, 2006 : La traduction aujourd’hui. Le modèle interprétatif, Ed. lettres modernes minard

QUITOUT Michel et MUNOZ Julia 2009 : Traductologie, proverbes et figements Ed. L’Harmattan.

MESCHONNIC Henri, 1999 : Poétique du traduire. Ed. Verdier

Sonia BERBINSKI

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : soniaberbinski@yahoo.com

Titre:Le défigement ou le « dire autrement » du langage

Mots-clés: figement, portée, mécanismes, refigement, déconstruction

Résumé:

Figement et défigement apparaissent comme deux phénomènes qui vont ensemble. Pourtant, le défigement n’est pas nécessairement l’inverse du figement. Il ne représente pas non plus une simple destruction de la construction figée par la restitution du sens dénotatif aux unités qui composent l’item figé. Il faut se demander par conséquent comment on peut définir ce phénomène, quelle est sa portée : est-ce une portée restreinte au langagier, ou bien une portée plus étendue à l’énonciatif? Sur quels mécanismes s’appuie ce phénomène pour se frayer le chemin vers la stabilisation formelle et fonctionnelle ? Est-ce qu’on peut parler d’un refigement ?

Nous allons insister surtout sur les mécanismes de structuration des expressions qui, tout en gardant une mémoire morpho-syntaxique, sémantico-lexicale et encyclopédique, se déstructurent pour se reconstruire et se recontextualiser dans le but de donner au discours où elles sont utilisées une plus grande force argumentative.

Bibliographie

Bernet, C. et Rézeau, P., 1989 : Dictionnaire du français parlé, Editions du Seuil.

Berbinski, S., 2008 : L’Antonymie – phénomène discursif, EUB.

Dictionnaire de compréhension et de production des expressions imagées, CLE International, 1984.

Gorunescu, E, 1981, Dicţionar frazeologic francez-român şi român-francez, Editura Ştiinţifică şi Pedagogică, Bucureşti.

Gross, G, 1988 : Degré de figement et noms composés, in Langages 90, pp. 57 – 72, Paris.

Gross, G., 1996 : Les expressions figées en français, Ophrys, Paris.

Kleiber, G., 1999 : Les proverbes antinomiques : une grosse « pierre logique » dans le jardin toujours « universel » des proverbes, in Bulletin de la Société de Linguistique de Paris, Tome XCIV, pp. 185-207.

Martin, R., 1987 : Langage et croyance, Editions Pierre Mardaga.

Martin, R., 1992 : Pour une logique du sens, seconde édition, PUF, Paris

Martin, R., 2001 : Sémantique et automate. L’apport du dictionnaire informatisé, PUF, Paris.

Rastier, F., 1991a : Sémantique et recherche cognitive, PUF, Paris.

Sonia BERBINSKI

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : soniaberbinski@yahoo.com

Titre:Le Français à travers la chanson. Le FLE en douceur

Mots-clés: formation des formateurs, autonomisation des apprenants et des enseignants, matériel didactique, méthode de français

Résumé:

La professionnalisation des études universitaires suppose, entre autres, la formation des futurs formateurs ou le perfectionnement des actuels. Le métier d’enseignant connaît actuellement une réévaluation à tous les points de vue. Il ne suffit plus d’appliquer des méthodes proposées par des didacticiens ou pédagogues, mais il faut apprendre à se créer son propre matériel didactique, adapter la méthode d’enseignement au groupe de travail, apprendre les élèves/étudiants à apprendre et à gérer leur savoir. Tout cela conduit à une autonomisation tant des apprenants que des enseignants.

Partager son savoir, son savoir-faire et son vécu est la meilleure façon de déclarer son amour envers ses semblables. La création d’un site qui ait comme finalité la conception d’une méthode d’enseignement/apprentissage équivaut à l’ouverture d’une porte vers un monde possible, par où chacun peut entrer et construire son propre monde. Car un site peut représenter un point de départ et un point d’arrivée en même temps : un départ par le modèle qu’il offre à l’enseignant ou à l’apprenant ; une arrivée par les résultats obtenus au cours de l’expérimentation des unités didactiques ou bien par le matériel que le professeur, en se guidant d’après la méthode proposée, crée d’une façon autonome afin de l’adapter aux besoins de sa classe.

Si l’Internet est un voyage de l’individu vers le monde, le livre, c’est le chemin du monde vers l’individu. Une version papier d’un ouvrage a la force d’actualiser le virtuel ; la vie d’un site peut être éphémère, tandis que la vie d’un livre traverse les époques.

Notre intervention se propose de présenter les résultats d’un projet sur l’acquisition des langues par l’intermédiaire de la chanson, d’Internet et du support Karaoké. C’est une modalité de rendre l’apprentissage d’une langue utile et agréable. La méthode que nous avons créée, concrétisée dans le site www.languagesbysongs.eu et l’ouvrage « Le français à travers la chanson » vise à attirer l’apprenant vers l’étude de la langue sans lui donner le sentiment d’un travail fatiguant ni lui laisser l’impression que l’emploi d’un tel support est un travail moins sérieux.

L’utilisation des technologies de l’information permet à l’apprenant et à l’enseignant d’adapter la méthode en fonction de leur besoin immédiats ou à long terme.

Bibliographie:

Boiron, Michel. «Chansons en classe, mode d’emploi», Livret Génération 5, 2005

Boiron, Michel – Approches pédagogiques de la chanson, CAVILAM, Vichy

Cuq (dir.), Jean-Pierre : Dictionnaire de didactique du français, Paris, CLE International, 2003

Tagliante, Christine : La classe de langue, Paris, CLE International, 1994

Lussier, Denise : Evaluer les apprentissages dans une approche communicative, Paris, Hachette, 1992

www.languagesbysongs.eu

Ruxandra BOICU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : ruxandraboicu@yahoo.com

Titre:Agenda cetăţeanului în discursul jurnalistic

Mots-clés:jurnalism, dezbatere electorală, agendă publică, tematici dezbătute, recurenţă

Résumé:

Omagiul pe care doresc să-l aduc domnului profesor Paul Miclău este o cercetare stimulată de contribuţia nepreţuită a domniei sale la dezvoltarea unor domenii de maximă relevanţă, în dubla sa calitate de cercetător ştiinţific preocupat de construcţia interdisciplinarităţii în jurul lingvisticii şi de dascăl dedicat şi respectuos al rigorii actului didactic.

Articolul pe care îl propun reprezintă o continuare a tezei mele doctorale, la elaborarea căreia am fost îndrumată cu profesionalism şi entuziasm de către regretatul profesor Paul Miclău. Domnia sa m-a sfătuit să îmi aplec studiul asupra jurnalismului de televiziune, mai concret, asupra analizei discursului politic şi mediatic, din perspectivă lingvistică.

Studiul de faţă evidenţiază relaţia între agenda cetăţeanului şi configuraţia semantică a discursului jurnalistic, relaţie studiată în cadrul dezbaterii prezidenţiale televizate şi materializată în selecţia tematicilor dezbătute, la care contribuie jurnaliştii moderatori. Dezbaterea electorală televizată este considerată de către politicieni drept ocazia cea mai potrivită pentru a fi văzuţi şi ascultaţi de audienţe totalizând milioane de telespectatori. Ea este percepută ca fiind punctul culminant al campaniilor electorale, cu atât mai mult în ţările unde există tradiţii îndelungate şi respectate în organizarea acestui eveniment/spectacol de televiziune, a cărui miză de mare actualitate este atât să informeze, cât şi să distreze publicul. De o astfel de popularitate se bucură dezbaterile electorale din Franţa. Pentru analiză, am ales cele mai recente dezbateri prezidenţiale, găzduite de televiziunile franceze, cea de pe 3 mai, 2007 şi cea de pe 3 mai, 2012. Cele două emisiuni sunt comparabile, deoarece formatul lor a fost acelaşi. Protagoniştii primei dezbateri au fost Ségolène Royal şi Nicolas Sarkozy, iar în cea de-a doua, s-au confruntat François Hollande şi Nicolas Sarkozy. Mă interesează în special discursul moderatorilor Patrick Poivre d’Arvor şi Arlette Chabot, pe parcursul evenimentului din 2007, şi cel al moderatorilor David Pujadas şi Laurence Ferrari, în 2012.

În cadrul analitic al acestei cercetări, am inclus literatură de specialitate referitoare la rolurile, funcţiile şi misiunile jurnaliştilor de televiziune care conduc dezbaterile prezidenţiale. Se aşteaptă ca aceştia să-şi îndeplinească datoria profesională de a se pune în slujba publicului, în mod responsabil şi etic, după cum considera Habermas (1985) că ar trebui să o facă. Moderatorii jurnalişti trebuie să dovedească telespectatorilor că dau voce preocupărilor lor, că îşi însuşesc agenda publică mai mult decât politicienii candidaţi şi că sunt purtători de cuvânt legitimi ai alegătorilor. După cum scria Charaudeau (2005), jurnaliştii reprezintă veriga de legătură între politicieni şi cetăţeni, al treilea pol al relaţiei triunghiulare între aceste instanţe, la nivel societal.

Obiectivul studiului este compararea temelor propuse de către moderatorii celor două dezbateri menţionate, pentru a verifica gradul în care media adoptă agenda publică, în două perioade distincte ale istoriei recente a Franţei.

Corpusul cercetării este constituit de textele transcrise ale dezbaterilor prezidenţiale, mai precis, de intervenţiile moderatorilor în aceeaşi unitate de timp (2 ore şi 50 de minute, în ambele emisiuni). În 2007, moderatorii au intervenit de 19 ori, iar în 2012, de 20 de ori.

Cadrul metodologic corespunde abordării statistice a unităţilor semantice desprinse din discursul moderatorilor dezbaterilor, a diverselor conotaţii ale problemelor economice, sociale, ale problemelor de societate (educaţie, familie, cultură, mediu), precum şi ale relaţiilor internaţionale, inclusiv aspectele referitoare la Uniunea Europeană.

Ipoteza mea este că ponderea tematicilor din aceste domenii s-a modificat radical în 2012, faţă de 2007 şi că agenda electorală reflectă preponderenţa dificultăţilor economice (şomaj, subsidii, imigraţie etc.). Anticipez ca la dezbaterea din 2012, politicienii candidaţi au fost, in particular, invitaţi să concureze la avansarea celor mai eficace soluţii pentru contracararea crizei economice din Franţa şi din mediul extern.

Bibliographie:

Charaudeau, P. (2005) Le discours politique: les masques du pouvoir. Paris: Vuibert.

Ghiglione, R. si M. Bromberg (1998) Discours politique et télévision. La vérité de l’heure. Paris: Presses Universitaire de France.

Habermas, J.(1985) The Theory of Communicative Action: Volume 2: Lifeword and System: A Critique of Functionalist Reason. Boston:Beacon Press.

Hahn, D. F. (2003) Political Communication: Rhetoric, Government and Citizens. Pennsylvania: Strata Publishing, Inc.

Trognon, A. şi J. Larrue (Coord.) (1994) ‘Les débats politiques télévisés’, în Pragmatique du discours politique. Paris: Armand Colin.

Frédéric BONNOR

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : frederic.bonnor@gmail.com

Titre:Les erreurs dans les productions écrites et orales en français d’un public d’apprenants roumanophones.

Mots-clefs : didactique, interférence, erreur, remédiation, français, roumanophone

Résumé

Cette communication porte sur l’analyse des erreurs récurrentes des apprenants roumanophones de première et de deuxième années de Licence de Lettres et de Licence de langues et littératures étrangères de l’Université de Bucarest. Basée sur un corpus d’examens finaux, cette recherche vise à repérer les erreurs commises, à comprendre leurs sources pour amener les apprenants de français à se poser des questions sur leurs erreurs afin de ne plus les reproduire.

Bibliographie:

BOURGUIGNON (C.), Pour enseigner les langues avec le CECRL : clés et conseils, Paris, Delagrave, 2010 ;

DOCA (G.), Analyse psychologique des erreurs faites lors de l’apprentissage d’une langue étrangère – application au domaine franco-roumain, Bucarest, Edition de l’académie roumaine, 1981 ;

PERDUE (C.). 1980. « L’Analyse des erreurs : Un bilan Pratique » in : Langages, VIII, Paris, Vincennes, vol. 14 n°. 57.

Guilherme CAVALHEIRO

Université de Nantes, France

Courriel :guilherme.cavalheiro@univ-nantes.fr

Titre:D’un Brésil autoritaire et oligarchique à la France actuelle : la traduction d’un texte de 1940 en 2004

Mots-clés:Chico Xavier, André Luiz, Allan Kardec, Brésil, Dictature Vargas

Résumé:

Problématique

La traduction du texte d’une autre époque, comporte deux exigences en principe contradictoires. D’une part, la nécessité d’une fidélité par rapport au sens original et d’autre part, la demande d’un langage adapté au lecteur contemporain. Pour répondre à la première, le traducteur s’impose une connaissance approfondie de la langue et de la culture de l’écrivain à être traduit, sans oublier l’interculture et le moment historique de la production. La deuxième exigence, à savoir l’adaptation d’un vocabulaire « daté », pourra être satisfaite soit par l’ajout d’un texte parallèle – avec des notes explicatives détaillées pour chaque mot inusuel s’éloignant ainsi de l’interculturel – soit par la « modernisation» du sens original, l’adaptant complètement. C’est cette modernisation dans l’effort d’adapter le texte à un nouveau public, qui nous intéresse dans notre recherche. Peut-elle nous servir d’outil pour comprendre les différences entre deux cultures, non seulement du point de vue des différences de langage, mais aussi du décalage social ?

Cadre méthodologique

Si la différence entre deux pays nous replace dans une différence d’espace et de formation sociale, qui implique un contraste d’économies et de sociétés, la distinction de temps nous replace dans la question des différents niveaux de développement historique. Ainsi, quand on compare deux textes, l’original et le traduit, le choix du traducteur pourrait s’expliquer au-delà d’une question subjective individuelle. Les choix sont aussi conditionnés par des contextes sociaux et historiques différents. Dans cette perspective, l’analyse de deux textes, en tant que manifestations de deux cultures, peut se montrer comme un exercice de littérature et société comparées. Pour parvenir à cette comparaison, nous utilisons le cadre théorique du matérialisme historique, basé sur certaines idée-clés du marxisme, notamment celles de Nicos Poulantzas et de Pierre Bourdieu, ainsi que celles de la sociologie de Max Weber. À partir des concepts de sociétés féodale, capitaliste, classe sociale, d’État féodal et capitaliste, de pouvoir traditionnel et moderne, nous essayerons de montrer comment la modernisation du corpus traduit porte avec elle, le contraste profond entre les disparités de deux sociétés. D’un côté, un texte écrit au Brésil dans les années 1940, d’autre part, la traduction faite en France dans les années 2000 : entre les deux, notre analyse qui tentera de montrer la distance spatio-temporel qui se cache derrière le changement de registre idiomatique.

Corpus analysé

Chico Xavier, écrivain brésilien né en 1910 et mort en 2002, a écrit plus de 400 livres d’inspiration religieuse. Disciple des idées d’Alan Kardec, un pédagogue français créateur du mouvement spirite, Chico a transformé les idées théologiques de Kardec en plusieurs romans. Le corpus analysé est le livre Les Messagers, écrit en 1944 en portugais et traduit en français en

2005. Avec pour objectif de diffuser les idées d’Allan Kardec en France par le biais de son disciple brésilien, ce livre a été publié par le Conseil spirite international, un organe qui fédère les différentes associations spirites du monde entier. Pour comparer les deux textes, l’original et la traduction, nous avons choisi les expressions et les paragraphes plus représentatifs de la réalité brésilienne, indiquant des particularités et qui sont, par leur originalité, liés à une phase de développement historique se rapprochant de l’Ancien régime français. Notre analyse sera complétée par un entretien avec le traducteur, qui cherche à comprendre son rapport avec le texte brésilien et sa conception du contenu étudié.

Résultats escomptés

Nous estimons pouvoir démontrer par une série d’exemples, la difficulté de cette modernisation et comment certains passages, d’un portugais daté des années 1940, ont pu trouver un vocabulaire français de nos jours. Et, à partir de ces changements, nous découvriront comment la réalité sociale brésilienne du passé a pu être reproduite dans une traduction française actuelle. En guise de conclusion, nous indiquerons comment le traducteur a cherché des stratégies pour résoudre plusieurs problèmes au cours de son travail.

Bibliographie:

Chico Xavier, Os Mensageiros, Rio de Janeiro, Federação Espírita Brasileira, 2010, 45 édition

(1ère 1944).

Chico Xavier, Les Messagers, Brasília, Conseil Spirite International, 2004, traduction de Pierre Etienne-Jay.

Nicos Poulantzas, Les classes sociales dans le capitalisme aujourd’hui, Paris, Seuil, 1974.

Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La reproduction : Éléments d’une théorie du système d’enseignement, Les Éditions de Minuit, 1970.

Liliana COMANESCU

Commission Européenne

Courriel : floricourriol@yahoo.fr

Titre:EMT – marque de qualité pour les formations en traduction de niveau master

Mots-clés:Master européen en traduction, qualité des traducteurs, compétences minimales

Résumé:

Le projet EMT (Master européen en traduction) a vu le jour alors que la profession était en pleine mutation. Avec l’évolution rapide des technologies, la mondialisation de la communication et les bouleversements historiques en Europe et ailleurs, le secteur des langues était devenu un sujet prioritaire à cause de la pénurie de traducteurs hautement qualifiés et de services linguistiques sur le marché du travail. C’est dans ce contexte que la Direction générale de la traduction (DGT) de la Commission européenne a conçu le projet EMT, initiative visant à promouvoir la qualité des traducteurs et à accroître le nombre de traducteurs disponibles sur le marché dans l’Union européenne. Ce projet vise en premier lieu à encourager les universités européennes proposant des masters en traduction à appliquer des normes professionnelles communément admises et orientées vers le marché. Un groupe d’experts EMT a contribué à mettre au point un socle de compétences minimales que doivent présenter les formations en traduction et à définir un ensemble de critères d’admission pour l’adhésion au réseau EMT, institué en septembre 2009 et qui compte actuellement 54 programmes. Avec la sélection de 2013/14 (appel à candidatures en cours), le réseau va s’élargir et se renforcer, et pourra se concentrer sur les travaux et les résultats concrets des années à venir jusqu’à la prochaine évaluation en 2019.

Florica CIODARU-COURRIOL

ENS Lyon, France

Courriel : floricourriol@yahoo.fr

Titre:Traduction et gestion de l’interculturel

Mots-clés:figement, imaginaire linguistique, traduction, stratégie,

Résumé:

Si on conçoit le figement comme étant porteur d’imaginaire linguistique qui repose sur « le rapport du sujet à la langue, la sienne et celle de la communauté qui l’intègre comme sujet parlant – sujet social (…) rapport énonçable en termes d’image, participant aux représentations sociales et subjectives  » (cf. A-M. Houdebine, 2002, L’imaginaire linguistique, p. 10), on peut envisager aisément qu’il est également porteur d’imaginaire culturel. Hypothèse qui nourrit le travail traductif entre autre et à partir de laquelle le traducteur s’ingénie à trouver les moyens – voire les stratégies nécessaires comme la note du traducteur, l’adaptation phonétique du terme étranger, l’incrémentialisation, etc.) pour reconstruire des structures figées porteuses d’interculturel et, au final un nouvel univers romanesque enrichi de nouvelles données culturelles, civilisationnelles (la méthode qui consiste à ajouter un terme qui explique ou suggère le sens du mot étranger que l’on a gardé).

Notre intervention se propose de rendre compte sous cet angle d’une expérience personnelle: la traduction en français du roman Acasa pe câmpia Armaghedonului de Marta Petreu, à paraître aux éditions l’Âge d’Homme.

Gérer l’interculturel

Le traducteur se trouve ici dans la situation peu confortable où il faut rendre en français des notions qui n’ont pas de couverture linguistique dans cette langue, mais aussi de rendre l’étrangéité du style de Marta Petreu, c’est-à-dire l’emploi d’une langue à l’intérieur d’une autre langue. C’est presque un cas de diglossie, puisque la communauté villageoise utilise le parler local mais aussi la langue littéraire, selon les circonstances. De telle sorte que, à l’intérieur du style général du roman, font surface des termes dont le sens ne peut être saisi par tous les lecteurs qui n’arrivent pas à le décoder au premier abord. Il fallait donc recréer le même rapport à la lecture en truffant le discours du roman de mots d’un parler/patois qui produisent la même surprise linguistique sur un lecteur français. Mon choix s’est porté sur l’occitan pour rendre un registre d’écriture délibérément dépaysant. La romancière exprime sans équivoque l’intentionnalité de son discours dans ce paragraphe relatif à ses premiers pas à l’école et dans la langue littéraire:

Au bout d’une année d’école je connaissais l’alphabet, les opérations élémentaires et une langue étrangère : le roumain littéraire, assez éloigné du patois de la plaine transylvaine de mes parents. Je n’avais le droit d’utiliser cette langue qu’a l’école. Autrement, c’était pris pour un capricei ou un affront envers Mica, elle me ramenait vite à la réalité.

– Fais pas ta mijaurée !

Certaines stratégies traductives sont consubstantielles au figement linguistique. Un seul exemple:

Le terme régional « ticlazăul cu jar » ce fer à repasser a été rendu par l’occitan fer d’alizar qui se comprend du contexte: (« Mica spăla cârpa …si o ticlăza cu ticlazăul cu jar ».(95)

« Deux fois l’an, à Noël et à Pâques, lorsqu’elle se mettait a faire le grand nettoyage et qu’on vidait toute la maison, Mica lavait et amidonnait a la farine les hirondelles bleues, puis elle les repassait avec le fer d’alizar. Ce carré de tissu a résisté pendant des décennies jusqu’au moment où Tinu, comme dans un état second, s’est mis à démolir la maison familiale, à supprimer toutes les traces de notre Père dans la propriété ». (p.90)

Pour un locuteur roumain, le mot « ticlazăul » ne serait pas transparent à lui tout seul, le déterminant « cu jar » (à braises) le charge de sens, et le contexte aidant, permet d’être décodé correctement. De même, pour un lecteur français, si d’alizar est étrange et n’évoque pas grand-chose pour lui, le fer lui indique une possible connotation, par parallélisme (fer à repasser), comme dans un rébus, et le contexte fait le reste.

Anca COSACEANU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : acos49@yahoo.fr

Titre:Compétence interculturelle et approches plurielles des langues-cultures

Mots-clés:didactique de l’interculturel, compétence interculturelle, approches plurielles des langues et des cultures

Résumé:

Notre contribution commence par évoquer les différentes représentations du rapport entre la langue et la culture (étrangères) à enseigner/apprendre, que nous avons dénommées: la culture sans la langue approches à fondement essentiellement psychologique se donnant pour but de développer une sensibilité interculturelle ; la langue et la culture – approche « singulière » centrée exclusivement sur la langue et la culture étrangères ; la culture dans la langue – telle l’approche lexiculturelle de R. Galisson ; les langues et (les) cultures – les « approches plurielles », telles que définies par le CARAP (2010) : l’approche interculturelle, l’éveil aux langues, l’intercompréhension entre les langues parentes et la didactique intégrée des langues apprises (pendant le cursus scolaire et au delà).

L’axe conceptuel qui fonde ce qu’on a pu appeler la méthodologie interculturelle dans l’enseignement des langues est celui de l’approche compréhensive de l’Autre – individu, groupe ou communauté humaine. C’est dans cette perspective que nous examinons les notions de compétence interculturelle, compétence pluriculturelle ainsi que les approches curriculaires qui en découlent, notamment l‘approche globale ou intégrée qui met en œuvre le concept de « curriculum multidimensionnel », composé de quatre syllabi fondamentaux: langue, culture, communication et formation langagière générale. Nous y ajoutons des exemples de descripteurs de compétences proposés par le CARAP pour les parties Langue et Culture, pour formuler enfin quelques questions relatives aux pratiques didactiques qui pourraient mener à l’acquisition et au développement des compétences interlinguistique et interculturelle.

Bibliographie:

Béacco, J.-Cl., 2000, La dimension culturelle des enseignements de langue, Paris, Hachette

Byram, M., 1992, Culture et éducation en langue étrangère, Paris, CRÉDIF, Hatier/Didier, coll. Langues et Apprentissage des langues

Pontoiseau, P.-A., 1992, La Communication culturelle, Paris, Armand Colin

Zarate, G., 1986, Enseigner une culture étrangère, Paris, Hachette

Zarate, G., 1993, Représentations de l’étranger et didactique des langues, Paris, Didier, coll. CRÉDIF essais

Enseignement/apprentissage de la civilisation en cours de langue. Premier et second cycle. Actes de colloque, 1990, Paris, INRP

Kit pédagogique pour l’éducation interculturelle, Conseil de l’Europe, 1995

Cadre de Référence pour les Approches Plurielles des Langues et des Cultures (CARAP), Conseil de l’Europe, 2010

Nina CUCIUC

Université « Mihail Kogalniceanu », Iasi, Roumanie

Courriel: nina_cuciuc@yahoo.com

Titre:Les marques sémantiques supplémentaires des termes médicaux, implémentés dans la sphère du lexique non-spécialisé

Mots-clés:désémentisation, termes médicaux, métaphorisation, marque sémantique, spectre connotatif.

Résumé:

La problématique : en étudiant les voies de transformations sémantiques des termes médicaux, à partir de leur emploi dénominatif, aux fins de transmettre leur coloris professionnel, à la modification de la valeur sémantique du terme par le biais de la métaphore, nous nous sommes préoccupés du statut linguistique du processus, qui reflète la tendance générale d’enrichissement du vocabulaire de la langue littéraire avec le concours des termes des métalangages. Les marques sémantiques supplémentaires et lesnouvelles interprétations lexicales avec lesquelles sont enregistrés les termes médicaux, grâce à l’amplification de leur spectre connotatif par le prisme de l’emploi métaphorique, s’avèrent être très expressives. Conformément au critère de l’appréciation de l’expressivité émotionnelle, elles sont supérieures aux équivalences du langage commun.

Le cadre méthodologique. L’emploi des méthodes : linguistique, descriptive, distributive, comparative, pragmatique.

Le corpus analysé : dictionnaire encyclopédique médical français, dictionnaires médicaux bilingues, traités scientifiques médicaux, revues, journaux mass-médias, œuvres artistiques.

Les principaux résultats escomptés : les termes médicaux employés comme tropes, figures de style, deviennent une source inépuisable de l’enrichissement du lexique d’une langue à travers un processus lexical que nous dénommons du terme de déterminologisation relative. La déterminologisation relative est issue de la métaphorisation du terme spécialisé qui entraîne une amplification connotative, déterminée par l’emploi contextuel non-médical du terme spécialisé.

Bibliographie:

Larousse médical, Librairie Larousse, Paris, 19986.

Dictionnaire de médecine Flammarion, préface de Jean-Pierre Grünfeld, éditions Médecine-Sciences Flammarion, 5e édition, Paris, 1994.

Nistor, Valeria, « Polisemantismul termenilor de specialitate », in Comunicare institutională şi traductologie, Editura Politehnică, Timişoara, 2001, p.301-306.

Toma, Elena,« Despre metafora terminologică în limba română », in Cercetări de lingvistică, vol.27, nr.1, p.15-24, Cluj Napoca, 1982.

Alexandra CUNITA

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : sanda.c@clicknet.ro

Titre:« Trous noirs et fontaines blanches »

Mots-clés:terme, figement, représentation, connotation, langue commune (courante), discours de vulgarisation scientifique

Résumé:

L’astrophysique est, semble-t-il, l’un des domaines du savoir en ébullition, à l’heure actuelle. La découverte, en 1995, d’une première planète extrasolaire, bientôt suivie de celles de quantité de corps célestes de la même classe, sème le désordre dans les modèles, les classifications et les définitions bien connus et généralement admis des astronomes et met ces derniers en déroute, car les critères qui avaient servi jusque-là à identifier les référents de chaque classe d’objets cosmiques et à distinguer les classes les unes des autres ont perdu leur validité. Et le trouble que ces découvertes provoquent dans les représentations des astronomes se reflète dans leur discours, au niveau de la terminologie aussi bien que dans la distribution du sens entre les unités terminologiques d’un (micro)système, autrement dit dans le langage qu’ils emploient dans la communication hautement ou moyennement spécialisée. Les effets des changements qui sont en train de se produire dans les représentations et dans le langage des astrophysiciens/astronomes se laissent voir aussi dans le discours de vulgarisation scientifique, par lequel se prolonge en quelque sorte, sur un continuum, le discours scientifique.

Les termes sur lesquels je me propose de m’arrêter ici sont les unités bilexicales trous noirs et trous blancs – ou, (beaucoup) plus rarement, fontaines blanches (Annie Mollard-Desfour, 2008 : 7), accessoirement sur énergie sombre,matière noire, matière sombre, matière « manquante » qui, plus peut-être que les « objets stellaires » désignés par les premiers, tracasse les scientifiques. Il s’agit de termes qui apparaissent dans le discours de vulgarisation (voir, par exemple, Hubert Reeves, 2007, 2008 ; les magazines Science & Vie, Nos 1126/juillet 2011, 1132/janvier 2012, 1143/décembre 2012 ; Sciences et Avenir, No 790/décembre 2012) aussi bien que dans le discours hautement spécialisé des astronomes. Le terme anglais black hole, dont l’unité terminologique française trou noir est précisément le calque, a d’ailleurs été créé par l’astronome anglais « visionnaire » John Wheeler, en 1968, si ce n’est par un anonyme – l’un de ses auditeurs – qui l’aurait lancé au cours d’une de ses conférences, en 1967. Une comparaison, une analogie établie au plan virtuel par le spécialiste – car personne encore n’a pu observer directement un tel corps céleste – est à la base de la métaphore que recèle ce terme complexe. Des particularités physiques rattachées par la pensée à l’objet en question expliquent certainement la présence du qualificatif noir auprès du nom centre trou dans l’unité terminologique. Cependant, les connotations ne manquent pas : « […] black hole. Un concept sombre au brillant avenir ! » (Sciences et Avenir, 790/décembre 2012, p.3).

Trou noir est une construction lexicale comparable aux locutions du type panier percé, mais dont le figement n’implique pas le degré d’opacité qui caractérise cette dernière expression. Le caractère bloqué de la construction est quand même confirmé, entre autres, par le fait que tout adjectif modifiant l’expression est postposé à l’ensemble : trou noir errant (/vs/*trou errant noir), trou noir fuyard, dans un langage plus ou moins courant, de même que les adjectifs classifiants : trou noir supermassif, trou noir stellaire, trous noirs primordiaux (ou encore micro-trous noirs), dans la terminologie de l’astronomie. On pourrait invoquer aussi l’impossibilité d’introduire le coordonnant et entre le constituant noir – qui n’est pas libre – et un autre adjectif qui jouit de la relative autonomie d’un modifieur : * untrou noir et errant.

Ce qui semble vraiment surprenant, c’est que la langue commune accepte une construction telle que boire comme un trou, alors que dans les textes de vulgarisation scientifique et même dans les textes hautement spécialisés sur les objets cosmiques en question on voit constamment des tours du type les trous noirs avalent / engloutissent /dévorent tout corps céleste qui s’en rapproche trop, jusqu’aux rayons lumineux qui, s’ils passent à proximité d’un trou noir, disparaissent à jamais. Pour les scientifiques, comme pour les vulgarisateurs du discours des premiers, les trous noirs se nourrissent de toutes sortes de corps célestes, ils ne les boivent pas. L’image statique du trou par lequel on regarde pour voir quelque chose (ne rien voir que par le trou d’une bouteille, expression due à Voltaire, cf. Maurice Rat, 1968, p.179) ou qui absorbe [= laisse pénétrer et retient ] un liquide y serait-elle remplacée par l’image dynamique du monstre qui dévore des victimes innocentes ? (Voir aussi les expressions la formation, l’écroulement, le destin d’un trou noir, en opposition avec l’écroulement, le destin d’un trou dans le mur, d’un trou de bouteille, du trou de la serrure, d’un trou normand, etc.)

D’autres questions qui pourraient se poser dans le cadre de l’exposé : Pourquoi l’unité terminologique trou(s) noir(s) apparaît-elle dans des titres porteurs de connotations négatives (La menace des trous noirs errants. Des centaines de ces objets cosmiques redoutablesrôderaient aux portes de notre galaxie…(cf. Sciences et Avenir, No 790/décembre 2012, pp. 50-51)), au fil d’un texte de vulgarisation scientifique ? Que se passe-t-il avec ces connotations dans la traduction ? Est-ce que l’effet affectif expressif est le même quand, dans un pareil texte produit en roumain par exemple, la dénomination utilisée est le terme anglais black hole et non pas son correspondant roumain gaurǎ neagrǎ (Stiinţǎ & Tehnicǎ, Nr.23/Martie 2013, p. 88)?

Bibliographie:

Ardeleanu, Sanda-Maria et al., 2007, Perspectives discursives: concepts et corpus, Iaşi: Casa

Editorialǎ Demiurg.

Béjoint, Henri & Philippe Thoiron (sous la direction de), 2000, Le sens en terminologie, Lyon : Presses universitaires de Lyon.

Cislaru, Georgeta et al., 2007, L’acte de nommer. Une dynamique entre langue et discours,

Paris : Presses Sorbonne Nouvelle.

Florea, Ligia Stela (coord.), 2011, Aspects de la problématique des genres dans le discours

médiatique, Cluj-Napoca : Casa Cǎrţii de Ştiinţǎ.

Gaudin, François, 2003, Socioterminologie. Une approche sociolinguistique de la terminologie,

Bruxelles : De Boeck. Duculot.

Gross, Gaston, 1996, Les expressions figées en français, Paris : Ophrys.

Lederer, Marianne (éd.), 2006, Le sens en traduction, Caen : Lettres modernes Minard.

Schapira, Charlotte, 1999, Les stéréotypes en français : proverbes et autres formules, Paris :

Ophrys.

Sources des exemples :

Mollard-Desfour, Annie, 2008, Le Blanc. Dictionnaire de la COULEUR, Paris : CNRS Éditions.

Rat, Maurice, 1968, Petit dictionnaire des locutions françaises, Paris : Garnier.

Reeves, Hubert, 2007, Chroniques des atomes et des galaxies, Paris : Éditions du Seuil

Reeves, Hubert, 2008, Poussières d’étoiles, Paris : Éditions du Seuil.

Alexandra CUNITA

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : sanda.c@clicknet.ro

Titre:C’était dans les années 80…

Mots-clés:enseignement, sémiotique, langues de spécialité, discours scientifique / vs / discours technique

Résumé:

D’aussi loin qu’il m’en souvienne, le Département de français de l’Université de Bucarest a eu, dans notre pays, la réputation d’un foyer qui projetait vers les jeunes venus s’instruire et se former en tant que futurs enseignants – poussés pour la plupart par le désir d’avoir accès à l’une des cultures les plus anciennes et les plus brillantes d’Europe -, l’image d’une civilisation capable de rivaliser avec les plus grandes de l’histoire humaine, le sens profond de productions spirituelles sans lesquelles notre monde ne serait pas ce qu’il est, la discipline sévère – alliée à une souplesse inattendue et à une raffinement sans égal – d’une langue qui a fait, pendant un long moment, la gloire de notre continent. Conserver cette image inaltérée semblait être le crédo de chacun de ceux qui travaillaient au Département de français, à la Faculté des langues étrangères. Fidèles à ce crédo, les plus illustres des professeurs du Département se faisaient une gloire et une joie de fonder leur activité pédagogique et de recherche sur les acquis des mouvements d’idées qui mettaient en ébullition les milieux littéraires d’un pays ou autre, ainsi que sur les principes des grandes théories qui ont transformé pour un moment la linguistique en véritable science pilote du XX-ème siècle, sur leurs modèles d’analyse respectifs et sur leurs méthodes de travail.

À coté d’autres Collègues qui se sont distingués par leur activité pédagogique et de recherche absolument exemplaire et infatigable, Paul MICLĂU – qui a su doubler son activité professionnelle d’une activité administrative presque permanente – a largement contribué à la diffusion des nouvelles directions d’étude de la langue et de la littérature françaises dans l’enseignement que dispensaient les équipes d’enseignants du Département, à mettre en place les dispositifs pouvant faciliter l’introduction de ces nouvelles directions, à soutenir par des publications – dont certaines impliquaient une collaboration importante de la part des étudiants du moment – l’application de tel ou tel point de vue théorique nouveau.

Je n’évoquerai ici qu’une seule de ses initiatives, qui a engendré au début une certaine méfiance parmi les enseignants du Département, mais qui a eu de puissants échos sur le plan international, à l’époque : l’introduction des langues de spécialité – comme on les appelait de préférence à ce moment-là – dans l’ensemble des disciplines proposées aux étudiants. Deux éditions successives d’un livre universitaire qui s’est inscrit avec gloire dans l’histoire de notre Département ont marqué le moment : l’Introduction à l’étude des langues de spécialité, parue sous la direction du regretté professeur Teodora CRISTEA aux éditions de l’Université, en 1980, et la seconde édition, revue, de l’ouvrage, publiée sous la direction du professeur Paul MICLĂU et intitulée simplement Les langues de spécialité (1982).

Comme le professeur MICLĂU l’affirme dans l’ « Avant-propos » (p.5), cette deuxième édition « est [d’abord] le résultat des recherches menées [au] Département de français de [l’Université de Bucarest], à la suite de l’intérêt pour [le domaine en question], manifesté par des spécialistes français et étrangers », et aussi sans doute «la réplique du cours […] institué en 1977» – cours donné par lui-même – «pour des raisons scientifiques et didactiques»: les étudiants se préparant à devenir professeurs de français « devaient se mettre au courant de cette nouvelle direction, plus importante, peut-être, chez nous qu’ailleurs», car «la majorité écrasante des lycées [roumains avaient été transformés à l’époque] en lycées spécialisés.» Une attention particulière fut alors accordée aux discours technique et surtout scientifique.

Bibliographie:

Miclǎu, Paul, 1970, Le signe linguistique, Paris – Bucureşti: Klincksieck–Ed. Academiei Române.

Miclǎu, Paul, 1977, Semiotica lingvisticǎ, Timişoara : Facla.

Miclǎu, Paul (sous la direction de), 1982, Les langues de spécialité, Bucureşti : E.U.B.

Miclǎu, Paul, 1983, Signes poétiques, Bucureşti : Editura didacticǎ şi pedagogicǎ.

Dan DOBRE

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : dandobre26@yahoo.fr

Titre:Pour une « archéologie du savoir » – orgues de barbarie

Mots-clés: diffractions sémiques, univers de croyance, image d’univers, carré sémiotique, champ de présence, constellation discursive.

Résumé:

Notre étude se propose de:

1. repérer les diffractions sémiques contextuelles et extracontextuelles et partant les « ruptures » de l’imaginaire collectif à l’intérieur de la même formation discursive, ruptures collatérales qui n’affectent pas le noyau dur du synthème en question ;

2. mettre en évidence les « constellations discursives » construites autour de la « tête » et de son déterminant en fonction des univers de croyance collectifs ;

3. déterminer la décidabilité des énoncés incorporant notre lexie.

La principale constatation de notre recherche porte sur l’existence en Europe de deux espaces langagiers et géographiques qui font valoir différemment dans « lalangue » lacanienne, selon leurs propres normes fictionnelles, la systémique sémantique des deux unités du synthème.

Bibliographie

Houdebine, A.-M., et Baudelot, C., « L’imaginaire linguistique dans la communication mass-médiatique », Enseignement et médias, Paris, Didier, 1986, pp. 44-58

Houdebine, A.-M., « L’imaginaire linguistique », in Sémeion no 7, mai 2008, Université Paris Descartes

Martin, R., Langage et croyance, Bruxelles, éd. P. Mardaga, 1987

Dan DOBRE

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : dandobre26@yahoo.fr

Titre:UB2 – Les enjeux de la formation

Mots-clés: professionnalisation, logique actionnelle, titraille, interactionnisme, structures cognitives

Résumé:

La construction et le fonctionnement de la revue on-line estudiantine UB2, fruit d’une convention signée avec l’Université de Bourgogne (Dijon) a mis en chantier une triple logique : actionnelle centralisée, accompagnée d’une décentralisation des responsabilités, de production de textes et du résultat qui suppose la mise en débat des produits.

Réalisé en contexte universitaire, le projet nous a permis de forger une équipe estudiantine répondant en grande partie aux exigences d’une formation professionnelle efficace. Nous avons touché à la problématique complexe de la professionnalisation en mettant en pratique des concepts comme : la gestion, la psychologie du travail, la sociologie des professions, etc.

Bibliographie

Wittorski, R., 2007, Professionnalisation et développement professionnel, Paris, L’Harmattan

Mezirow, J., 2001, Penser son expérience, Paris : Chronique sociale

Hugues, E. C., 1996, Le regard sociologique, Paris, EHESS

Felicia DUMAS

Université « Al. I. Cuza » de Iasi, Roumanie

Courriel : felidumas@yahoo.fr

Titre:Traduire des textes religieux orthodoxes : enjeux, problématique, spécificité

Mots-clés:traduction, Orthodoxie, spiritualité, terminologie spécialisée, langue française

Résumé:

Nous nous proposons de réfléchir sur la problématique et les enjeux culturels des traductions faites du français en roumain et du roumain en français des textes religieux orthodoxes, de spiritualité ou de théologie, ainsi que sur leur spécificité. Nos remarques seront sous-tendues par l’analyse d’un corpus constitué de trois livres traduits par nous-même, deux du français en roumain, Propos d’un moine orthodoxe et Certitude de l’invisible, publiés aux éditions Doxologia de la Métropole de Iasi, et un autre, du roumain en français, Le Père Païssié Olaru, paru en 2011 aux éditions L’Âge d’homme de Lausanne. Pour toute entreprise de traduction, le choix des textes à traduire est essentiel ; dans le cas précis de ces textes, il l’est, peut-être, encore plus. Il est déterminé et imposé par l’horizon d’attente, culturel et religieux, confessionnel, du public des deux espaces culturels, et par la familiarité du traducteur avec le paradigme religieux et surtout avec l’Orthodoxie d’expression française. Les deux premiers livres ont été choisis pour l’impact spirituel de leur contenu, ainsi que pour la notoriété théologique de leur auteur, le père archimandrite Placide Deseille, grand patrologue et moine orthodoxe d’origine française. Le troisième a été choisi pour la personnalité spirituelle remarquable dont il présente la vie et l’enseignement, le père Païssié Olaru, du skite de Sihla, parfaitement intégrable dans la collection « Grands spirituels orthodoxes  du XXe siècle », dirigée par Jean-Claude Larchet, l’un des plus grands théologiens orthodoxes français contemporains, et publiée par la maison d’édition L’Âge d’homme, à grande diffusion en France métropolitaine.

Les enjeux de ces traductions sont de nature culturelle et confessionnelle à la fois, les Français et les occidentaux francophones convertis à l’Orthodoxie, se montrant très intéressés par la spiritualité roumaine, représentée comme traditionnellement orthodoxe, et prise ainsi comme modèle et référence d’authenticité en matière de doctrine et de pratique liturgique. En même temps, avec les contenus spirituels orthodoxes de ces livres, sont véhiculés des contenus culturels, étroitement liés aux premiers. Transposés par des équivalences dans le texte même de la traduction, ou explicités dans des notes en bas de pages, les deux types de contenus représentent l’un des aspects spécifiques de ce type de traductions, dus à l’implantation et à l’évolution totalement différente de l’Orthodoxie en Roumanie et en France.

De l’autre côté, le public roumain de culture orthodoxe se montre très intéressé par les points de vue théologiques et l’expérience spirituelle des grandes personnalités de l’Orthodoxie d’expression française, comme le père archimandrite Placide Deseille, l’auteur des deux livres français que nous avons choisis de traduire en langue roumaine, ancien moine catholique converti à l’Orthodoxie. Cet intérêt est alimenté aussi par la nouveauté de la représentation de l’espace français comme religieux et orthodoxe, depuis l’enracinement de l’Orthodoxie en France (vers le début du siècle dernier), et par l’usage religieux orthodoxe de la langue française (peu ou non représentée comme support d’expression des contenus confessionnels de l’Orthodoxie).

Nous nous proposons d’étudier la problématique complexe de ces traductions spécialisées, qui relève tant de la spécificité des contenus religieux qu’elles véhiculent, que de la maîtrise obligatoire de la part du traducteur/de la traductrice, de ce que nous avons appelé une terminologie religieuse orthodoxe en langue française, du vocabulaire religieux roumain (chrétien-orthodoxe), et des contraintes culturelles qui l’oblige à respecter, en langue roumaine surtout, les normes stylistiques des textes de cette facture. Cette problématique concerne plusieurs particularités d’usage spécialisé, religieux orthodoxe, des deux langues et notamment du français, de types lexical, morpho-syntaxique, stylistique et conceptuel.

À partir de ces réflexions théoriques, basées sur l’analyse pratique des trois versions, nous aimerions mettre en évidence le côté spécialisé de ce type de traductions, qui réclame en même temps un profil très spécialisé de leur traducteur.

Bibliographie:

Dumas, F., Dicţionar bilingv de termeni religioşi ortodocşi: român-francez, Iaşi, Mitropolia Moldovei şi Bucovinei, Editura Doxologia, 2010.

Meschonnic, H., Poétique du traduire, Lagrasse, Verdier, 1999.

Pym, A., Pour une éthique du traducteur, Arras, Artois Presses Université, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1997.

Ţenchea, M., Dicţionar contextual de termeni traductologici, Timişoara, Editura Universităţii de Vest, 2008.

Elena-Ilinca DUMITRU

Université Pétrole-Gaz de Ploiesti, Roumanie

Courriel: elena.dumitru75@gmail.com

Titre:L’environnement lexical des unités terminologiques en français de l’informatique

Mots-clés:langue spécialisée, terme, environnement lexical, collocations, combinaisons lexicales spécialisées (CLS)

Résumé:

L’accent qui est mis les dernières années sur le discours va de pair avec le grand intérêt attaché à l’environnement linguistique des termes (verbes, noms, adjectifs qui gravitent autour d’eux), longtemps négligé à cause d’une vision de la terminologie limitée à « l’univers de la cognitique et de la classologie » (Rousseau, 1993: 9). Les nombreuses études consacrées à ce sujet (par exemple: Homme, Meynard, 1998; Roberts, 1993; Pavel, 1993) ont mis en évidence le fait que les termes préfèrent la compagnie de certaines unités lexicales à la place d’autres unités synonymes qui pourraient s’y substituer, étant donné les conventions qui existent à l’intérieur d’un sous-domaine de spécialité. Ces acquis concernant l’environnement lexical des unités terminologiques aideront les traducteurs et les spécialistes en devenir à produire des textes de spécialité et à s’exprimer comme un spécialiste du domaine considéré.

Dans le domaine de l’informatique, pour qu’un futur spécialiste ou un traducteur témoigne de la maîtrise de cette langue spécialisée, il faut savoir, par exemple, que le terme ordinateur se combine avec démarrer et éteindre plutôt qu’avec ouvrir et arrêter.

L’Homme et I. Meynard (1998: 201) font nettement la distinction entre groupements associés à la langue commune appelés collocations et les groupes associés à un domaine de connaissance, appelés combinaisons lexicales spécialisées(CLS) dans la description desquelles la collocation est prise comme point de référence.

L’extraction et la collecte des CLS dans le corpus que nous avons considéré (tutoriels informatiques – à consulter http://www.framasoft.net/rubrique4.html, des discussions sur les forums de spécialité – à consulter les forums sur le bien connu site d’informatique http://www.commentcamarche.net et des articles tirés de l’archive des revues informatiques en ligne 01net à consulter http://www.01net.com/ et L’Ordinateur Individuel – à consulter http://www.01net.com/rub/ordinateur-individuel/10481/lordinateur-individuel/) ont été guidées et facilitées par le choix d’un terme nominal, qui a été pris comme l’élément central de la combinatoire: il s’agit du terme objet direct ordinateur. Les co-occurrents que nous avons retenus appartiennent à la catégorie du verbe transitif direct. Les résultats du dépouillement du corpus sont les suivants: nous avons collecté 71 co-occurrents verbaux qui se combinent avec le terme objet direct ordinateur dans le domaine de l’informatique.

La méthode de l’énumération de co-occurrents verbaux transitifs directs sous le mot clé ordinateur est productive et elle nous a permis, lors de la description, d’établir concrètement quelques structures syntaxiques: Actant 1 (utilisateur) (verbe transitif direct) Actant 2 (ordinateur), Actant 1 (compagnie informatique) (verbe transitif direct) Actant 2 (ordinateur), Actant 1 (méthode/service/technologie/application informatique) (verbe transitif direct) Actant 2 (ordinateur), Actant 1 (équipement de réseau) (verbe transitif direct) Actant 2 (ordinateur).

Les avantages de la description formulée sont évidents et d’un large intérêt pour la terminologie actuelle: connaître et pouvoir utiliser les CLS par un futur spécialiste de l’informatique, signifie qu’il sera à même de produire des textes de spécialité, tout en s’exprimant comme le spécialiste de l’informatique et en témoignant ainsi de la maîtrise de la langue spécialisée du domaine considéré.

La description des CLS peut se réaliser aussi à partir d’une autre méthode (L’Homme, 2001: 19-22) qui met en évidence les restrictions de sélection des co-occurrents. Cette méthode s’avère de réel intérêt pour l’analyse de la construction du sens et de la référence des termes dans le discours de l’informatique et nous a permis de rendre compte de la théorie selon laquelle les termes qui se combinent avec un co-occurrent verbal font partie de la même classe conceptuelle (par exemple, le co-occurrent verbal initialiser se combinent avec des termes qui désignent des composantes matérielles).

Bibliographie:

L’Homme, Marie-Claude & Isabelle Meynard (1998) : « Le point d’accès aux combinaisons lexicales spécialisées: présentation de deux modèles informatiques », TTR: traduction, terminologie, rédaction, vol. 11, no. 1, pp. 199-227.

L’Homme, Marie-Claude (2001) : « Combinaisons lexicales spécialisées. Regroupement des mots clés par classes conceptuelles », In Daille, B. et G. Williams (éd.) Journées d’étude de l’ATALA. La collocation. Rapport de recherche, Nantes: Institut de recherche en informatique de Nantes, pp. 19-22.

Pavel, Silvia (1993): «La Phraséologie en langue de spécialité: méthodologie de consignation dans les vocabulaires terminologiques », Terminologies nouvelles, no. 10, pp. 67-82.

Antonia ENACHE

ASE, Bucarest, Roumanie

Courriel : antonia_enache_1975@yahoo.com

Titre:Strategii discursive ale “candidaţilor opoziţiei” în confruntǎrile televizate în vederea alegerilor prezidenţiale

Mots-clés:alegeri prezidenţiale, candidatul opoziţiei, strategii discursive, clişeu, legitimitate

Résumé:

Articolul isi propune o analiza a discursului politicienilor care candideaza in alegerile prezidentiale, si in special analiza strategiilor discursive folosite cu precadere in dezbaterile televizate finale ce preced alegerile de acest tip.

Pentru scopurile lucrarii de fata, am ales sa ne concentram asupra discursului candidatilor opozitiei. Corpusul analizei noastre consta in doua dezbateri televizate de importanta majora in alegerile ultimilor ani de pe scena internationala, si anume: prima confruntare televizata dintre Presedintele in exercitiu al SUA, Barack Obama, si contracandidatul sau Mitt Romney, datata 3 octombrie 2012, si singura confruntare dintre fostul presedinte francez Nicolas Sarkozy si actualul presedinte Francois Hollande, datata 2 mai 2012.

Lucrarea analizeaza discursul celor doi politicieni care, in momentul dezbaterii, reprezentau opozitia in alegeri, Mitt Romney si Francois Hollande. Sunt accentuate trasaturile comune discursurilor celor doi candidati.

Se porneste de la premisa ca discursul prezidentiabililor ce vin din partea opozitiei urmeaza niste reguli clare, relativ usor de identificat. In afara de diferenta evidenta dintre discursul candidatilor puterii (centrat in jurul unor notiuni “clasice” cum ar fi siguranta, stabilitatea si continuitatea) si cel al candidatilor opozitiei (centrat in jurul valorilor opuse: schimbare, reforma, etc.), discursul candidatilor opozitiei are de asemenea la baza o anumita motivatie psihologica. Plecand de la tipul de provocare cu care candidatul opozitiei se confrunta (provocare legata in principal de ideea de legitimitate – candidatul trebuie sa se proiecteze ca lider legitim, in primul rand la nivel psihologic, in subconstientul colectiv, pentru a putea triumfa in alegeri si a lua locul adversarului), discursul acestuia aduna anumite valente si se concentreaza in jurul unor anumite tipuri de strategii discursive.

Primul procedeu caracteristic acestui tip de discurs este folosirea cliseelor epocii. Astfel, vom arata ca aceste clisee sunt impartite in anumite categorii, in functie de scopul discursului; de asemenea, cliseele nu sunt universal valabile, ci tind sa se schimbe in urma fiecarui eveniment de importanta majora pe scena politica internationala.

Cea de-a doua strategie porneste tocmai din dorinta candidatului de a obtine legitimitate in ochii potentialilor electori. In acest scop, candidatul opozitiei are la dispozitie o gama variata de posibilitati, ce includ nu numai realizarile proprii, ci mai ales esecurile adversarului, fie ele reale sau inventate.

O a treia strategie discursiva este cea pe care am numit-o “exprimarea intentiei”. In contexte dificile, cum ar fi cel al crizei economice actuale, promisiunea este inlocuita de intentie in limbajul politicienilor. Acest lucru se intampla pentru ca promisiunile sunt mai greu de indeplinit (in special din motive economice), si tocmai de aceea, pentru a nu “pierde fata” si a nu-si periclita imaginea publica in cazul unui esec, politicienii prefera sa inlocuiasca angajamentul ferm (promisiunea) cu o simpla exprimare a bunelor intentii.

Falsul acord este o alta strategie discursiva folosita adesea de actorii politici. Ea se refera la acele fragmente de discurs care debuteaza prin exprimarea unui acord de suprafata cu adversarul, numai pentru a distruge ulterior punctul de vedere al acestuia si a-l promova pe cel propriu, net superior, in viziunea vorbitorului, desigur.

Ultima strategie mentionata in lucrarea de fata se refera la impartirea brutala, maniheista a oamenilor si situatiilor in bune si rele, albe si negre. Se efectueaza asadar o polarizare a termenilor discursului, iar in cadrul acestei polarizari, vorbitorul se situeaza pe sine insusi la polul pozitiv, iar pe adversar la polul negativ.

Articolul nu isi propune o abordare exhaustiva a strategiilor discursive caracteristice politicienilor opozitiei; ceea ce ne dorim, este sa scoatem in evidenta un anumit tip de abordare a electorilor si sa identificam o serie de tehnici ale discursului care apar in mod repetat in acest tip de comunicare.

Lucrarea de fata reprezinta un omagiu adus dlui Prof. Univ. Dr. Paul Miclau. Ea se constituie intr- o continuare a dizertatiei mele de doctorat, Promisiunea politica, teza elaborata sub indrumarea dlui Profesor. Consider ca influenta domniei sale asupra activitatii mele didactice si publicistice este una covarsitoare, iar suportul concret si moral al domniei sale, sfaturile si indrumarile acordate au reprezentat un sprijin incomensurabil in toata activitatea mea stiintifica si academica.

Bibliographie:

Beciu, Camelia: Comunicare politica, comunicare.ro, Bucuresti, 2002.

Chilton, Paul: Analysing Political Discourse, Theory and Practice, Routledge, London and New York, 2004.

Scurtulescu, Antonia: Promisiunea politica, Lucman, Bucuresti, 2006.

Thoveron, Gabriel : Comunicarea politica azi, Antet, Oradea, 1996 (Traducere din limba franceza de Marius Conceatu).

Lynne FRANJIE

Université Grenoble-Alpes / LIDILEM, France

Courriel: Lynne.Franjie@u-grenoble3.fr

Titre:La traduction des collocations médiatiques : étude des stratégies de traduction (arabe-français)

Mots-clés:traduction, discours médiatique, collocations, perceptions, arabe

Résumé:

Les collocations sont des figements relativement stables qui interpellent autant le linguiste que le traductologue parce qu’elles relèvent autant de l’étude du langage que de celle de l’imaginaire linguistique. En arabe, ce type de figement est massivement présent dans le discours médiatique mais il est paradoxalement peu étudié, en particulier du point de vue traductologique. Or, certaines associations lexicales présentent une telle fréquence qu’elles méritent d’être étudiées de façon approfondie.

Les collocations arabes sont, en effet, non seulement porteuses d’un usage langagier spécifique mais également d’une charge culturelle partagée. C’est pourquoi examiner leur fonctionnement discursif revient à étudier le rôle que joue cet imaginaire dans le processus de figement. De même, étudier leur traduction permet de mieux comprendre les défis posés par le passage d’une langue à l’autre, surtout si les deux langues étudiées sont éloignées comme le français et l’arabe.

Ces collocations représentent un champ d’observation fertile en traductologie, par l’étude de la gestion de l’interculturel qui se profile en arrière-plan et par l’observation des stratégies de traduction mises en œuvre. En examinant les aspects sémantiques et socioculturels que le traducteur choisit de privilégier au moment de les traduire, il est possible de mettre en évidence la charge culturelle, émotionnelle et parfois idéologique que le sujet traduisant véhicule, malgré lui, à travers un ensemble de vocables et d’associations lexicales. En effet, outre le fait que la traduction de ces collocations met à mal le principe de neutralité du traducteur, elle ouvre la voie à l’étude des conceptions, des perceptions et des intentions qui influencent l’imaginaire du traducteur dans le processus de traduction.

Après une mise au point sur les critères qui permettent de définir les collocations en arabe et d’en dégager une typologie opératoire pour le traducteur, nous nous pencherons sur les différentes possibilités de traduction vers le français des collocations arabes extraites d’un corpus médiatique en lien avec le Printemps arabe. À partir d’un échantillon de traductions rassemblées dans le cadre d’une expérimentation didactique menée avec des étudiants avancés en traduction arabe-français, cette communication discutera les choix de traduction qui peuvent être opérés dans ce contexte et cherchera à déterminer les options qui s’offrent au traducteur confronté à des collocations arabes. En particulier, l’analyse des sèmes et des valeurs qui sont mis en avant dans le processus traductionnel de ces collocations permettra de savoir si les conceptions, les perceptions et les intentions du traducteur reflètent bien le sens original ou bien si elles ont tendance à prendre le dessus dans son imaginaire linguistique pour re-figer le sens dans la traduction.

Bibliographie:

Guidère (2010), « Introduction à la théorie analytique de la traduction et de l’interprétation », Babel, 56:4, pp. 290-310

Tutin Agnès, Grossmann Francis (2002), « Collocations régulières et irrégulières : esquisse de typologie du phénomène collocatif », Revue Française de Linguistique Appliquée, Lexique : recherches actuelles, p 7-25, vol VII.

Laurent GAUTIER

Université de Bourgogne, France

Courriel : laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Titre:Les interactions orales dans la formation en langue de spécialité : place, défis méthodologiques et pistes didactiques

Mots-clés:discours spécialisés, formations linguistiques, défis méthodologiques

Résumé:

Sous le poids des approches en termes de genres et/ou de types de textes, la recherche linguistique sur les discours spécialisés s’est focalisée, quasi unanimement, sur la problématique de l’écrit. Les chercheurs et les formateurs disposent ainsi aujourd’hui d’un vaste ensemble de descriptions le plus souvent fines du spectre de genres discursifs constitutifs de telle ou telle spécialité, descriptions ayant débouché sur des mises en œuvre didactiques plus ou moins réussies. Or, les formations linguistiques ayant comme visée commune la formation en communication interculturelle appliquée à des domaines de spécialité (négociations commerciales, médiation technique, etc.) ne peuvent que partiellement puiser dans ce « réservoir » de bonnes pratiques dans la mesure où les situations auxquelles elles doivent préparer les étudiants sont majoritairement des situations orales, au double sens du terme : en matière de médium et en matière de conception.

Cette intervention se propose donc de partir de cette place particulière des interactions orales dans la communication spécialisée pour interroger tout d’abord les défis méthodologiques que ces dernières posent aux chercheurs : Sur quels critères définir les situations pertinentes ? Comment accéder à des données authentiques utilisables tant d’un point de vue scientifique que didactique ? Comment implémenter, en linguistique des discours spécialisés, les acquis de l’analyse conversationnelle et de la linguistique interactionnelle ? Quels niveaux d’analyse linguistique privilégier ?

Sur la base des réponses à ces questions, il conviendra ensuite d’envisager les pistes didactiques qui pourraient se dégager d’une recherche focalisée sur ces aspects : que tirer des résultats de la recherche linguistique ? Comment implémenter les corpus oraux dans l’enseignement ? Quelles activités mettre en place dans la classe ?

Les réflexions théoriques présentées ci-dessus seront illustrées d’exemples issus de deux projets européens ayant abordé ces problèmes de front : le projet Leonardo VinoLingua et le projet KA2 Tell Me A Story.

Raphaëlle HEROUT

Université de Caen Basse-Normandie, France

Courriel : raphaelle.herout@gmail.com

Titre:Le figement contrarié de l’esthétique surréaliste

Mots-clés:Surréalisme – figement linguistique – détournement – subversion – construction du sens

Résumé:

Dans son entreprise de subversion de la pensée dominante d’après-guerre, jugée étouffante et sclérosante pour l’esprit, le Surréalisme s’est emparé du langage pour transformer la société. Pour ces jeunes poètes, un nouvel emploi du langage devait libérer la pensée d’entraves héritées, et émanciper l’homme. Un certain nombre de faits linguistiques, suspectés de véhiculer et perpétuer certaines valeurs rejetées, sont alors passés au crible de la poétique surréaliste, comme l’emploi de la subordination – en tant que fonction hiérarchisante –, de la conjonction donc, qui consacre le raisonnement logico-déductif, ou encore les tournures figées. Celles-ci, dans la perspective de la Révolution Surréaliste, sont combattues pour le figement intellectuel qu’elles provoquent, car tout figement se compose d’associations déjà-faites, transmet du déjà-pensé prêt à être réutilisé, et entretient ainsi des schèmes de pensée devenus obsolètes pour ce monde nouveau en construction.

Cela apparaît très clairement sous la plume de Breton, dès 1924 : « Les mots sont sujets à se grouper selon des affinités particulières, lesquelles ont généralement pour effet de leur faire recréer à chaque instant le monde sur son vieux modèle. […] Il suffit que notre critique porte sur les lois qui président à leur assemblage ». Le travail du poète sera alors de briser les affinités sémantiques et syntaxiques des collocations, locutions, proverbes et autres catachrèses, de jouer avec le moule formel de la structure figée pour tourner en dérision, voire battre en brèche les représentations culturelles portées par ces éléments langagiers, tout en explorant les failles de la chaîne linguistique. Le but affiché est bien de perturber les structures fermes pour subvertir l’évident, le connu, et ainsi, avec une conscience aiguë de l’arbitraire du signe, créer de nouvelles images et entrevoir de nouveaux possibles. La perturbation de ces lois, ou même le défigement, en rompant le pacte langagier traditionnel, engage, par effet de surprise, une nouvelle lecture qui, sans pour autant porter atteinte à la syntaxe, redonne aux mots la possibilité de signifier pleinement. Aussi voulons-nous développer la façon dont les surréalistes investissent les structures figées, par la réactivation des catachrèses, la réintroduction d’ambiguïtés syntaxiques là où le langage quotidien les élimine, par l’attribution d’un sens compositionnel à des locutions normalement non-compositionnelles dans le but de créer des excès de sens qui doivent raviver les forces vives du langage. Le modèle de l’Imaginaire Linguistique, envisagé pour le surréalisme dans les déclarations explicites et vigoureuses des poètes sur la langue, le langage et la communauté, qu’ils entendent refonder précisément par un nouveau rapport au langage, nous servira de cadre méthodologique pour étudier la revue Proverbe, fondée par Eluard et Paulhan, les 152 Proverbes mis au goût du jour d’Eluard et Péret ainsi que différentes proses de Breton.

Ce corpus nous permettra d’expliciter ce travail sur l’axe paradigmatique du langage où se jouent à la fois, par la perturbation des propriétés combinatoires, la libération du mot et la possibilité d’une jouissance dans le rapport à la substance verbale. Un regard sur ces usages littéraires atypiques pourra ainsi éclairer certains phénomènes de figement qui cristallisent de nombreuses interrogations poétiques et, en offrant un point de comparaison avec le langage quotidien, montrer que le figement est porteur de nombreux possibles de langue.

Anne-Marie HOUDEBINE-GRAVAUD

Université Paris Descartes – Sorbonne, France

Courriel:

Titre:De l’intégration de l’Imaginaire linguistique à l’Imaginaire culturel 

Mots-clés:imaginaire linguistique, imaginaire culturel, norme, conceptualisation

Résumé:

L’Imaginaire linguistique, théorisation élaborée dans les années 1975-80, à partir des enquêtes opérées pour la thèse de doctorat ès lettres et sciences humaines, près de plus d’un millier de locuteurs sera définie et illustrée linguistiquement à l’aide de relevés de paroles de locuteurs et d’analyses d’écrits de linguistes. Cf. par exemple, André Martinet « Peut-on dire d’une langue qu’elle est belle » où est démontrée qu’aucune causalité linguistique ne soutend les représentations de la « beauté » du français ou de sa « clarté ». Celles-ci relèvent donc d’un autre ordre. Ce que tend à montrer l’autre notion avancée : celle d’Imaginaire culturel.

Les étayages présentés expliciteront d’une part le processus de conceptualisation de ces notions et leur approfondissement au fil des études ; d’autre part le voisinage puis l’intégration de l’Imaginaire linguistique à l’Imaginaire culturel, notion venue d’une refonte de celle d’Imaginaire social de Cornelius Castoriadis, des textes saussuriens (entre autres « la carte forcée du signe »), des études linguistiques sur la norme (les normes ou les « sentiments linguistiques »), de commentaires d’écrivains sur la langue (par exemple, à propos de la réforme de l’orthographe en français) ainsi que de textes littéraires, ou de comparaisons de traduction, révélateurs des imaginaires linguistiques et culturels.

Gabriela ILIUTA

Université Spiru Haret, Roumanie

Courriel: gabi.iliuta@gmail.com

Titre:Roumains déracinés de Paul Miclău: retour à l’être à travers l’auto-traduction et l’autofiction

Mots-clés: autobiographie, métissage culturel, sémiotique, linguistique, Paul Miclau

Résumé:

Marcher sur les pas d’un écrivain qui ne veut pas faire tomber son masque n’est pas chose facile surtout quand l’autobiographe s’appelle Paul Miclău, linguiste, sémioticien, poète, essayiste et traducteur. Le volume Roumains déracinés (Ed. Publisud, Paris, 1995) que l’auteur a auto-traduit de l’ouvrage en roumain Comoara (Ed. Facla, Timisoara, 1989), fortement censuré à l’époque, gagne en valeur à travers la rencontre heureuse du français du professeur et du patois de l’auteur. Ce qu’il n’a pas pu/voulu dire dans sa propre langue, le roumain, serait donc restitué par l’intermédiaire d’un métissage culturel unique, rendant l’être profond caché sous les voix de l’auteur, du narrateur et du personnage. Dans cette étude nous nous proposons de tenter éclaircir le brouillage délibérément introduit par le Professeur qui adorait traduire et se traduire comme défi et retour à son être.

Bibliographie:

Ducrot, Oswald, Le dire et le dit, Editions de Minuit, Paris, 1984.

Gasparini, Philippe Est-il Je? Roman autobiographique et autofiction, Seuil, Paris, 2004.

Genette, Gérard, Fiction et diction, Points Seuil, Paris, 1991.

Lejeune, Philippe, Le Pacte autobiographique, Seuil, Paris, 1975.

Mohamed JADIR

Université Hassan II, Mohammedia, Maroc

Courriel:

Titre:Grammaticalisation et traduction : Approche fonctionnelle

Mots-clés:grammaticalisation, idiomatisation, traduction, marqueurs de discours

Résumé:

Bien qu’il soit l’un des phénomènes relevés depuis les anciennes réflexions sur le langage, le phénomène appelé communément « grammaticalisation » n’a pas été suffisamment exploré dans le cadre des théories linguistiques.

En Grammaire Fonctionnelle (GF dorénavant), Dik (1978, 1980) a proposé un principe général dit le ‘Principe du transfert de la marque’ qui s’est révélé pertinent pour l’examen des phénomènes relevant du paradigme diachronique (e.g. intégration des constituants externes (Dik 1980 ; Jadir 1993, 2005), littétralisation de l’implicature (Moutaoukil 1991), grammaticalisation des marqueurs de discours (Jadir 2000, 2006), etc.).

Dans cette communication, notre examen portera, dans un premier temps, sur deux cas de grammaticalisation : (a) l’intégration de la fonction pragmatique externe de Thème dans la clause (la phrase) et (b) l’idiomatisation des expressions métaphoriques (Dik 1988, Moutaouakil à par.). Le choix de ces deux phénomènes s’explique par le fait que si le processus diachronique de l’absorption du Thème s’arrête au niveau de la perte de la marque (i.e. grammaticalisation), le second se caractérise par la littéralisation, i.e. la dé-idiomatisation (ou ‘le défigement’) des expressions idiomatiques.

Dans un deuxième temps, et après un survol des présupposés théoriques et méthodologiques de l’approche fonctionnaliste de la traduction humaine et automatique (Dik 1986a,b ; van der Korst 1987 et 1989 ; Dik & Connolly 1989 ; Dik & Kahrel 1992, etc.), nous procèderons à un test du degré d’adéquation de ladite approche à rendre compte de certains ‘problèmes de traduction’ dont particulièrement celui des expressions idiomatiques.

Bibliographie:

Dik, S. C. 1980. Studies in Functional Grammar. London/New York: Academic Press.

Dik, S. C. 1980. ‘Idioms in Functional Grammar’. Paper, Institute for general linguistic, University of Amsterdam.

Dik, S. C. 1997. The theory of Functional Grammar. Part 1&2. Berlin/New York : Mouton de Gruyter.

Dik, S. C. & P. Kahrel. 1992. ‘ProfGlot: a multilingual natural language processor’. WPFG 45.

Hannay, M. & E. Vester. (eds.). 1990. Working with Functional Grammar: descriptive and computational applications.Dordrecht : Foris.

Jadir, M. 2000. ‘Type de discours, marqueurs de discours et cohésion textuelle : le cas de pourtant et cependant’. In J. J. de Bustos & P. Charaudeau & J. L. Girón & S. Iglesias & C. López (eds.), Lengua, discurso, texto (I Simposio Internacional de Analisis del Discurso). Madrid: Visor Libros, 591-601.

Jadir, M. 2005. La cohérence du discours en Grammaire Fonctionnelle : Le cas du texte narratif. Rabat : Ed. Bouregreg.  

Jadir, M. 2006. Grammaire Fonctionnelle et paramètres textuels. Rabat : Ed. Bouregreg.  

Jadir, M. (ed.). 2011. Fonctionnalisme et description linguistique. Sarrebruck : Editions Universitaires Européennes.

Korst, van der. B. 1987. ‘Twelve sentences: a translation procedure in terms of Functional Grammar’. WPFG 19.

Korst, van der. B. 1989. ‘Functional Grammar and machine translation’. In J. Connolly & S.C. Dik (eds.). Functional Grammar and the Computer. Dordrecht : Foris.

Moutaouakil, A. 1991. ‘On representing implicated illocutionary force: grammar or logic ?’. WPFG 40.

Moutaouakil, A. (à par.). ‘Defreezed icebergs : a functional account of de-idiomatized idioms’.  

Mohand Ou Yahia KHERROUB

Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, Algérie

Courriel : kheryaya@yahoo.fr

Titre:Linguistique pragmatique et Traduction : qu’en est-il vraiment ?

Mots-clés:contexte, actes du langage, énoncé performatif, implicite et traduction

Résumé:

La linguistique pragmatique, une des branches récentes de la linguistique, se définit comme étant l’étude de la langue en situation de communication. En s’intéressant à la « parole », elle se démarque profondément de la linguistique structurale qui se préoccupait de la « langue ». En ce faisant, les pionniers de la linguistique pragmatique à l’instar de Paul Grice, J. Austin, J. Searle, Oswald Ducrot et Catherine-Kerbrat Orecchioni redonnent à la dimension humaine (les interlocuteurs) son importance dans la communication, longtemps négligée par l’approche saussurienne du langage.

Par ailleurs, l’histoire de la traduction fut marquée par une confrontation permanente entre sourciers et ciblistes : l’approche des uns est littérale, orientée vers le texte-source, sa langue, son auteur, et sa culture alors que celle des autres est libre, regarde du côté du public auquel on traduit, sa langue et sa culture. Cependant, si nous regardons de plus près une telle opposition, nous constaterons qu’au-delà de cette divergence de taille, il en existe une autre dont on ne parle presque pas : la traduction littérale s’appuie sur la  « langue » au moment où la traduction libre repose sur la « parole ». Autrement dit, la première s’accroche aux « significations » et la deuxième tâche de rendre le « sens ».

Suite à nombre de lectures faites au sujet de la linguistique pragmatique, nous en sommes arrivés à être persuadé que cette science partage avec la traductologie quelques aspects du langage, notamment l’ « implicite » et le « contexte ». La linguistique pragmatique pourrait ainsi enrichir les recherches en traduction. Cependant, de quelle manière ? Dans quel type de texte ? Avec quel public ? En quel lieu ? A quel temps ? Par ailleurs, si tel était le cas, serait-ce une façon de dire que la traductologie n’est pas prête à se dissocier des études linguistiques ?

C’est en tout cas ce que nous allons essayer de vérifier dans notre analyse d’un corpus consistant en quelques textes, spécialisés et littéraires, déjà traduits. Nous tenterons d’analyser ces traductions ensuite y apporter notre point de vue, nos critiques et suggestions. Nous essayerons, du coup, de faire appel à des réflexions traductologiques dont le support méthodologique est essentiellement la linguistique pragmatique, à l’exemple des études menées par Mona Baker et Leo Hickey, et de voir à quel point elles peuvent s’appliquer en traduction littéraire et/ou spécialisée.

Enfin, nous pensons pouvoir tirer quelques conclusions concernant l’apport de la linguistique pragmatique à la traductologie mais surtout à la traduction et répondre aux questions posées en haut, notamment vérifier si la question du type de texte dans le rapport  traduction/linguistique pragmatique est déterminante ou pas.

Bibliographie:

GUIDERE, Mathieu, Introduction à la traductologie– penser la traduction : hier, aujourd’hui, demain, Bruxelles, De Boeck, 2008.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine, L’implicite (2ème édition), Paris, Armand Colin, 1998.

LATRAVERSE, François, La pragmatique histoire et critique, Bruxelles, Pierre Mardaga Editeur, 1987.

MAINGUENEAU, Dominique, Pragmatique pour le discours littéraire, Edition mise à jour, Paris, Dunod-Bordas, 1990.

Mirela LAZAR

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : miralazar05@yahoo.com

Titre:De la Une télévisuelle à la ‘Une’ multimédia – l’identité d’un espace discursif et énonciatif à valeur ajoutée

Mots-clés:transformation du journal, l’information médiatique, intertextualité, hypermédialité

Résumé:

Je suis très honorée d’avoir eu le Professeur Paul Miclau comme directeur de thèse. En 1996, il m’avait parlé d’un livre (Le journal quotidien de M. Mouillaud et J.-F. Tétu, 1989) qui décrivait, à travers le cas de mobilité et de transformation du journal Libération, une tendance de l’ensemble des médias, « dont une caractéristique est de refléter les uns les autres en miroir » (op. cit., p. 195). L’architecture de ce journal, une forme « instituante », « en progrès » (idem), avait quelque chose d’une « structure polymorphe : quotidien et magazine, presse imprimée et journal audiovisuel » (ibidem, p. 199). Cette réflexion sur l’interaction des médias dans l’organisation matérielle du discours d’information, dans le régime d’énonciation, dans l’organisation narrative du propos allait inspirer ma recherche doctorale : une analyse sémio-discursive de l’information médiatique dans le journal imprimé sous l’emprise de la télévision, dans l’intervalle compris entre 1996 et 2004. Je suis redevable au Professeur Miclau de mon ouverture ultérieure aux recherches sur l’évolution du journal et du journalisme à l’heure d’Internet.

Dans cette communication, à travers laquelle je lui rends un modeste hommage, je me propose d’analyser les stratégies discursives et énonciatives qui se conjuguent pour donner à la ‘Une’ (la page d’accueil) du journal en ligne son identité multimédia et de cerner les paramètres qui en créent une valeur ajoutée pour les stratégies de lecture.

En effectuant sa mutation sur le net (changement de support technologique), le journal papier, déjà empreint du « modèle communicationnel de la néo-télévision » (Lazar, 2005), passe d’un contrat de lecture (contraintes situationnelles et discursives) et d’un projet de parole (les stratégies de discours dans les deux registres, du verbal et du visuel) fondés essentiellement sur l’implication émotionnelle de la cible, sur une rhétorique de l’interpellation verbale et visuelle et sur le coefficient scopique du propos à des articulations stratégiques qui privilégient plus la flexibilité du cadre contractuel, le relationnel et la multi-dimensionnalité de la structure de signification de la page-écran, introduisant des parcours de méta-lecture. L’intertextualité et l’hypermédialité changent la structuration de l’information et son appropriation. Dans son articulation interne (basée sur l’hypertexte) et la multiplicité des mises en forme (une ‘sémiosis illimitée’), le journal en ligne se donne à voir « davantage comme une potentialité que comme un état statique » (Pélissier et al., 2002). La page d’accueil, avec sa face d’ouverture vers toutes les informations stockées, mime la mise en page du journal papier. A la différence de la version imprimée, dans le cas du journal en ligne, « les limites du texte ne sont plus celles du support » (Utard, 2002, p. 83).

Traitée comme une unité discursive-énonciative globale (Lazar, 2005), cette première page est l’espace le plus dynamique de manifestation de la combinaison de stratégies. Celles-ci sont déployées au niveau des formes textuelles, de l’organisation iconique et du « cadre sémiotique » de cette page-écran.

Notre appareil méthodologique relève de l’analyse de discours où les formes sémiotiques viennent interagir. L’observation d’un corpus composé des quotidiens Evenimentul zilei,România Liberă, Ziua et Libertatea des années 2003 et 2004 et des journaux en ligne Gandul.info et Cancan.ro de 2013 permet de tester l’hypothèse que la valeur ajoutée de la ‘Une’ plurimédia de l’information en ligne réside dans la puissance des paramètres de visualisation et dans une meilleure ergonomie cognitive procurée à la lecture.

La recherche mettra également en évidence les continuités et les ruptures entre la mise en scène de l’information dans cette structure de communication (objet sémiotique) qu’est la première page dans le journal papier et le journal numérique.

Bibliographie:

LAZAR, M. (2005), Le journal à l’image de la télévision, București, Editura Universității din București.

MOUILLAUD, M. et TÉTU, J.-F. (1989), Le journal quotidien, Lyon, Presses Universitaires de Lyon.

PELISSIER, N. et al. (2002), « L’information en ligne, un nouveau paradigme pour la médiation journalistique ? » [en ligne] Disponible sur : http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/06/20/91/PDF/sic_00000145.pdf

UTARD, J.-M. (2002), « Du portail au site. Le repli énonciatif de la presse en ligne » (dossier), Médiamorphoses n°4, INA, Paris, pp. 83-87.

Grzegorz MARKOWSKI

Université de Silésie, Pologne

Courriel:

Titre:Les activités ludiques dans le processus d’enseignement/apprentissage des langues de spécialités aux jeunes adolescents et aux adultes. Présentation des résultats d’une enquête.

Mots-clés:enseignement, techniques ludiques, enquête, résultat

Résumé:

Dans cet article, nous présentons les résultats de l’enquête sur l’enseignement de la langue de spécialité qui a été réalisée du 4 au 15 mars 2012 dans deux écoles privées. Ces résultats reflètent le rapport des élèves envers le processus d’apprentissage de la langue étrangère et envers la personnalité de l’enseignant.

On a questionné des élèves de 15 à 18 ans et ceux de 19 à 25 ans; et aussi des professeurs qui enseignent les langues de spécialité de 5 ans à 15 ans et ceux qui le font plus que 15 ans.

Pour que cette enquête soit le plus vraie possible, nous nous sommes décidé de proposer de répondre aux questions posées anonymement. L’anonymat est un fort élément à l’aide duquel nous avons pu obtenir de vrais résultats. Alors l’enquête où on questionne les apprenants a été menée en l’absence du maître, et on a assuré les apprenants interviewés de ne pas faire voir les résultats à l’enseignant. L’analyse des réponses des apprenants montre qu’un fort pourcentage d’entre eux aime apprendre une langue étrangère et participer aux cours de langue de spécialité surtout au cas où le processus d’enseignement est mené de façon intéressante, amusante et ludique. Les résultats indiquent aussi que les apprenants aiment agir c’est-à-dire jouer les scènes, inventer, créer, négocier, donner quelque chose d’eux-mêmes; ils aiment être en mouvement, en général ils aiment bien s’amuser. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’ennuient aux cours.

Bibliographie:

Markowski Grzegorz, Perception du lexique spécialisé. Études d’efficacité de différents textes. 2008, Katowice, Wyd. UŚ, praca naukowa nr 2608, str. 180.

Markowski Grzegorz, Etude comparative de la fréquence du lexique dans de divers textes spécialisés. De l’utilité didactique du texte authentique.2012, Synergies Algérie, 16, str. 163-176.

(http://ressources-cla.univ-fcomte.fr/gerflint/Algerie16/markowski.pdf)

Markowski Grzegorz, L’influence de l’âge des jeunes apprenants sur leur attitude envers le processus d’apprentissage de la langue étrangère.2008, Synergies Pays Scandinaves, 3, Arhus, str. 45-50.

(http://ressources-cla.univ-fcomte.fr/gerflint/Paysscandinaves3/markowski.pdf)

Oana MOLDOVEANU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : oana.i.moldoveanu@gmail.com

Titre:Argumentation et rhétorique dans le discours iconique publicitaire

Mots-clés: publicité, discours iconique, rhétorique, argumentation, stratégies rhétoriques et argumentatives

Résumé:

Toute spontanée qu’elle puisse paraître, la publicité n’est pas le fruit de l’improvisation. Derrière la publicité il y a tout un mécanisme subtile – rhétorique et argumentatif – qui s’articule sur les piliers de l’image et du texte. Nous nous proposons, tout d’abord, d’apporter une vision globale sur la rhétorique et l’argumentation dans le discours iconique publicitaire, en relevant la spécificité de ce type de discours au niveau des mécanismes et des stratégies rhétorico-argumentatives qui le régissent. Dans un deuxième temps, nous envisageons de mettre en évidence les stratégies bénéfiques pour augmenter l’efficacité de l’acte publicitaire, à savoir les stratégies rhétoriques et argumentatives censées déclencher la réaction optimale de la part du public-cible.

Les fondements théoriques sont étayés sur des exemples de publicités analysées du point de vue des mécanismes rhétoriques et argumentatifs sur lesquels elles sont construites, tant au niveau du message iconique, qu’à celui du message textuel. Notre attention s’est portée principalement sur les publicités sur support papier (magazines), car celles-ci sont, d’une part, plus accessibles, et d’autre part, s’avèrent être les plus fiables aux yeux des consommateurs, la confiance qu’ils font à ce type de publicité reposant sur le contact direct que la publicité sur support papier privilégie, à la différence de la publicité sur supports numériques. Une partie de l’analyse est dédiée à un type spécial de publicité: les affiches des pièces de théâtre, que nous avons estimées particulièrement riches en contenu rhétorique et argumentatif, portant une forte charge symbolique et se prêtant ainsi à une analyse sémiotique.

Bibliographie:

Amossy, R., 2006, L’argumentation dans le discours, Paris, Armand Colin

Dobre, D., 2012, Introduction à une épistémologie de l’image publicitaire, Bucarest, EUB

Durand, J., 1970, Rhétorique et image publicitaire, in Communications, no 15, pp. 70-95

Tuțescu, M., 1998, L’argumentation, Bucarest, EUB

Samira MOUTAKIL

Université Hachémite, Jordanie

Courriel : s.moutakil@gmx.fr

Titre:La traduction des temps verbaux du français à l’arabe

Mots-clés:Traduction, temps verbal, culture, didactique, arabe

Résumé:

La traduction d’une langue à une autre demande et exige certaines connaissances socioculturelles et une bonne maîtrise sémantico-grammaticales dans deux langues pour pouvoir rendre le texte dans la langue cible.

En traduisant, on doit regarder la place des mots, c’est-à-dire l’ordre, les idées et les images, sauf lorsque la grammaire et l’usage exigent le changement de place. Le changement de fonction et souvent le changement de place des mots supposent une nuances dans le sens, ainsi que le temps verbal.

En assurant un cours de français à des futurs guides touristiques, on a remarqué que la traduction des temps verbaux du français à l’arabe et vice versa présente un dilemme pour les apprenants.

En ce qui concerne cet article, on a décidé de mettre le point sur la traduction du temps verbal vers l’une ou l’autre langue car ceci pose problème aux étudiants pour leur utilisation même à un niveau très avancé.

On a commencé par composer un corpus de phrases contenant l’imparfait, le plus que parfait, la passé simple, le conditionnel, la passé récent, le présent progressif et le futur proche. Le choix était arrêté sur ces temps car ils n’existent pas tels quels mais ils ont besoin d’une particule de temps ou d’un adverbe pour les rendre dans la langue cible (l’arabe). Pour ce faire, on a constitué un corpus de 14 phrases en français qu’on a soumis aux étudiants ayant le niveau A1+ pour les traduire en arabe.

Par la suite, on a dégagé ce qui ressort de leurs traductions et on a travaillé les phrases au cours en faisant une explication pour chaque choix, sachant qu’ils ont eu recours à Google pour traduire quelques phrases. Ainsi, leurs traductions et leurs explications nous ont permis de faire une analyse sémantico-syntaxique assez détaillée et la présentation les résultats de cette expérience.

On arrive à la synthèse que tout travail de traduction mérite d’être étudié sous différents aspects et cette expérience nous a donné l’idée d’intégrer la traduction dans nos cours pour sensibiliser les étudiants à la langue et ses subtilités et ceci a donné des résultats très intéressants puisqu’ils ont commencé à apprendre et comprendre plus facilement le français.

Bibliographie:

Benjamin, W. (1992) »The Task of the Translator, » Illuminations .Benjamin, W. « La tâche du traducteur», Illuminations.Trans.Trans. Harry Zohn, Fontana Press.Zohn Harry, presse Fontana, 1992.

Gentzler, E., Contemporary Translation Theories, London and New York: Routledge, 1993.

George Mounin, Les problèmes théoriques de la traduction, Ed. Tel Gallimard, Paris, 1987.

Mathieu Guidère, Introduction à la traductologie, penser la traduction : hier, aujourd’hui, demain, Ed. de Boeck, 1998.

Newson Dennis, » Translation and Language Teaching. Language Teaching and Translation«  (Malkmjaer, 1998:63-67) Dennis, «Traduction et didactique des langues, « L’enseignement des langues et traduction » (Malkmjaer, 1998:63-67).

Ortega Y Gasset (1992), J.,’Misery and Splendor of Translation’ in Schulte, R., Biguenet, J., Theories of Translation: an Anthology of Essays from Dryden to Derrida, Chicago: University of Chicago Press, Translated by Elizabeth Gamble Miller. Paul Ricœur, Sur la traduction, Ed. Bayard, Paris 2004.

Ortega Y Gasset, J., «La misère et la splendeur de la traduction dans Schulte, R., Biguenet, J., théories de la traduction: une anthologie d’essais de Dryden à Derrida, Chicago: University of Chicago Press, Traduit par Miller Gamble Elizabeth, 1992.

Bentolhoda NAKAHEI

Université Sorbonne Nouvelle, Paris

Courriel : nakhaeihoda@gmail.com

Titre:Comment traduire les figements Linguistiques et interculturels des Quatrains d’Omar Khayyâm en Français et en Anglais

Mots-clés:Quatrains, Fitzgerald, Traduction, Figement, Sens

Résumé:

Les Quatrains d’Omar Khayyâm sont pour la première fois diffusés en Occident par la traduction d’un auteur anglais, Edward Fitzgerald (1859). Cette collection de traductions est une adaptation libre de poèmes du poète persan qui devient un classique de la littérature anglaise pour elle-même. Ensuite, les autres traducteurs anglais tels qu’E.H. Whinfield et J. Arberry proposent d’autres traductions en suivant les adaptations rééditées de Fitzgerald. En France, des auteurs français comme Jean-Baptiste Nicholas, Etty Couzyn et Charles Grolleau s’intéressèrent également à présenter des versions françaises de ces quatrains à partir de la traduction d’Edward Fitzgerald. Cependant, ce poète anglais, n’est pas parvenu à transmettre le sens sous-jacent des expressions idiomatiques et la richesse phraséologique qui existent dans le texte persan. Tandis que dans les Quatrains le sens sous-jacent des métaphores se réfère normalement aux éléments célestes, mystiques et culturels, dans les traductions anglaises et françaises, le sens des métaphores et leur image ont été altérés dans le but de satisfaction du goût du grand public. Cette communication se centralise sur une analyse de déformation du sens sous-jacent (Pour reprendre l’expression d’Antoine Berman) des structures figées dans les Rubaîyats d’Omar Khayyâm engendrées par la première traduction anglaise aux XIX siècle. Cela dit, on abordera les problèmes interculturels et linguistiques de traduction d’un texte majeur dans la littérature persane, en faisant appel aux méthodes de la traductologie moderne, notamment en utilisant les outils conceptuels forgés pour la critique des traductions par Antoine Berman. Il est évident que le traducteur doit détenir un savoir référentiel sur le contexte littéraire, culturel et linguistique du texte source pour qu’il puisse rendre non seulement la forme mais surtout le sens voulu par l’auteur dans sa traduction. Néanmoins, dans la traduction anglaise de Fitzgerald, la subjectivité de Khayyâm et le sens du sous-texte (qui constitue l’une des faces de la rythmique et de la signifiance de l’oeuvre) sont négligés et réexprimés comme une nouvelle création littéraire. C’est pourquoi les six traductions majeures (trois en anglais, trois en français) des Quatrains constituent un champ littéraire intéressant et argumentatif pour étudier et analyser le passage du sens des figements et imaginaires linguistiques et interculturels de la langue persane aux langues anglaise et française.

Zoran NIKOLOVSKI

Université « Saint-Clément d’Ohrid » de Bitola, République de Macédoine

Courriel:zorannikolovski@yahoo.fr

Titre:Traduction de certains anglicismes dans le domaine de l’armement et de l’armée

Mots-clés: anglicisme, traduction, armement et armée

Résumé

L’armée américaine est une des armées les plus puissantes du monde. Sa puissance provient du développement technologique des Etats-Unis qui possèdent et utilisent des moyens d’armement les plus modernes, de leur supériorité économique et militaire sur les autres pays du monde, du complexe militaro-industriel qui est important aux États-Unis, de la faiblesse des autres pays, du fait que l’Union européenne n’a pas de véritable armée ni de politique étrangère commune etc. Ce sont des raisons de pénétration de beaucoup d’anglicismes dans la langue française.

L’objectif de cet article est, d’une part, de présenter la contribution de la Commission générale de terminologie et de néologie en tant que moyen de correction de certains termes étrangers, anglicismes, pénétrés dans la langue française et recommandés dans le Journal Officiel de la République française. D’autre part, notre objectif est de présenter la contribution du Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française qui donne sa contribution dans plus de 200 domaines d’activité et qui représente la variante canadienne recommandée par rapport à ces emprunts lexicaux.

Tous les anglicismes de notre corpus que nous allons analyser sont apparus en français après la Deuxième Guerre mondiale et font partie du domaine de l’armement et de l’armée. Nous allons élaborer un échantillon de 8 unités comme booby-trap, briefing, deterrent, fall-out, maintenance, offshore ou off-shore, sniper et stick. Nous allons présenter aussi un échantillon de 5 unités recommandées par le Grand dictionnaire terminologique comme briefing, ICBM, incapacitant, MIRV, sniper. Dans le cas des unités briefing et sniper, nous allons présenter les deux formes différentes recommandées, la variante française et celle du Canada. La présence de ces anglicismes nous montre l’influence de la langue et de la culture anglo-américaine sur la langue et la société française. En exposant les recommandations du Journal Officiel de la République française et celles du Grand dictionnaire terminologique, nous allons présenter l’intervention de France et celle du Québec dans le domaine de l’armement et de l’armée.

Izabela OPREA

Université des Sciences Agricoles et Médecine Vétérinaire, Bucarest, Roumanie

Courriel: izabela_oprea78@yahoo.com

Titre:La délimitation des collocations en langue de la zootechnie

Mots-clés:langue de la zootechnie, collocation, figement, transparence

Résumé:

Ces dernières années, le nombre des travaux centrés sur les collocations s’est multiplié, bien des linguistes manifestant de l’intérêt dans ce domaine. Cependant, en ce qui concerne la langue de la zootechnie, les collocations ne sont pas beaucoup étudiées. Aussi nous proposons-nous de présenter dans notre intervention une tentative de délimitation de ces unités polylexicales particulières. La méthodologie que nous adopterons sera basée sur la définition de la collocation donnée par Haussmann, ainsi que sur la définition et les critères de délimitation des collocations énoncés par par Tutin et Grossmann.

Pour distinguer les collocations des autres notions voisines, nous ferons appel à la typologie grammaticale et sémantique de Haussmann et aux cinq paramètres énoncés par Tutin et Grossmann : la transparence, l’arbitraire, la binarité, la dissymétrie et la notion de co-occurrence restreinte.

Le corpus sera formé d’un article de la revue Production Animale, intitulé << Alimentation hivernale des vaches allaitantes en zone de montagne>>.

Notre travail comprendra plusieurs étapes:

1. définir les collocations et les classes de collocations pour le français, en utilisant la méthodologie mentionnée ;

2. extraire les unités phraséologiques candidates au statut de collocation ;

3. appliquer les principes de la typologie grammaticale et sémantique de Haussman et ceux de la typologie de Tutin et Grossmann sur l’ensemble des candidats trouvés dans notre corpus.

Bibliographie:

1.Haussmann, Franz Josef et Blumenthal, Peter, <<Présentation : Collocation, Corpus , Dictionnaires>>, Langue Française, 2006/2 no 150, pages 3-13.

2. Mel’ĉuk, Igor, <<Collocations and Lexical Functions>> in Cowie, A.P. , Phraseology Theory, Analysis and Application, Clarendon Press, Oxford, 1998,pages 23-55 ;

3. Rey González, Isabel, La Phraséologie du Français, Presses Universitaires du Mirail, 2002 ;

4. Tutin, Agnes et Grossmann, Francis, <<Collocations régulières et irrégulières : esquisse de typologie du phénomène collocatif >>, 2002, http://w3.u-grenoble3.fr/tutin/Publis/RFLA.pdf

Ioan PANZARU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: panzaru@gmail.com

Titre:Métiers de la langue / métiers de la culture

Mots-clés:professionnalisation, métiers de la langue et de la culture, économie

Résumé:

Le titre de notre section, « La Professionalisation des études universitaires », invite à des réflexions sur la situation des métiers de la langue et de la culture dans le monde, ainsi que sur les actions formatives que cet état des lieux suggérerait. Deux sont les faits majeurs qui s’imposent à notre examen : la mondialisation (qui enlève aux études culturelles le caractère exclusivement national et impose un contexte interculturel) et l’émergence de l’économie créative (qui rassemble dans une même région des entreprises à personnels internationaux).

Najib REDOUANE

California State University Long Beach

Courriel : najibredouane@yahoo.com

Titre:La richesse poétique de Paul Miclău

Mots-clés: poétique, hommage, art des sonnets, fraoncophonie, Paul Miclau

Résumé:

Professeur à l’Université de Bucarest, Paul Miclău est linguiste, sémioticien, chercheur, essayiste et traducteur. Il est également poète, auteur de plusieurs volumes de sonnets. Sa carrière littéraire exemplaire l’érigeait comme l’une des figures les plus importantes de la Francophonie dans son pays.

Le but de notre communication est de lui rendre un vif hommage, en présentant quelques aspects de son écriture poétique, marquée par une plume sincère, une imagination fertile et une sensibilité aiguë. Sa maîtrise de l’art des sonnets, son renouvellement constant de la thématique couvrant des dimensions larges et la quête des formes d’expression influencées par ses connaissances linguistiques rendent sa poésie riche et singulière qui font de lui un des grands poètes contemporains au sein de la Francophonie Mondiale.

Bibliographie:

Œuvre poétique de Paul Miclau

Daniela ROVENTA-FRUMUSANI

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel : danifrumusani@yahoo.com

Titre:Le discours publicitaire et l’interface rhétorique iconique /rhétorique linguistique

Mots-clés: poétique, publicité, sémiotique, linguistique, Paul Miclau

Résumé:

A la suite du professeur Miclau, que l’on peut nommer à juste titre « contemporain de sa posterité », nous nous proposons de continuer l’investigation de l’interférence visuel /linguistique au niveau de la sémiotique du discours publicitaire, interférence suggérée dans les années 70 par Roland Barthes et Jacques Durand dans le numéro liminaire Communications 16 qui a ouvert la voie à des recherches fertiles à même de faire le double travail questionnements théoriques /pratiques pluricodiques du discours publicitaire.

Située au carrefour de la problématique marxiste (le “fétichisme de la marchandise) avec le freudisme (mécanisme du désir – inessentiel d’ailleurs), la sociologie (des “styles du vie”) et la sémiotique, la publicité en tant qu’approche “esthétique” de la marchandise est un phénomène emblématique de la société contemporaine dont la complexité et omniprésence nous interpelle continuellement. “Elle constitue un carrefour obligatoire pour la compréhension des mutations du monde contemporain” (D. Bougnoux, 1992: 13).

De point de vue sémiotique et poétique, la publicité fournit un syncrétisme pertinent lettre / texte / sons / images, où règne la complémentarité des codes de l’objet (utilitaire, commercial, socio-culturel et mythique).

Les énoncés publicitaires n’existent pas isolés. Ils constituent un genre discursif à part caractérisé par le syncrétisme des codes sémiotiques; la densité intertextuelle (phénomènes de recyclage, transformation, détournement des discours publicitaires antérieurs mais aussi des textes appartenant à d’autres champs discursifs: scientifique, fonctionnel, quotidien); la variété des interactions discursives (interpellation didactique ou ludique du consommateur, pression de l’objet anthropomorphisé et mythologisé etc.).

À côté d’une stratégie “dénotative” en termes de coûts / bénéfices, on actualise de plus en plus une stratégie “connotative” basée sur l’exploitation (réactualisation) des mythes, archétypes et symboles. “La publicité devient le creuset dans lequel diverses images peuvent coexister, en créant une culture universelle très ouverte et d’une certaine façon laxiste. Le terrain est très favorable à l’émergence des mythes, soit par la récupération des mythes anciens, soit par la génération de nouveaux mythes spécifiques à l’imagination à la sensibilité, aux problèmes du monde moderne” (G. Cornu, 1990: 65).

La rhétorique du discours publicitaire

En extrapolant les trois grands régimes de la rhétorique ancienne: le délibératif, le juridique et l’épidictique, on définira la communication publicitaire comme hybridation de publicité délibérative (infra i) infrastructurée par l’enthymème et de publicité épidictique (infra ii)

  1. Le produit X est authentique (traditionnel ou par contre novateur, révolutionnaire):

Or vous adhérez aux valeurs naturelles ou au paradigme de la modernité;

Donc achetez le produit X .

  1. L’argumentation épidictique est infrastructurée par la célébration des objets, paysages exemplaires (Camel, Marlboro Country) qui interpellent le public au niveau du DELECTARE ancien ou du LIKE du marketing moderne. L’amplification temporelle (pérennité de la marque) et spatiale (globalisation des publics :tous les âges, races etc.) caractérisent les images de l’épidictique, indexé symboliquement.

Emblème de la société de consommation, mais aussi de la culture postmoderne intertextuelle, perspectiviste et iconique, la publicité coagule de manière pertinente les principales caractéristique de la vidéosphère contemporaine: l’événementiel, la corporalisation, la séduction (cf. aussi R. Debray, 1991: 51).

Comme une conséquence naturelle des procédés divers d’expoitation intertextuelle (construction par captation et détournement des textes antérieurs – D. Maingueneau, 1998), la publicité nouvelle accentue prioritairement l’image de la publicité (poiesis) et non pas l’image du monde (mimesis).

Bien que dans les deux cas (publicité classique /vs/ métapublicité dans la formulation de G. Lipovetsky) fonctionnent la mythologisation, l’esthétisme, les lois du mythe et du rêve, la nouvelle publicité s’adresse moins aux consommateurs “pragmatiques” du produit qu’aux récepteurs qui adhèrent à la nouvelle culture publicitaire et qui “arrivent à consommer les produits pour pouvoir participer au discours publicitaire” (cf. aussi N. Everaert-Desmedt, 1990: 467).

Bibliographie:

Adam, Jean-Michel & Bonhomme, Marc, 1997, L’Argumentation publicitaire, Paris, Nathan

Amossy, Ruth, 2010 Largumentation dans le discours,3eme édition, Paris, Armand Colin

Barthes, Roland, 1964, “Rhétorique de l’image” in Communications 4

Beciu, Camellia, 2011 Sociologia comunicării şi a spaţiului public, Iaşi, Polirom, Collegium

Bertin, Eric, 2002, “Image et stratégie: la sémiotique au service des fabricants du sens” in Anne Henault, Questions de sémiotique, Paris, PUF

Bonnafous, Simone, Jost, Francois, « Analyse de discours, semiologie et tournant communicationnel », in Reseaux, 2000, 18, 100, pp. 523-545

Bougnoux, Daniel, 1992, “La publicité nouvel éspace public?” in La Communication par la bande, Paris, La Découverte

Boutaud, Jean-Jacques, 1998 – Sémiotique et communication. Du signe au sens, Paris, L’Harmattan

Boutaud, Jean-Jacques, 2007Sémiotique ouverte, Paris, Lavoisier

Breton, Philippe, 1996 L’argumentation dans la communication, Paris, La Découverte

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Cotteret, Jean-Marie, 2000 Précis de rhétorique audiovisuelle, Paris, Michalon

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Everaert-Desmedt, Nicole, 1990, “Deux prototypes Publicitaires” in European Journal for semiotic Studies, vol.2 (3), pp. 467-481

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Greimas, A.J., 1970, Du sens, Paris, Seuil

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Grunig, Blanche, 1990, Les Mots de la publicité, Paris, Presses du CNRS

Joly, Martine, 1994, Introduction à l’analyse de l’image, Paris, Nathan (trad. rom. Introducere în analiza imaginii, 1998, Bucureşti, All Educational)

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Van Dijk, Teun, 2008 Discourse and Power, Palgrave, Macmillan

Manar ROUCHDY ANWAR

Université Ain Chams, Le Caire, Egypte,

Courriel : manar.anwar1305@gmail.com

Titre:Figement et phraséologie positive dans la traduction arabe de « C’était bien» De Jean D’Ormesson

Mots-clés:Figement, Psycholinguistique, Lexicologie, Traduction, Phraséologie

Résumé:

Cette recherche lexicologique se propose de scruter la relation entre littérature et traduction à travers l’analyse des interactions entre langue et discours au niveau de la psycholinguistique textuelle et des expressions figées qu’utilise le romancier dans son œuvre. Notre regard sera braqué sur les problèmes qu’affronte le traducteur au niveau du passage d’une langue à une autre et le dilemme qu’il tentera de résoudre. Comment cherchera-t-il à se positionner à travers les divers procédés théorisés de traduction (l’emprunt lexical, la translittération, le transcodage).Comment maniera-t-il ces expressions souvent figées qu’emploie l’auteur? Et quelle échappatoire prendra-t-il pour esquiver ce choc entre deux cultures qui ne seraient pour lui que l’enclume et le marteau : le respect des idées exprimées par les expressions chez l’auteur de la langue source, l’esprit, la créativité et la transparence psychologie de l’auteur traduit d’une part et la contrainte imposée par le génie de la langue d’arrivée, sa culture, ainsi que le figement de ses expressions ?

Notre intervention portera sur une mise en situation de la traduction entre théorie et pratique et surtout sur une application à la traduction littéraire de l’étude de Pergnier sur les fondements sociolinguistiques de la traduction ainsi que la théorie de traduction de l’ESIT (l’Ecole Supérieure d’ Interprètes et de Traducteurs) et les conceptions de Mortureux et de Coirier respectivement sur la lexicologie entre langue et discours et la psycholinguistique textuelle.

Notre corpus d’analyse sera « C’était Bien », de D’Ormesson, l’un des plus grands optimistes des romanciers français contemporains. Cet œuvre qui- par son titre non moins que par le tempérament de son auteur- exprime des anecdotes biographiques dans un style imagé et foisonnant qui ne manque pas de gaieté, de contentement et d’euphorie qui pose un défi au traducteur au niveau de l’expression de la joie et du plaisir à travers le deux langues française et arabe.

Nous tenterons en fait, par cette recherche, de mettre en œuvre la psycholinguistique textuelle et la lexicologie au service de la traduction sans omettre de matérialiser notre propre expérience de la traduction de plusieurs ouvrages littéraires dont ceux de D’Ormesson et de souligner le rôle du traducteur qui est loin d’être celui du lustreur qui s’arrête à astiquer un style déjà confectionné par l’auteur ou peut-être faisant partie d’un legs culturel mais celui de puisatier qui fore et prospecte pour dénicher le vrai diamant langagier qui exprime le tréfonds de l’auteur traduit, respecte la culture de la langue vers laquelle il traduit et lui confère cette créativité qui fait son cachet. Nous espérons porter notre minime touche à la traduction littéraire, domaine qui souffre de théorisation par comparaison à d’autre types techniques.

Bibliographie:

COHN Dorrit, La transparence intérieure, Modes de représentation de la vie psychique dans le roman, traduit de l’anglais par Alain Bony, Seuil, 1981

COIRIER Pierre, GAONAC’H Daniel, PASSERAULT Jean-Michel, Psycholinguistique textuelle, approche cognitive de la compréhension et de la production des textes, Armand Colin, 1996

MORTUREUX Marie-Françoise, La lexicologie entre langue et discours, SEDES, 1997

PERGNIER Maurice, Les fondements sociolinguistiques de la traduction, librairie Honoré Champion, 1980

SVENSSON Maria Helena, Critères de figement. L’identification des expressions figées en

français contemporain. Diss. 2004.

Corpus :

D’Ormesson Jean, C’était bien, nrf, Gallimard, 2003

Toader SAULEA

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel:

Titre:La Déclaration universelle des droits de l’homme en version roumaine. Commentaire traductologique

Mots clés: droit absolu, droit contextuel, ethos du Droit, mythos du traducteur, horizon multiculturel

Résumé :

L’universel se porte mal face à la synergie du global et du local, c’est-à-dire de ce qu’on appelle le « glocal », à comprendre comme universalisation du particulier et particularisation de l’universel  selon le mot du sociologue Roland Robertson. Si la vision essentialiste de l’homme éternisait l’individu, la vision ad hominem de ce dernier précarise l’Homme. En sorte que, pour jouir des « droits de l’homme » hic et nunc, chez soi et non pas dans un ailleurs idéal, il faut se les approprier à la faveur du génie de sa langue, où ils cristallisent comme expression d’un destin civilisationnel. Absolu comme humanum et non pas comme droit, le droit est contextuel, donc humain et c’est par son humanité qu’il commande la rectitude du traducteur. Le Français et le Roumain semblent sacraliser le droit (droits de l’homme, drepturile omului), alors que l’Anglais et l’Espagnol absolutisent l’humain (human rights, derechos humanos). Les premiers rationalisent le devoir, les derniers pragmatisent le vivre. L’ethos des textes impératifs commande une éthique du traducteur. Le mythe personnel de ce dernier, son univers mental, doit négocier avec les mythes fondateurs de l’ancienne universalité des droits. En ce sens, le traducteur n’est pas biculturel mais multiculturel. Sa tâche est de rendre l’universel par le particulier et le particulier par l’universel. Ceci du fait que si le texte fictionnel s’incorpore le réel pour le rendre vivable à l’individu rêveur, le texte normatif ordonne un réel invivable, l’aseptise, le « civilise » pour le rendre propre au vivre-ensemble. Par nos remarques sur la version roumaine de la Déclaration universelle des droits de l’homme nous signalons des défaillances de traduction inacceptables pour un traducteur avisé, tout en espérant que les textes normatifs seront (re)traduits avec plus de rigueur et de responsabilité professionnelles, ce à quoi oblige notre Europe de la traduction.

Bibliographie

La Déclaration universelle des droits de l’hommeadoptée et proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 : texte définitif (1949)

Declarația universală a drepturilor omului (1948), traduction anonyme, in Dicționar enciclopedic, vol. II: D-G, București, Editura Enciclopedică, 1996, pp. 35-36.

Biet, Christian, Les Droits de l’homme, Paris, Éditions Imprimerie nationale, coll. « La Salamandre », 1989.

Cornu, Gérard, Vocabulaire juridique, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige », 2003.

Abdelkader SELLAMI,

Université Tlemcen, Algérie

Courriel: skaderaminaanes@gmail.com

Titre:La Traduction entre la vision du monde et la Culture du Texte

Mots-clés:traduction, vision, monde, culture, réalité, causes, sens

Résumé:

Cette étude a pour but de citer des exemples de certains textes jugés impossibles à traduire d’et vers l’arabe par les plus habiles traducteurs ; sans parler de ce qui ne peut pas être traduit en raison de l’incompétence du personnel non spécialisée qui n’est pas familier avec une langue riche lexicalement en équivalents qui ne sont pas fréquemment mis en service comme c’est le cas en Arabe. Nous examinerons cette question à la lumière de la réalité et les causes.

Bibliographie:

Mounin, Georges. Les Belles Infidèles. Paris: Cahiers du Sud, 1955.

Catford , J.C. A Linguistic Theory of Translation. London: 1965.

Jacobson. R. Essais de Linguistique Générale.Paris: Les Editions de Minuit, 1974.

Mihaela Gabriela STANICA

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: mihaela_stanica@yahoo.com

Titre:Les études de genre en Roumanie – traduire ou circonscrire une carte conceptuelle. La traduction de Gender Trouble en roumain.

Mots-clés: transfert culturel, genre, institutionnaliser, carte conceptuelle, identité genrée

Résumé:

Cette démarche se propose d’analyser la manière dont la traduction en études de genre en Roumanie témoigne d’un processus performatif qui transforme la traduction dans un véritable vecteur à rôle institutionnalisant. Tout en utilisant comme support de recherche la traduction de l’étude de Judith Butler, Gender trouble, en roumain, traduction réalisée en 2000 par Bogdan Ciubuc pour la maison d’édition Univers, on va se pencher sur la manière dont le forgement (ou le transfert ?) des concepts culturels, participe non pas seulement à l’établissement d’une carte conceptuelle, mais aussi à la création de véritables identités genrées (validées par cet acte institutionnalisant qui est la traduction) et à l’obscurcissement d’autres types d’identité passées sous silence par les choix du traducteur (obscurcissement représentatif pour le rejet de certains modèles culturels). Finalement, on analysera les choix et les techniques du traducteur et ce qu’ils dénoncent au sujet de l’institutionnalisation du domaine des études de genre, pour essayer de fournir une réponse à la question suivante : quel est le rôle du transfert culturel (ou de son rejet) tel qu’il est réalisé à travers la traduction, dans la production d’une carte conceptuelle des études de genre et dans la validation de certaines identités genrées ?

Bibliographie:

Butler, Judith, Gender Trouble ;feminism and the subversion of identity, New York, Routledge, 1999.

Butler Judith, Genul- un măr al doscordiei. Feminismul și subversiunea identității, București, Vremea, 2000.

Berger, L.Peter, Luckmann, Thomas, The social construction of reality; A treatise in the sociology of knowledge, New York, Anchor Books, 1966.

Searle, R. John, La construction de la réalité sociale, Paris, Gallimard, 1995.

Bernd STEFANINK

Université de Cluj, Roumanie / Université de Bielefeld, Allemagne

Courriel: bstefanink@hotmail.com

Titre:La créativité au service de la traduction de l’imaginaire linguistique dans une approche herméneutique

Mots-clés:créativité, herméneutique, cognitivisme, barrières culturelles, analyse conversationnelle ethnométhodologique

Résumé:

Le figement est porteur d’imaginaire linguistique défini comme « le rapport du sujet à la langue, la sienne et celle de la communauté qui l’intègre comme sujet parlant – sujet social (…) rapport énonçable en termes d’image, participant aux représentations sociales et subjectives » (cf. A-M. Houdebine, 2002, L’imaginaire linguistique, p. 10), mais également il est porteur d’imaginaire culturel, ce qui fait que la traduction de ce type de structures devienne un vrai défi pour le traducteur. Dans la traduction, il faut appliquer un ensemble de stratégies (emprunt accompagné d’une note du traducteur, analogie, adaptation phonétique du terme étranger, etc.) afin de rendre tout cet univers réuni dans les structures figées porteuses d’interculturel. Le traducteur doit nécessairement détenir un savoir référentiel, avoir des connaissances historiques, culturelles, civilisationnelles pour pouvoir rendre le vrai sens dans la langue cible, sans pour autant perdre la couleur locale suggérée par le terme.

Jean-René Ladmiral a comparé le terme à un éclat de verre dans lequel se reflète tout un univers qui l’entoure (Ladmiral, Jean-René (2010): « La philosophie et la traduction ». In : Kathryn Batchelor et Yves Gilonne : Translating Thought/Traduire la pensée. Nottingham French Studies (vol. 49,2), 6-16). Le mot français « casse-croûte » est un tel « éclat de verre ». A fortiori quand il fait partie intégrante d’un figement libre comme « L’heure du casse-croûte, c’est sacré !», ceci dans un contexte politique où il véhicule une critique à peine voilée d’un gouvernement socialiste. Alors les stratégies invoquées dans l’appel d’offres pour le présent colloque (« emprunt accompagné d’une note du traducteur, analogie, adaptation phonétique du terme étranger ») ne suffisent plus et le traducteur doit s’en référer au « etc. », dans lequel doit figurer en grandes lettres la CRÉATIVITÉ ! Nous nous demanderons de quelle nature est cette créativité, quelles sont les balises qui en délimitent le développement et quelles sont les bases cognitives qui la légitiment. En nous basant sur un corpus conversationnel éthnométhodologique (voir un exemple dans: Stefanink, Bernd (1995): « L’ethnotraductologie au service d’un enseignement de la traduction centré sur l’apprenant ». Le langage et l’homme, 1995, n° 4 (octobre), 265 – 293) nous nous proposons d’étudier comment, dans une approche herméneutique (pour cette approche voir : Bălăcescu, Ioana et Stefanink , Bernd (2005b) : « Défense et illustration de l’approche herméneutique en traduction », Meta 50-2, 634-643) nous sommes arrivés à la traduction de cette phrase par l’allemand « Wenn es schellt wird der Ranzen gepackt !» et comment, en nous appuyant sur les recherches récentes d’ordre cognitiviste (Aitchison, Lakoff, etc.), nous pouvons légitimer cette traduction en la rendant intersubjectivement plausible (pour le concept de « plausibilité intersubjective » voir: Stefanink, Bernd (1997): «‘Esprit de finesse’ – ‘Esprit de géométrie’: Das Verhältnis von ‘Intuition’ und ‘übersetzerrelevanter Textanalyse’ beim Übersetzen”. In: Rudi Keller (éd.): Linguistik und Literaturübersetzen. Tübingen: Narr 1997, 161-184). Nous espérons ainsi promouvoir la créativité en traduction, comme activité permettant de résoudre les problèmes qui se posent au traducteur en raison des barrières culturelles.

Support pour les discussions pendant la conférence de Bernd Stefanink:

Prière de se familiariser avec le texte jusqu’à ressentir une certaine empathie avec lui. Essayez de traduire la dernière phrase vers votre langue maternelle, en pensant a gloser votre traduction par une version littérale en français, si c’est une langue peu connue

Le mercredi, à l’Elysée

REUNION DU CONSEIL DE DISCIPLINE

Avant le dernier remaniement, ils étaient trente-six (en comptant Mitterrand) autour de la table du Conseil des ministres. Ils ne sont plus aujourd’hui que dix-sept. La table étant restée la même, ces messieurs-dames ont pu se desserrer.

Mais à entendre certains d’entre eux, cette aération comporte des inconvénients. Les discussions en aparté sont désormais à peu près impossibles et, lorsqu’un ministre intervient, il devient très risqué d’échanger en douce quelques vacheries à son endroit. L’œil noir de Tonton fusille immédiatement le bavard. Alain Savary, dont c’était un des sports favoris jusqu’à cette regrettable petite révolution, est, paraît-il, terriblement frustré. La classe étant moins nombreuse, et plus facile à surveiller, il est devenu quasiment impossible de lire tranquillement son journal ou de faire son courrier sans se faire repérer illico.

Autre petit jeu pratiquement refusé désormais aux ministres: la rédaction des petits mots que, traditionnellement, ils se passent de l’un à l’autre pour se distraire au cours des exposés parfois barbants de leurs distingués collègues. Et puis, le brouhaha est proscrit. Tonton a voulu imprimer un style nouveau au Conseil. Maintenant, il donne systématiquement la parole à tous ceux qui la demandent, et il insiste même pour avoir l’avis des principaux ministres sur tel ou tel sujet. Ce qui fournit, paraît-il, l’occasion à Michel Rocard de faire de véritables exposés dans le style Sciences-Po.

Enfin, le Conseil doit être désormais terminé à 12 h 30 pétantes. Plus question de jouer les prolongations. L’heure du casse-croûte, c’est sacré !

Bibliographie:

Aitchison, Jean (2003) : Words in the Mind. An introduction to the Mental Lexicon. Oxford : Blackwell.

Cercel, Larisa (2013): Übersetzungshermeneutik. Historische und systematische Grundlegung. Hermeneutik und Kreativität, vol. 1. St. Ingbert : Röhrig Universitätsverlag.

Lakoff, George (1987): Women, Fire and Dangerous Things. What Categories Reveal about the Mind. Chicago : University of Chicago Press, 1987.

Risku, Hanna (1998): Translatorische Kompetenz: kognitive Grundlagen des Übersetzens als Expertentätigkeit, Tübingen: Stauffenburg.

Benaissa TAREK

Université de Béchar, Algérie

Courriel: benaissatark08000@yahoo.fr

Titre:Linguistique contrastive et Traductologie: Une relation dyadique

Mots-clés:Linguistique, contrastive, traductologie, divergence, traduction

Résumé:

Lors de cette communication, je ferai porter ma réflexion sur les rapports entre la linguistique contrastive et la traductologie. Quatre questions retiendront particulièrement l’attention: 1° les divergences qui séparent la linguistique contrastive et la traductologie, 2° l’interdépendance entre la linguistique contrastive et la traductologie, 3° l’utilisation des traductions à des fins contrastives, 4° l’utilisation des études contrastives à des fins traductologiques.

Je commencerai par les divergences qui séparent les deux disciplines en cause. Qu’il nous soit permis de préciser dès l’abord que les approches adoptées par les linguistes contrastivistes et les traductologues sont foncièrement différentes. En effet, le contrastiviste cherche à expliquer les phénomènes linguistiques en se servant des contrastes entre les langues, alors que le traductologue, lui, centre sa réflexion sur l’activité traduisante. Pour reprendre la terminologie saussurienne, nous dirons que le contrastiviste reste au niveau de la langue, tandis que le traductologue travaille au niveau de la parole. En d’autres termes, le contrastiviste porte un intérêt privilégié aux systèmes langagiers, tandis que le traductologue, lui, fait porter toute son attention sur le langage tel qu’il est manié individuellement dans la réalité de la communication. Pour étaler les détails de mon travail j’ai tracé le cheminement méthodique suivant :

– L’interdépendance entre la linguistique contrastive et la traductologie

– Réflexions méthodologiques sur l’utilisation des traductions à des fins contrastivistes

– Les fonctions assumées par les traductions dans le cadre des études contrastivistes

– La qualité des traductions

– La qualité des textes originaux

– Les imperfections des textes originaux et de leurs traductions

– Homogénéité et synchronie

– L’utilisation d’un corpus bilingue comportant des textes entachés d’erreurs

– L’utilisation d’une langue tierce dans une étude portant sur deux langues

– La comparaison des textes originaux

– L’écueil des simplifications abusives

– Réflexions méthodologiques sur l’utilisation des études contrastives à des fins traductologiques

– Les faiblesses inhérentes à la linguistique contrastive

Bibliographie:

Atkins, Beryl, T. et al. (1993): Le Robert & Collins. Dictionnaire français-anglais/anglais-français, Glasgow, Harper Collins.

Blumenthal, Peter (1982) « Satzmuster im Deutschen und im Italienischen » in : Werner Welte (éd.). Sprachtheorie und angewandte Linguistik, Tübingen, Narr. Collection « Tübinger Beitrage zur Lingistik », p. 147-159.

  — (1990):« Oppositive Sinnverknüpfung im Deutschen und Franzôsischen » in Claus Gnutzmann (éd.), Kontrastive Linguistik, Francfort s/M., Lang .Collection: « Forum Angewandte Linguistik », 1990, p. 33-68.

(1997): Sprachvergleich Deutsch-Franzôsisch, 2ème éd. revue et augmentée (1ère  éd. 1987), Tübingen, Niemeyer .Collection : « Romanistische Arbeitshefte ».

Bopp, Léon. (1951): Commentaire sur Madame Bovary, Neuchâtel, Ed. De la Baconnière.

Grimal. Pierre. (1992): La littérature latine, 5e  éd. (1ère  éd. 1965), Paris, PUF .Collection « Que sais-je ? ».

Gutt. Ernst-August. (1991): Translation and Relevance, Oxford , Blackwell.

Hatim, Basil. (1997): Communication across Cultures, Exeter , University of Exeter Press .Collection « Exeter Linguistic Studies ».

Maillot, Jean. (1990): Les faiblesses de Madame Bovary, Traduire, vol. 142, n 2, p. 17-19.

Métrich, René, et al. (1998): Les invariables difficiles, tome 3 : gern – nur so, Nancy. Université de Nancy Il (Bibliothèque des Nouveaux Cahiers d’Allemand: Collection « Outils », II/3).

Seleskovitch, Danica. (1975): Langage, langues et mémoire, Paris, Minard .Collection:« Cahiers Champollion ».

2. Corpus

Aymé, Marcel. (1954):« La carte » in: W. Lough (éd.), French Tales of Our Time. Londres, Harrap.

Baudelaire, Charles. (1933): Nouvelles Histoires extraordinaires, notice. Notes et éclaircissements de Jacques Crépet, Paris, Conard.

Dexter. Colin. (1999): The Remorseful Day, Londres, Macmillan.

Fitzgerald, Francis Scott. (1950): The Great Gatsby (1ère éd. 1926), Harmondsworth, Penguin.

Flaubert, Gustave. (1962): Madame Bovarv, introduction, notes et relevé de variantes par Édouard Maynial (1ère  éd. 1857), Paris, Garnier.

Hermary-vieille, Catherine. (1983): La marquise des ombres, Paris, Olivier Orban.

Joyce, James. (1992): Finnegans Wake (1ère  éd. 1939), Londres, Penguin.

Le Monde sur CD-ROM.

L’Express.

Logo.

Maurois, André. (1946): Toujours l’inattendu arrive, Paris, Ed. Des Deux-Rives.

(1961): Begegnung und Abschied, traduction anonyme, Stuttgart , Europâischer Buchklub.

(1968): Jahrmarkt in Neuillv, traduit du français par Christoph von Schwerin, Munich. DTV.

Plautus, Titus Maccius. (1916): Amphitryon, The comedy of Asses, The Pot of Gold, The Two Bacchises andThe Captives, traduction et introduction par Paul Nixon.Cambridge, Massachusetts , Harvard University Press Collection: «The Loeb Classical Library ».

Poe, Edgar. (1962): Histoires extraordinaires, traduit de l’anglais par Charles Baudelaire, introduction et notes par Léon Lemonnier, Paris, Garnier.

Stoker, Bram. (1981): Dracula (1ère  éd. 1897), Londres, Penguin, 1993.

 Suhamy, Henri. (1981): Les figures de style, Paris, PUF.

Vailland. Roger. (1973): Drôle de jeu (1ère  éd. 1945), Paris, Buchet-Chastel .Collection:«Le livre de poche ».

Van Roey, Jacques et al. (1988): Dictionnaire des faux-amis français-anglais. Paris Gembloux. Duculot.

Anca VELICU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: anca.velicu@angst.ro

Titre:Unités polylexicales et degrés de figement – à la recherche d’une procédure d’identification des unités terminologiques polylexicales dans le texte spécialisé

Mots-clés:unités polylexicales, grammaire cognitive, critères, unités terminologiques

Résumé:

Nous adopterons ici une définition maximaliste des unités polylexicales, en terme de degrés de figement (mots composés, locutions, expressions idiomatiques, collocations) – au sens (entre autres) de François et Wattrin 2011, définition compatible avec le cadre théorique de la grammaire cognitive (dont nous endossons en particulier l’hypothèse selon laquelle l’accès à la signification compositionnelle n’est jamais tout à fait bloqué par le figement – Langacker 1987: 455-456)).

Dans un premier temps, nous nous attacherons à interroger les divers critères allégués dans la littérature, à des fins de discrimination entre les diverses espèces d’unités polylexicales.

La mise en évidence de rapports systématiques entre ces critères nous permettra ensuite de proposer une procédure d’identification manuelle des unités terminologiquespolylexicales (UTP) (vs combinatoire libre) dans le texte specialisé, procédure que nous validerons contre un corpus de textes de vulgarisation médicale portant sur les troubles auditifs.

Anca VELICU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: anca.velicu@angst.ro

Titre:Langues de spécialité(s) à des fins de traduction : quels dispositifs d’enseignement-apprentissage?

Titre: langues de spécialité, contexte de médiation culturelle, Master de traduction spécialisée

Résumé:

L’enseignement académique de langues de spécialité(s)  à de futurs langagiers (traducteurs, terminologues, réviseurs, rédacteurs spécialisés, localisateurs…)  ne saurait  bénéficier directement des acquis de l’enseignement-apprentissage de langues pour spécialistes d’autres disciplines, même lorsqu’il est orienté insertion professionnelle plutôt que recherche (linguistique).

D’une part, il s’agira de prendre en compte de manière explicite, dans le dispositif d’enseignement, le contexte de médiation culturelle, et de sensibiliser les apprenants non seulement aux questions de registre en langue-culture source (le français, langue seconde) et en langue-culture cible (en l’occurrence, le roumain, langue maternelle), mais également à la structuration au moins en partie idiosyncrasique des référentiels dans les deux cultures.

De l’autre, il s’agira de prendre en compte leur manque chronique de savoir spécialisé en fait de référentiels indépendamment du contexte de médiation.

Cette contribution illustrera, par des exemples issus de la pratique pédagogique de la section d’Interprètes-Traducteurs de l’Université de Bucarest (licence d’Interprètes-traducteurs et Master de traduction spécialisée et études terminologiques), les défis soulevés par ce genre de formation, pour l’enseignant comme pour l’apprenant roumanophone de français spécialisé. Seront en particulier visés, dans une perspective d’enseignement collaboratif et d’apprentissage par l’autonomie, la portée pédagogique des études de cas (surtout si redoublés d’études de terrain) et des stages extra muros en entreprise franco-roumaine.

Anca VELICU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: anca.velicu@angst.ro

Titre:Des fleurs appétissantes comme des légumes, des légumes parfumés comme des fleurs : pertinence des corpus parallèles en linguistique contrastive.

Mots-clés: procédés de traduction, déverbalisation/ reverbalisation, linguistique contrastive, corpus parallèle, corpus comparable.

Résumé:

Traditionnellement, l’analyse contrastive prend appui sur des traductions attestées de textes (notamment littéraires). Les études contrastives élaborées au Département de linguistique française de notre Université dans les années ’70 à’90 illustrent avec éclat cette démarche.

Je vais cela dit m’attacher dans cette contribution à revoir en quelque sorte à la baisse la pertinence des corpus parallèles de ce type, en particulier pour l’analyse contrastive de données linguistiques tels les connecteurs pragmatiques, à partir du constat que le départ entre ce qui revient en propre au ‘génie de la langue’ et ce qui relève tout simplement de l’art du traducteur n’est pas toujours facile à démêler.

Des arguments tant factuels qu’analytiques seront fournis, en faveur du recours plutôt à des corpus comparables (pas forcément littéraires) – mieux adaptés aux visées de la comparaison de langues. En effet, en matière d’analyses linguistiques, du moins, mieux vaut conclure à partir de fleurs parfumées comme des fleurs et de légumes appétissants comme des légumes…

Corpus parallèle à l’étude : Tueur sans gages d’Eugène Ionesco (le lecteur averti y aura reconnu la source de la citation que recèle l’intitulé de la communication), et deux traductions en roumain de cette pièce de théâtre (respectivement parues aux éditions Univers 1995 (Dan C. Mihailescu) et Humanitas 2003 (Vlad Russo et Vlad Zografi)).

Bibliographie:

CRISTEA, Teodora – 1977, Éléments de grammaire contrastive (domaine français-roumain), Edituradidacticăşipedagogică, Bucureşti

CRISTEA, Teodora – 2000, Stratégies de la traduction, EdituraFundaţiei « România de mâinne », Universitatea « Spiru Haret », Bucureşti.

HERSLUND, Michael (sous la direction de) – 2003 – Aspects linguistiques de la traduction, Presses Universitaires de Bordeaux, Pessac.

LEDERER, Marianne – 1994, La Traduction aujourd’hui. Le modèle interprétatif, Hachette FLE, Paris.

Lucia VISINESCU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: lucia.visinescu@gmail.com

Titre:La part du traducteur dans les sciences sociales : traduire Jean Greisch  Du «non-autre» au «tout autre»  Dieu et l’absolu dans les théologies philosophiques de la modernité

Mots-clés:langage philosophique, skopos, stratégies de traduction, figement, traduction révisée

Résumé:

Le titre proposé se veut plutôt une interrogation ouverte : quelle serait la contribution du traducteur dans les sciences sociales ? Cette question, à laquelle je tenterai de donner une réponse personnelle, suite à une expérience personnelle, est née pendant la traduction d’un chapitre du dernier ouvrage de Jean Greisch, traduction que j’ai faite « à l’intérieur » d’un programme destiné aux jeunes traducteurs, initié et soutenu par le Centre National du Livre de France. Sans être spécialiste en la matière, j’ai dû traduire un texte dont les particularités renvoyaient, pour la plupart, au langage philosophique. A part la nécessité de trouver les équivalences les plus naturelles dans la langue-cible (la fameuse déverbalisation), qui est la première tâche du traducteur, indépendamment du type de traduction (littéraire ou spécialisée), à part les problèmes de langue générale qui peuvent être des écueils pour tout traducteur, le texte de Greisch présentait aussi les difficultés inhérentes d’un texte philosophique, qui exige de connaître non seulement les concepts thématiques et opératoires de l’auteur (pour reprendre la terminologie du philosophe allemand Eugen Fink, c’est-à-dire les concepts-piliers, respectivement, les concepts subordonnés, secondaires) mais aussi le réseau conceptuel dans lequel s’inscrit l’auteur, les filiations, pour ainsi dire. Je me propose de démontrer par des exemples tirés de ma traduction que le travail du traducteur dans les sciences sociales, même s’il semble plus banal que celui du traducteur littéraire, demande pour autant des recherches supplémentaires et plus encore, une certaine créativité nécessaire afin de rendre le texte accessible au lecteur (il ne faut jamais oublier le skopos de la traduction !).

Bibliographie:

Georges Mounin, Les problèmes théoriques de la traduction, Paris, Gallimard, 1963

Marianne Lederer, La traduction aujourd’hui, Paris, Hachette, 1994

Teodora Cristea, Stratégies de la traduction, Bucuresti, Editura Fundatiei „Romania de Maine”, 2000.

Maurice Pergnier, Les fondements sociolinguistiques de la traduction, Paris, Champion, 1980 

Roxana VOICU

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: rox.voicu@yahoo.com

Titre:C’est dire : soumettre le dit à l’épreuve des constructions

Mots-clés:grammaire de construction ; figement ; discursif

Résumé:

Nous adoptons la perspective de la grammaire de construction au sens de Goldberg (1995) pour mener une réflexion sur les emplois que la séquence c’est dire est susceptible d’instancier dans le discours. Notre propos est ainsi d’éclairer la sémantique associée aux différents patrons syntaxiques, selon le principe emprunté à la grammaire de construction qui stipule de motiver les constructions indépendamment de l’entrée lexicale. Le projet de dissocier la sémantique de la structure argumentale de celle du verbe nous conduit ainsi à rendre compte de nouveaux emplois. Nous parlerons de figement pour certains des emplois énumérés ci-dessous dans la mesure où les valeurs sémantico-pragmatiques sont indépendantes de leur sens compositionnel ou du sens véhiculé par le patron syntaxique instancié. L’analyse s’appuie sur un corpus puisé dans Frantext (la recherche est restreinte à l’intervalle 1900-2008).

  1. Le premier emploi correspond syntaxiquement aux constructions transitives où l’élément régi peut être un complément d’objet direct ou une complétive du même type. Son rôle est de représenter un élément antérieur, ce qui la rattache à la classe des constructions anaphoriques. Le dit prévaut ici sur le dire, le sens de la construction renvoie au contenu énoncé et non pas à l’énonciation. Son fonctionnement particulier dans le discours la distingue d’autres constructions que le verbe dire peut instancier et dont l’emploi comme marqueur de reformulation a été minutieusement étudié (c’est-à-dire, cela veut dire, je veux dire abordées, parmi d’autres, par Bosredon 1987), à la différence de celles-là, elle accepte par exemple facilement les connecteurs discursifs : 1) C’est dire même que ceux des peuples qui furent vaincus pourront y trouver leur place.

  2. Le deuxième emploi participe d’une stratégie de surenchérissement. La présence de la conditionnelle sera provisoirement considérée comme issue d’une question-écho au sens que Jacques (1981) attribue à cette dernière. Il s’agit pour nous d’une question que l’interlocuteur a réellement posée ou que le locuteur lui prête uniquement. Soient les deux séquences suivantes : 2) Je l’ai même peinte en Salomé, un jour, toute soulignée de rimmel, tenant à la main la tête de Georges augmentée d’une barbe. C’est dire si je la connais. /3) Le marchand n’en revenait pas. Il lui remit en lot une demie Grand-Duc de Malvoison. C’est dire si elle était adroite, mais quand même elle n’était pas satisfaite. (TLF) Dans le premier cas nous postulons un échange entre deux interlocuteurs A et B du type : A. La connais-tu ? B. Si je la connais ? La séquence C’est dire si je la connais porte ainsi sur un contenu qui s’impose avec la force de l’évidence.

  3. Le troisième emploi correspond à une structure figée sous la forme d’une exclamative, comme dans les exemples ci-dessous. Le dit n’est plus représenté comme dans les cas antérieurs mais s’exhibe lui-même, il fonctionne comme une conclusion qui s’impose d’elle-même :

4) Qui était originaire du Vercors, ton père ou ta mère ? Mon père. Il a même un village qui porte son nom. C’est dire !/ 5) Les Schwabe étaient très fortunés. Lorsque leurs petits-enfants venaient leur rendre visite, ils recevaient une pièce d’or. C’est dire ! (TLF)

Bibliographie:

Bosredon B. (1987), « Si dire c’est faire, reprendre c’est faire quoi ? », Langue française, 73

Goldberg A. (1995), Constructions. A Construction Grammar Approach to Argument Structure, The University of Chicago Press

Jacques F. (1981) « L’interrogation, force illocutoire et interaction verbale », Langue française, 52

Récanati F. (1979), La transparence et l’énonciation, Editions du Seuil

Laurentiu ZOICAS

Université de Bucarest, Roumanie

Courriel: l_zoicas@yahoo.fr

Titre:Modèles analogiques pour la didactique de la traduction

Mots-clés:perte, compensation, fidélité, déverbalisation, modèles.

Résumé:

Plusieurs modèles analogiques sont susceptibles de faciliter la compréhension de la traduction et tant que processus mental et de ses principes de base.

Le premier est emprunté à la géométrie : à partir de la notion de figures équivalentes, on peut imaginer la traduction comme visant à rendre une même surface selon une forme différente. L’analogie avec une opération de transvasement permet de saisir la notion de « pertes planifiées » en traduction. Dans la réalité de l’activité traduisante, ce modèle réclame le recours à un autre, plus apte à rendre compte des dimensions quantitative et qualitative de la traduction : l’insoluble problème de la « quadrature du cercle » permet de saisir l’inhérence des déperditions et le mécanisme des compensations.

Le second modèle est emprunté à la musique. Avant d’être reprise par la théorie de la traduction, la notion de transposition désignait, en musique, le fait de passer une structure musicale dans un autre ton, sans l’altérer. Au centre de cette vision analogique se trouve le concept fondamental de la traduction, à savoir le concept de fidélité.

Le troisième modèle est emprunté à la biologie – plus précisément, à l’entomologie. Le processus de métamorphose (litt. transformation) se trouve au centre de toute réflexion sur la traduction. Or, ce modèle permettrait d’expliquer l’un des moments clés de l’acte traduisant : la déverbalisation.

Notre démarche se propose donc d’exploiter la dimension heuristique de l’analogie et d’élargir le cadre de la réflexion théorique sur la didactique de la traduction.

Bibliographie:

Mounin, Georges, Les Problèmes théoriques de la traduction, Gallimard, 1963

Gile, Daniel, La Traduction. La comprendre, l’apprendre, P.U.F., 2005

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